De nombreux Français seraient prêts à renoncer aux soins plutôt que de sacrifier d'autres postes de leur budget, selon une enquête réalisée pour la Macif.
S'ils devaient faire face à des dépenses de santé imprévues, 40% des
Français préféreraient y renoncer plutôt que de limiter les activités
extrascolaires des enfants. C'est ce que révèle une étude, réalisée par
OpinionWay pour la Macif,
qui a sondé leurs priorités. Plus d'un tiers d'entre eux (35%)
sacrifieraient ces soins plutôt que de rogner leur budget alimentation,
alors qu'ils sont encore 18% à envisager de différer des dépenses de
santé plutôt que de se priver de vacances (18%) ou de l'achat d'un écran
plat et autres produits technologiques (11%).
L'étude n'est pas
sans arrière pensée. Les assureurs redoutent de voir les familles aux
budgets les plus serrés ne plus pouvoir financer leur complémentaire santé.
Et avancent que, sans elle, les Français seront de plus en plus
contraints de différer les soins coûteux. «Il est donc important d'avoir
une formule qui offre les garanties essentielles à un coût modique»,
souligne Pierre Seror, à la Macif.
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Des formules et des tarifs différenciés:
Comme
beaucoup d'autres assureurs, la Macif, pour son nouveau contrat
Garantie Santé, a multiplié les formules - onze au total - pour couvrir
tous les profils de clients. Une stratégie favorable aux «petits
budgets», estime-t-elle. «Les assurés qui optent pour des formules haut
de gamme, intégrant les dépassements d'honoraires notamment, ont des
remboursements plus importants et plus fréquents», note Catherine
Touvrey, directrice générale de Macif Mutualité. Ils dépensent plus,
coûtent plus cher à l'assureur, ce qui implique des primes plus élevées,
et qui augmentent aussi plus vite.
Si l'assureur mutualise les
tarifs entre ces clients et les assurés modestes qui, eux, limitent
leurs frais de santé, ces derniers sont finalement pénalisés: ils paient
pour les autres. «Avoir un tarif spécifique pour une garantie d'entrée
de gamme permet d'assurer à l'avenir une augmentation des primes plus
limitée aux personnes qui l'ont souscrite», conclut Catherine Touvrey.
Même dans ce contrat de base, la Macif a choisi d'inclure une garantie
pour les frais dentaires, car ce sont ceux pour lesquels le renoncement
aux soins est le plus fréquent. Elle n'a pas intégré en revanche de
garantie en optique, pour parvenir à une cotisation modique.
L'aide à la complémentaire santé peine à trouver son public:
Ces
formules «économiques» sont souvent celles proposées aux bénéficiaires
de l'Aide à l'acquisition d'une complémentaire santé (ACS), accordée aux
Français dont les ressources sont inférieures à certains plafonds. Des
plafonds qui devraient être relevés pour faire entrer 75.000 nouvelles
personnes dans ce dispositif. Le problème? Un grand nombre des
bénéficiaires potentiels… ignorent encore aujourd'hui qu'ils y ont
droit.
«Nous nous sommes interrogés sur la nécessité de construire
une offre santé dédiée à l'ACS. Nous y avons renoncé, notamment parce
que les bénéficiaires de l'ACS n'ont pas tous les mêmes besoins de
garanties», souligne Catherine Touvrey. Aux conseillers de la mutuelle
de détecter, lors des entretiens préalables à la souscription, les
clients susceptibles de profiter de ce financement.
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