Tout en continuant d'affirmer officiellement la nécessité de poursuivre les efforts, le gouvernement espère que plusieurs pays demanderont officiellement que soient reportés les objectifs du pacte de stabilité.
Plus les semaines défilent, plus le scénario d'une croissance à 0,8%
cette année, comme l'espère le gouvernement, se complique. Cela
hypothèque, de fait, les espoirs de ramener le déficit public à 3% cette
année - comme la France s'y est engagée auprès de ses partenaires
européens. Car, moins de croissance que prévu, c'est moins de recettes
fiscales pour les caisses de l'État… Pour autant, le gouvernement
n'entend pas tirer davantage sur la corde de l'austérité. «Si la
croissance devait tomber au-dessous de 0,5% en 2013, nous ne ferions pas
de nouvel ajustement budgétaire; on ne peut pas demander plus aux
Français cette année», confiait-on récemment à l'Élysée.

Pas
question pour autant de passer pour le mauvais élève de la classe
européenne. Dans la perspective de la discussion sur les finances
publiques que les capitales doivent avoir au printemps avec la
Commission européenne, Paris est en train d'affûter ses arguments. Tout
en continuant d'affirmer officiellement la nécessité de poursuivre les
efforts, le gouvernement espère d'abord que plusieurs pays demanderont
officiellement que soient reportés les objectifs du pacte de stabilité.
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«Prendre un peu plus de temps»:
Il a trouvé ce week-end en la personne de Christine Lagarde
un précieux soutien: la directrice générale du FMI, s'exprimant à
Davos, a non seulement estimé l'objectif français de ramener le déficit
public à 3% «extraordinairement ambitieux», mais a aussi appelé les
Européens à décider «collectivement» de «prendre un peu plus de temps
plutôt que d'avancer à marche forcée» pour rétablir les finances
publiques. «L'effet des plans d'austérité sur la croissance est plus
fort que ce que nous avions anticipé il y a trois ou quatre ans»,
a-t-elle concédé, en rappelant que l'Espagne avait pâti d'être allée
trop vite dans la rigueur l'année dernière.
À Bruxelles, le
gouvernement compte ensuite insister sur les efforts menés pour
améliorer le déficit structurel - celui qui ne tient pas compte des
effets de la crise et des événements ponctuels. Selon les chiffres
fournis par Bercy, il s'est détérioré de 1,8 point de PIB sur la période
2007-2011 (cette dernière année marquant néanmoins un inversement de
tendance), alors qu'il devrait s'améliorer de 1,2 point en 2012 et de
2 points de PIB en 2013. En d'autres termes, «nos fondations se
dégradaient, nous les reconsolidons nettement», explique l'entourage du
ministre du Budget, Jérôme Cahuzac.
Ainsi,
même s'il devait ne pas atteindre nominalement un déficit de 3% cette
année, le gouvernement pourrait montrer que, dans une période sans
croissance, il est loin d'avoir relâché ses efforts…
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