La banque Monte dei Paschi, troisième du pays, est accusée d'avoir masqué l'ampleur de ses pertes sur les emprunts toxiques, lors de la crise des subprime.
La banque centrale italienne réfute les accusations de négligence dans sa surveillance.
Menacée par un scandale qui pourrait entacher sa réputation, la Banque d'Italie s'est attachée à réfuter point par point les accusations de négligence de sa part dans le contrôle de la banque Monte dei Paschi (MPS) de Sienne.
La troisième banque du pays, qui fait actuellement l'objet d'un sauvetage d'État, est accusée d'avoir masqué l'ampleur de ses pertes sur les emprunts toxiques, lors de la crise des subprime. Dans un long document officiel publié hier, la banque centrale italienne détaille toutes les actions entreprises depuis 2008 pour contrôler les opérations de MPS, en tant que régulateur bancaire.
C'est ainsi que dès avril 2011, au terme d'une seconde inspection, elle a elle-même saisi le parquet de Sienne, soupçonnant des fraudes. Et le 15 novembre de la même année, son directoire avait convoqué les principaux dirigeants de la banque siennoise pour exiger un changement drastique de gouvernance. Six mois plus tard, 150 managers de la banque, soit un tiers de l'encadrement, étaient mis à pied. À l'époque, Mario Draghi était gouverneur de la Banque d'Italie et ne deviendra gouverneur de la BCE que le 1er novembre 2011.
Le document retranscrit avec minutie toutes les actions, rappels à l'ordre et inspections adressés au MPS depuis janvier 2008, date à laquelle la Banque d'Italie est informée de l'acquisition, par ce même MPS, de la banque régionale Antonveneta, payée 9 milliards d'euros au Banco di Santander, nettement au-dessus de sa valeur.
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