«Il n'est pas question de remettre en question notre partenariat nucléaire.» À Pékin mardi, Pierre Moscovici a commencé à recoller les morceaux de la relation franco-chinoise dans le domaine du nucléaire civil, mise à mal par la polémique qui a enflé en France pendant la trêve des confiseurs.
Le Canard enchaîné avait révélé l'ouverture d'une enquête, par l'inspection des Finances, sur l'accord de coopération conclu - puis suspendu - entre EDF et l'électricien chinois CGNPC en 2011. Cette enquête aurait, selon un proche du dossier, été demandée lors de la réunion du Conseil de politique nucléaire fin septembre 2012. Mais l'information a jeté la suspicion à la fois sur les transferts de technologie qu'EDF serait prêt à consentir à son partenaire chinois et sur le mauvais coup éventuellement joué à Areva - en 2011, les relations entre les deux groupes et leurs dirigeants respectifs, Henri Proglio et Anne Lauvergeon, étaient exécrables.
«Péché d'orgueil»:
L'État semblait initialement à la manœuvre dans cette affaire, laissant ainsi à penser que les jours d'Henri Proglio à la tête d'EDF étaient comptés. Mais aujourd'hui, l'heure semble davantage à l'apaisement.En attendant le résultat des enquêtes en cours, mardi à Pékin, le ministre s'est surtout employé à rassurer ses interlocuteurs chinois, les assurant de sa «confiance».Jean-Marie Le Guen, le député PS qui préside le groupe d'amitié France-Chine à l'Assemblée nationale, s'inquiète d'ailleurs des conséquences de cette «polémique franco-française, irresponsable et déplacée» qui «caricature» les partenaires chinois de la France. «Nous devons nous donner les moyens d'être présents sur le marché chinois, ce qui signifie que nous devons accepter d'y passer des accords industriels. Ce serait un péché d'orgueil que de penser, comme le laisse croire le discours de quelques hauts fonctionnaires, que nous sommes incontournables. Cette attitude, fermée à la réalité du monde, est assez désespérante», déclare Jean-Marie Le Guen au Figaro. Et d'ajouter: «On ne peut pas à la fois prôner le redressement industriel du pays et se fermer les portes de l'exportation!»
Le député PS rejoint ainsi les inquiétudes exprimées chez EDF, dont la direction s'alarme d'une polémique jugée sans fondement. «L'État a toujours été informé des négociations avec les Chinois, en 2011, puis de nouveau en 2012 quand un accord, sensiblement similaire à celui de 2011, a été signé, cette fois avec Areva», affirme un proche de l'électricien.
«L'État français donne le sentiment de ne pas être capable de se contrôler lui-même», regrette pour sa part Jean-Marie Le Guen.
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