
Les fraudeurs ont notamment acquis massivement, sur des forums internet dédiés, des numéros de cartes bancaires authentiques, pour effectuer des achats sur internet.
La gendarmerie a interpellé 22 escrocs présumés, de Paris à Pointe-à-Pitre. Ils avaient prélevé 6 millions d'euros à des milliers de victimes.
Les gendarmes ont frappé ce lundi au cœur d'un vaste réseau d'escroquerie à la carte bancaire. Une affaire hors normes: 22 arrestations au plan national. Il a fallu coordonner l'opération dans 14 départements (Gard, Hérault, Isère, Mayenne, Meurthe-et-Moselle, Nord, Rhône, Seine-et-Marne, Haute-Vienne, Essonne, Hauts-de-Seine, Seine-Saint-Denis, Paris et même jusqu'en Guadeloupe). Elle était supervisée par la Juridiction interrégionale spécialisée (Jirs) de Bordeaux.
Piratage en masse:
En novembre 2011, à la suite de la plainte d'un responsable de société victime d'une arnaque, la section de recherche de Toulouse et le groupement de gendarmerie du Lot ont identifié des centaines de commandes effectuées au moyen de cartes bancaires piratées.
La technique employée par les fraudeurs était simple. Ils ont d'abord acquis massivement, sur des forums internet dédiés, des numéros de cartes bancaires authentiques, pour effectuer des achats sur internet. Ils ont également piraté les données des bandes magnétiques de cartes de clients abusés. Puis ils ont réencodés ces données sur des cartes vierges pour effectuer des retraits. Montant total du préjudice estimé: 6 millions d'euros d'achats frauduleux.
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Cellule Cyber 46:
Pour
remonter aux suspects, au nombre de 24, répartis sur 20 sites
différents, la Direction générale de la gendarmerie a dû créer une
cellule d'enquête spéciale, baptisée «BAC/CYBER 46». Pas moins de 133
gendarmes ont été mobilisés sur les arrestations, dont 35 spécialisés
dans la traque au cybercrime. Sur les 22 suspects interpellés, 18 ont
été placés en garde à vue.
La gendarmerie a saisi de nombreuses
pièces à conviction: ordinateurs, matériels de réencodage de pistes
magnétiques, cartes vierges, mais aussi des formules de chèque, du
numéraire et des faux documents, ainsi que de nombreux biens acquis avec
les numéros des personnes et sociétés abusées.
Lors de sa
conférence de bilan annuel, le ministre de l'Intérieur, Manuel Valls, a
insisté sur la nécessité de mieux prendre en compte les déclarations des
victimes de fraudes à la carte bancaire sur Internet, la jutice ayant
tendance, depuis quelques mois, à inciter policiers et gendarmes à ne
pas enregistrer ces faits comme des plaintes en bonne et due forme.
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