
«Les acteurs établis n'aiment pas l'état de guerre, mais les vrais entrepreneurs s'y sentent bien. C'est ce qui les pousse à se surpasser», affirme Xavier Niel.
Critiqué de toutes parts, le patron de Free fait la sourde oreille et assure «regarder vers l'avant, pas vers l'arrière».
Pas de grande manifestation pour l'anniversaire, pas d'autocongratulation au terme de cette année tonitruante… Xavier Niel a le succès discret. Même si un roman d'Aurélien Bellanger, publié à l'automne, l'a élevé au rang de héros balzacien.
«On aurait pu faire encore mieux!», réagit simplement le patron de Free. Sa fierté: «Avoir créé de l'emploi et avoir rendu un grand service aux plus démunis en baissant les prix.». Son regret: «Ne pas avoir réussi à convaincre les Français qu'un mobile subventionné coûte, au bout du compte, plus cher qu'un mobile acheté nu, sans abonnement.» Attendu le 28 janvier, le verdict de la plainte contre SFR sur le subventionnement des mobiles pourrait être lourd de répercussions.
L'homme s'est agacé des critiques et des attaques récurrentes dont il a été la cible depuis un an. On lui a tour à tour reproché le ton de sa conférence de lancement, puis la qualité de son réseau, son contrat d'itinérance avec Orange, la destruction d'emplois chez ses concurrents… Dernière attaque en date, celle du site Mediapart, qui a publié mardi le premier volet d'une enquête à charge. «De vieilles querelles liées au Monde», balaye celui qui est devenu en 2010 co-actionnaire du quotidien du soir avec Pierre Bergé et Matthieu Pigasse.
Mais, au fond, rien ne motive plus l'entrepreneur que cet «état de guerre». «On n'est jamais aussi bon que quand on est attaqué, explique Xavier Niel. Notre ego est touché sur le moment, mais les abonnements explosent. Les acteurs établis n'aiment pas cet état de guerre, mais les vrais entrepreneurs s'y sentent bien. C'est ce qui les pousse à se surpasser.» Les concurrents sont prévenus: la guerre des télécoms continue bel et bien en 2013.

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