La Banque centrale européenne a laissé inchangé à 0,75% son principal taux directeur en raison de la «normalisation» sur les marchés financiers. Mario Draghi a énuméré plusieurs raisons d'être optimiste.
Si la Banque centrale européenne (BCE) a décidé unanimement de ne pas baisser son taux directeur, malgré la récession et la hausse du chômage en zone euro, c'est parce qu'elle juge que la situation se «normalise» en zone euro, notamment sur les marchés financiers.
Lors de la conférence de presse à Francfort, qui suit la réunion du Conseil des gouverneurs, le président de la BCE, Mario Draghi,
a énuméré dix raisons d'être optimistes pour la zone euro. Il les
attribue à l'action de la BCE, mais aussi aux réformes engagées par les
États membres et aux progrès de l'intégration européenne.
1- Les
taux d'emprunt des États sont en baisse, a-t-il souligné, notamment ceux
de l'Espagne et de l'Italie. Le taux d'emprunt à 10 ans de l'Espagne
est passé ce jeudi sous les 5%,pour la première fois depuis dix mois.
2-
Ensuite les prix des CDS (credit default swaps), les contrats qui
permettent de s'assurer contre le risque de défaut des États, sont
également en baisse pour tous les pays périphériques de la zone euro, y
compris la Grèce.
3- Les marchés boursiers, les premiers que
regarde le patron de la BCE en se levant le matin, sont orientés à la
hausse depuis plusieurs mois, malgré le psychodrame de fin d'année, crée
par le «fiscal cliff», le précipice budgétaire américain. L'Eurostoxx,
l'indice boursier européen, a ainsi gagné plus 20% sur les six derniers
mois.
4- La volatilité des marchés, qui mesure la nervosité des investisseurs, est à un plus bas historique.
5- Les taux de remboursement des dettes sont en baisse, pour les États comme pour le secteur privé.
6-
Les entrées de capitaux dans la zone euro sont en forte hausse, signe
de la confiance retrouvée des marchés étrangers à l'égard du Vieux
Continent, même si ce mouvement entretient l'euro à la hausse.
7-
Les dépôts bancaires ont augmenté dans les pays du sud de la zone euro.
Les fuites de capitaux à l'intérieur de la zone euro ont cessé, symptôme
de confiance des ménages et des entreprises dans la solidité de leurs
banques.
8- Le bilan de la Banque centrale s'est réduit, alors
qu'il n'avait cessé de gonfler ces dernières années, avec les mesures de
financement exceptionnel envers les banques. Les banques sont donc
moins dépendantes de la BCE pour leurs liquidités.
9- Les balances
commerciales des pays de la zone euro se rééquilibrent, grâce à un
regain d'exportations des pays du Sud, et à la baisse des importations.
10-
La confiance des ménages et des entreprises pour l'environnement
économique s'améliore d'après diverses enquêtes récentes, notamment
l'indicateur de confiance publié par la Commission européenne.

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