
Mary Jo White, nouvelle patronne du gendarme boursier américain.
Mary Jo White est prête à quitter New York pour s’installer à Washington et redresser une agence fédérale de réglementation des marchés financiers en pleine crise.
Le choix par Barack Obama de Mary Jo White pour diriger la Securities & Exchange Commission (SEC)
a de bonnes chances d’être confirmé par le Sénat. L’ex-procureur
fédéral de Manhattan de 1993 à 2002 est bien connue à Wall Street. Son
excellente réputation remonte notamment à son succès dans l’inculpation
et la condamnation de 35 terroristes islamistes, membres d’al-Qaida, ainsi que dans la mise derrière les barreaux du chef de la mafia John Gotti.
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Agée de 65 ans, petite, fluette et adepte de la course de fond,
Mary Jo White est prête à quitter New York pour s’installer à Washington
et redresser une agence fédérale de réglementation des marchés
financiers qui est en pleine crise. La réputation de la SEC a beaucoup
souffert depuis 2008 date du début de la crise. Ses cinq commissaires,
divisés entre républicains et démocrates, sont souvent incapables de
s’entendre. Le staff de la SEC est démoralisé et régulièrement dépassé
par la complexité des missions de réglementation. Ses moyens
technologiques et budgétaires sont modestes au regard de ceux des
banques et fonds d’investissement qu’il est sensé surveiller.
La
SEC a pris beaucoup de retard sur des dossiers urgents. À commencer par
la mise en oeuvre de la réforme financière votée en 2010, connue sous le
nom de Loi Dodd-Frank. On attend par exemple de la SEC des précisions
déterminantes sur l’application de la «Loi Volcker»
qui interdit aux banques ayant accès au guichet de la Fed et collectant
de l’épargne publique certaines activités de trading pour propre. Reste
à la SEC à définir en détail ces activités mises à l’index.
Les
questions de la réforme des Bourses pour éviter le cloisonnement des
marchés, leur manque de transparence et les effets dangeureux du trading électronique de haute fréquence, représenteront aussi de sérieux défis pour Mary Jo White dès qu’elle sera confirmée à son poste.
En
dépit de son expérience récente comme associée dans le grand cabinet de
Wall Street, Debevoise & Plimpton, son parcours ne lui donne guère
de préparation pour traiter ces sujets hautement techniques. On estime
toutefois que son prestige et sa force de travail lui permettront
d’attirer des collaborateurs qualifiés pour remotiver la SEC dont
plusieurs postes clés dont vacants, à commencer par ceux de la direction
chargée de poursuivre les fraudeurs et celle dont la mission est de
surveiller les marchés.
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