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lundi 28 janvier 2013

Paris veut repousser son objectif de 3 % de déficit.

Tout en continuant d'affirmer officiellement la nécessité de poursuivre les efforts, le gouvernement espère que plusieurs pays demanderont officiellement que soient reportés les objectifs du pacte de stabilité.

Plus les semaines défilent, plus le scénario d'une croissance à 0,8% cette année, comme l'espère le gouvernement, se complique. Cela hypothèque, de fait, les espoirs de ramener le déficit public à 3% cette année - comme la France s'y est engagée auprès de ses partenaires européens. Car, moins de croissance que prévu, c'est moins de recettes fiscales pour les caisses de l'État… Pour autant, le gouvernement n'entend pas tirer davantage sur la corde de l'austérité. «Si la croissance devait tomber au-dessous de 0,5% en 2013, nous ne ferions pas de nouvel ajustement budgétaire; on ne peut pas demander plus aux Français cette année», confiait-on récemment à l'Élysée.

Pas question pour autant de passer pour le mauvais élève de la classe européenne. Dans la perspective de la discussion sur les finances publiques que les capi­tales doivent avoir au printemps avec la Commission européenne, Paris est en train d'affûter ses arguments. Tout en continuant d'affirmer officiellement la nécessité de poursuivre les efforts, le gouvernement espère d'abord que plusieurs pays demanderont officiellement que soient reportés les objectifs du pacte de stabilité.

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«Prendre un peu plus de temps»:


Il a trouvé ce week-end en la personne de Christine Lagarde un précieux soutien: la directrice générale du FMI, s'exprimant à Davos, a non seulement estimé l'objectif français de ramener le déficit public à 3% «extraordinairement ambitieux», mais a aussi appelé les Européens à décider «collectivement» de «prendre un peu plus de temps plutôt que d'avancer à marche forcée» pour rétablir les finances publiques. «L'effet des plans d'austérité sur la croissance est plus fort que ce que nous avions anticipé il y a trois ou quatre ans», a-t-elle concédé, en rappelant que l'Espagne avait pâti d'être allée trop vite dans la ri­gueur l'année dernière.
À Bruxelles, le gouvernement compte ensuite insister sur les efforts menés pour améliorer le déficit structurel - celui qui ne tient pas compte des effets de la crise et des événements ponctuels. Selon les chiffres fournis par Bercy, il s'est détérioré de 1,8 point de PIB sur la période 2007-2011 (cette dernière année marquant néanmoins un inversement de ten­dance), alors qu'il devrait s'améliorer de 1,2 point en 2012 et de 2 points de PIB en 2013. En d'autres termes, «nos fondations se dégradaient, nous les reconsolidons nettement», explique l'entourage du ministre du Budget, Jérôme Cahuzac.
Ainsi, même s'il devait ne pas atteindre nominalement un déficit de 3% cette année, le gouvernement pourrait montrer que, dans une période sans croissance, il est loin d'avoir relâché ses efforts…

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