Les quotidiens nationaux payants ne paraîtront pas aujourd'hui. Le syndicat SGLCE CGT intensifie les grèves.
Une situation «inédite» et d'une «gravité exceptionnelle». Les dirigeants des journaux, réunis au sein du Syndicat de la presse quotidienne nationale (SPQN),
ont protesté solennellement mardi contre l'annonce par le Syndicat
général du Livre et de la communication écrite CGT (SGLCE CGT) d'un
blocage de la distribution dans les kiosques de tous les quotidiens
payants datés de mercredi.
«La prise en otages des quotidiens ne
résout rien, bien au contraire», alerte le SPQN. Le syndicat SGLCE CGT a
appelé à cesser le travail mardi dans le but d'empêcher la sortie des
quotidiens nationaux afin de peser sur les négociations du plan de
restructuration de la principale messagerie de presse Presstalis, qui
prévoit notamment la suppression de 1250 postes sur 2500 salariés. Faute
de pouvoir distribuer leurs titres, les éditeurs ont été contraints «de
prendre la décision exceptionnelle» de ne pas imprimer leurs journaux.
«Depuis
octobre, une trentaine de mouvements sociaux ont affecté de manière
tournante ou globale la distribution des différents quotidiens
nationaux, rappellent les éditeurs. Ces multiples perturbations
aboutissent aujourd'hui à détériorer gravement le contrat de confiance
entre les lecteurs et leurs quotidiens.» Ces mouvements sociaux à
répétition qui touchent la distribution de la presse française
pénalisent directement les ventes des journaux. Sur le seul mois de
décembre, la diffusion France payée de la presse quotidienne nationale
d'information a ainsi reculé de 5 %, selon l'OJD. «Le blocage général
annoncé par le syndicat SGLCE CGT du Livre pour mardi soir met en cause
la viabilité économique de la société Presstalis, fait peser un risque
insoutenable sur les 30.000 marchands de journaux répartis sur le
territoire. Il fragilise considérablement les sociétés de presse qui
subissent des pertes de recettes récurrentes», souligne le SPQN.
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Réseau de vente fragilisé:
Dans
une lettre ouverte vendredi dernier au Syndicat du Livre, Gérard
Proust, le président de l'Union nationale des diffuseurs de presse
(UNDP), s'était déjà alarmé des actions qui fragilisent encore davantage
le réseau des marchands de journaux en France. «Nous savons que vous
mesurez combien les diffuseurs sont fragiles. Leurs commissions, perçues
sur la seule vente au numéro, sont en baisse continuelle. Les
fermetures de points de vente ont atteint le triste record de 1082 en
2012. Ce réseau de commerçants modestes est au bord de l'asphyxie ; il
est pourtant une pierre indispensable du système de distribution de la
presse imprimée. L'absence des quotidiens dans leurs points de vente,
nuisible à une fréquentation déjà en baisse, affecte gravement leur
exploitation», insistait-il.
Les patrons des quotidiens ont
réaffirmé mardi que la réforme de Presstalis, «indispensable», est
«organisée avec des dispositifs exceptionnels et des propositions
d'accompagnement social importantes».
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