
Les syndicats de médecins voudraient que le taux de 150 % censé définir un dépassement jugé abusif soit reconsidéré comme un «repère».
Contesté par les syndicats qui l'ont signé, beaucoup doutent de son efficacité sur les tarifs des médecins.
L'accord pour limiter les dépassements d'honoraires des médecins
va enfin pouvoir être appliqué sur le terrain, mais il n'a jamais
suscité autant d'opposition. Depuis leur signature en octobre, deux des trois syndicats de médecins
ayant paraphé le texte ont tourné casaque. Et particulièrement la CSMF,
la plus importante, qui affirme être «entrée en résistance» depuis que
l'Assurance-maladie a transformé le texte qu'elle a validé en «machine à
sanctions» lors de la définition de ses modalités d'application.
Au centre du problème, le taux de 150 % censé définir un dépassement jugé abusif par rapport aux tarifs Sécu. Les signataires estimaient que ce plafond ne devait être qu'un «repère», et encore, tempéré par d'autres critères (lieu du cabinet, réputation du médecin…). Mais, au final, les 5 % de médecins pratiquant les dépassements les plus élevés de leur département pourront être inquiétés par les autorités.
Si l'interprétation de l'accord par l'Assurance-maladie semble beaucoup trop sévère au goût des médecins, elle ne l'est pas suffisamment pour les patients. Le Collectif interassociatif sur la santé (CISS) dénonce ainsi «un véritable permis d'abuser» accordé aux médecins. L'influente association souligne notamment que le fameux taux de 150 % ne sera qu'une moyenne calculée «sur une période indéterminée». En clair, les médecins continueront à pratiquer de forts taux de dépassements sur une partie de leur patientèle (la plus aisée) tout en en exonérant une autre.
Au centre du problème, le taux de 150 % censé définir un dépassement jugé abusif par rapport aux tarifs Sécu. Les signataires estimaient que ce plafond ne devait être qu'un «repère», et encore, tempéré par d'autres critères (lieu du cabinet, réputation du médecin…). Mais, au final, les 5 % de médecins pratiquant les dépassements les plus élevés de leur département pourront être inquiétés par les autorités.
Si l'interprétation de l'accord par l'Assurance-maladie semble beaucoup trop sévère au goût des médecins, elle ne l'est pas suffisamment pour les patients. Le Collectif interassociatif sur la santé (CISS) dénonce ainsi «un véritable permis d'abuser» accordé aux médecins. L'influente association souligne notamment que le fameux taux de 150 % ne sera qu'une moyenne calculée «sur une période indéterminée». En clair, les médecins continueront à pratiquer de forts taux de dépassements sur une partie de leur patientèle (la plus aisée) tout en en exonérant une autre.
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Un «pari» pour les complémentaires:
L'affaire se
corse un peu plus encore si l'on intègre au débat l'avis plus que mitigé
de certains observateurs, et non des moindres, du secteur. «On peut
d'une part douter qu'il y ait beaucoup de sanctions et d'autre part que,
si sanctions il y a, elles entraînent une baisse du niveau global des
dépassements», critique ainsi Didier Tabuteau, titulaire de la chaire
santé à Sciences Po Paris. «Tout dépendra de l'application qui en sera
faite par l'Assurance-maladie, abonde pour sa part Brigitte Dormont,
économiste de la santé à l'université Paris-Dauphine. Mais le texte
initial n'est pas bien dangereux pour les praticiens. Au contraire, il
entérine le fait que les dépassements d'honoraires jusqu'à 100 % des
tarifs Sécu sont normaux.»
L'économiste fait notamment référence à
la deuxième partie de l'accord sur le contrat d'accès aux soins. Ce
dernier sera proposé à partir des prochaines semaines aux praticiens
dont les prix sont inférieurs ou égaux à 100 % du tarif Sécu. En échange
d'allégements de charges, le praticien devra modérer ses tarifs, mais
il pourra rompre ce contrat au bout d'un an s'il n'en est plus
satisfait.
Quant aux complémentaires santé, elles non plus ne
croient pas que l'accord fasse des miracles. Elles le qualifient
désormais de «pari». Il faudra en fait patienter jusqu'à juillet pour
savoir si les médecins adhéreront au contrat d'accès aux soins. Et plus
longtemps encore - six mois, voire un an? - pour voir tomber les
premières sanctions contre les médecins «qui abusent».
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