En moins de 10 ans, les organisateurs ont fait de la compétition majeure du monde de l'ovalie qui a débuté ce samedi, une machine économique à succès.
Une banque proche de la faillite en 2008, prête à débourser 51 millions d'euros par an uniquement en sponsoring sportif: c'est le pari de Royal Bank of Scotland (RBS), détenue à près de 80 % par l'État britannique. Le groupe, principal partenaire du Tournoi des VI Nations de rugby vient en effet de prolonger son partenariat sur la période 2014-2017, augmentant par la même occasion la facture de plus de 32 millions d'euros (26 millions de livres).
Une manne pour les organisateurs qui ont fait de cette compétition majeure du monde de l'ovalie, une redoutable machine économique. L'édition 2013 ne devrait pas déroger à la règle, avec des recettes autour de 100 millions d'euros, en hausse de 40 % depuis 2006. Organisés pendant des décennies de manière informelle, les «VI Nations» (depuis l'entrée de l'Italie en 2000) sont désormais gérés par un comité structuré, qui mise principalement sur les droits télévisés pour faire gonfler ses recettes. Ceux-ci représentent près de 70 % du chiffre d'affaires du Tournoi. Ce qui profite largement aux fédérations nationales.
Sur les 23 millions d'euros annuels versés parle diffuseur historique de la compétition France Télévisions pour retransmettre les rencontres du XV de France, et de ses cinq adversaires, environ 17 millions le sont au titre du Tournoi (le reste correspondant aux tests matchs de la tournée d'automne). «L'obligation de diffusion en clair minore un peu la valeur du produit, car les chaînes en clair ont tendance à moins investir que les payantes, pour lesquelles le sport est un facteur d'abonnement, estime François Hilbrandt, consultant spécialisé dans le rugby chez Kurt Salmon. Ceci dit, France Télévisions paye déjà deux fois plus cher qu'il y a 7 ans». Un effort financier récompensé: aidé par l'épopée néo-zélandaise des Bleus, finalistes de la Coupe du Monde 2011, le groupe audiovisuel a réalisé, l'année dernière, ses meilleurs scores depuis 2007 (3,6 millions de téléspectateurs de moyenne pour les quinze matchs, 24,1 % de part de marché). Cette année, la diffusion en prime-time de France-Écosse, le 16 mars, devrait à nouveau porter ses fruits.
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LE GRAND CHELEM 2010 S'EST TRADUIT PAR UN RECORD D'AUDIENCE:
Le XV de France assure 70 % des recettes de la FFR:
Les recettes de billetterie, qui reviennent aussi à la Fédération française de rugby (FFR),
varient quant à elles de 12 à 15 millions d'euros, en fonction du
nombre de matchs joués à domicile (2 ou 3 selon les années, au Stade de
France). Enfin, l'intérêt des sponsors de la FFR (20 millions d'euros
par an), vient en grande partie du format annuel de cette compétition,
contrairement à la Coupe du monde
qui a lieu tous les 4 ans. Au total, le seul Tournoi apporterait à la
FFR la moitié de ses revenus. «C'est le produit essentiel en dehors de
la Coupe du Monde, commente François Hilbrandt. Les deux compétitions
réunies, ce pourcentage monte à 70 %. Le XV de France est la vitrine du
rugby tricolore, et c'est en investissant sur l'Équipe de France que la
fédération augmente les revenus pour le rugby amateur».
Cette dépendance au Tournoi est d'ailleurs commune aux 6 fédérations. La BBC,
qui achète les droits télés pour l'Écosse, l'Angleterre et le Pays de
Galles - verse 46 millions de livres au comité organisateur, reversés
ensuite aux trois fédérations. Sur les rencontres du tournoi, la
Fédération anglaise (RFU) récolte chaque année 30 millions de livres (37
millions d'euros) en prestations d'hospitalité et 33 millions de livres
(40 millions d'euros) en recettes de billetterie. «De ce point de vue,
le rugby français subit un manque à gagner terrible par rapport à
l'Angleterre, qui est propriétaire de son stade, le mythique
Twickenham», ajoute François Hilbrandt. La RFU vient d'ailleurs de
terminer le remboursement des prêts liés à son investissement. Ce qui
conforte la volonté de la FFF d'avoir elle aussi son grand stade pour optimiser le produit XV de France.

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