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vendredi 8 février 2013

Europe : vers un accord sur un budget à 960 milliards.

Les vingt-sept dirigeants de l'Union européenne avant le sommet sur le budget.
Les vingt-sept dirigeants de l'Union européenne avant le sommet sur le budget.


Après une nuit de négociations, les dirigeants européens s'acheminent vers un accord sur un budget européen diminué de près de 30 milliards par rapport à la période précédente, une première dans son histoire.


Alors que le président de la Banque centrale européenne, Mario Draghi, a réussi à faire fléchir l'euro hier, les Vingt-Sept pourraient de leur côté parvenir à trouver un compromis sur le budget de l'Europe. Après plus de 15 heures de débats, de rencontres bilatérales, d'apartés ou de conciliabules, le président du Conseil européen, Herman Van Rompuy, a présenté tôt ce matin une nouvelle proposition de compromis aux vingt-sept dirigeants de l'Union européenne. Un compromis qui pourrait déboucher aujourd'hui sur «un accord» entre chefs d'État et de gouvernement, avance le président du Conseil.
Le responsable européen a proposé aux Vingt-Sept un budget à 960 milliards d'euros. Dans le détail, le montant des crédits d'engagement, qui correspondent au plafond autorisé, est de 960 milliards d'euros, et celui des crédits de paiement, soit les dépenses effectives pour les sept prochaines années, de 908,4 milliards d'euros, avec la possibilité d'une marge de manœuvre de 12 milliards.
Si la proposition est acceptée, ce budget représenterait une baisse de plus de 30 milliards d'euros par rapport au précédent (2007-2013), qui s'établissait à 993,6 milliards d'euros, soit une baisse de près de 3% du budget pluriannuel 2014-2020. Pour la première fois de son histoire, l'Union européenne se doterait ainsi d'un budget en baisse. «Les négociations sont difficiles, car, pour la première fois, nous entrevoyons une baisse réelle du budget européen, nous n'avions jamais vu cela auparavant», a souligné le président du Conseil européen. «Bien évidemment, une telle décision est difficile à accepter pour certains membres de l'Union européenne et pour le Parlement, ce qui explique que les négociations prennent du temps.»

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La Grande-Bretagne obtient en grande partie satisfaction:

jeudi 7 février 2013

Budget de l'UE : le grand marchandage a commencé.

François Hollande, jeudi à Bruxelles.
François Hollande, jeudi à Bruxelles.


La chancelière allemande se pose en arbitre entre le président français et le premier ministre britannique.


L'Europe a engagé dans la nuit un bras de fer tendu sur ses dépenses jusqu'à la fin de la décennie. Avec la chancelière Angela Merkel en arbitre entre les «parcimonieux» menés par David Cameron et les partisans d'un soutien résolu à la croissance conduits par François Hollande.
Les vingt-sept dirigeants ont entamé leur sommet avec près de six heures de retard. Ils doivent s'entendre à l'unanimité sur un budget 2014-2020 oscillant autour de 915 milliards d'euros. La nuit s'annonçait longue et difficile. Les tractations, où chaque pays défend son intérêt national en invoquant un « juste retour», risquent de se prolonger, peut-être jusqu'à samedi.
Décrivant un exercice de haute voltige, la chancelière allemande a dit sa volonté de «faire attention à la dépense» tout en ménageant «la solidarité entre le nord et le sud de l'Europe». Les positions des uns et des autres restent «encore assez éloignées». En fin de soirée, Berlin a évoqué un risque d'échec. Signe de tensions, le maître de séance, Herman Van Rompuy, a renoncé à présenter une proposition chiffrée de compromis à l'ouverture du sommet. Il l'envisageait au mieux dans la nuit, après un premier tour de table.
François Hollande, chef de file d'un groupe de pays en passe difficile, comme l'Italie et l'Espagne, n'a pas exclu l'échec. «Je viens chercher un accord, encore faut-il qu'il soit possible, dit-il. Il n'y aura pas d'accord sur compromis qui négligerait les politiques (traditionnelles) de l'Europe, abandonnerait l'agriculture et ignorerait la croissance.» Sans citer le premier ministre britannique, il veut «faire en sorte de raisonner» ceux qui ne seraient pas raisonnables.

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Face à lui, David Cameron affirme que les chiffres avancés «doivent redescendre, et, si ce n'est pas le cas, il n'y aura pas d'accord». Le Royaume-Uni peut compter sur le soutien appuyé de ses ­alliés traditionnels sur les questions d'argent, la Suède, les Pays-Bas et la Finlande.

mardi 26 juin 2012

Bruxelles propose un fédéralisme «light».

Le siège de la Commission européenne à Bruxelles.Le siège de la Commission européenne à Bruxelles.

 Le document de compromis rédigé à Bruxelles en vue du sommet européen de jeudi propose une union bancaire, une intégration budgétaire et évoque les euro-obligations, à «moyen terme».

Le mot fédéralisme n'est pas prononcé, mais cela y ressemble. Les pays de l'euro, dont la France et l'Allemagne, devraient se doter d'ici à dix ans d'un Trésor européen et d'un pouvoir budgétaire unique, tous deux parés d'une nouvelle légitimité démocratique, si l'on suit la feuille de route dressée par les quatre dirigeants de l'UE (Van Rompuy, Barroso, Draghi et Juncker).
Le document, rendu public à 48 heures d'un sommet européen crucial pour l'avenir de la monnaie commune, repousse les réformes politiques à plus tard. Mais il les rend incontournables, à l'horizon de la décennie.
L'intégration européenne «passe nécessairement par une fondation démocratique plus solide et un large soutien de l'opinion publique», écrivent les présidents de l'UE, de la Commission, de l'Eurogroupe et de la BCE dans leurs recommandations aux vingt-sept chefs d'État et de gouvernement.
Les quatre «sages» se gardent de pousser clairement l'Europe vers le modèle américain - un président unique et deux Chambres élues -, inspiration défendue par Angela Merkel et son ministre des Finances, Wolfgang Schäuble. L'urgence est au sauvetage de l'euro, pas à une refonte institutionnelle ni a un changement de traité.
Répondant à un souci de Paris, ce rapport «Vers une véritable union économique et monétaire» penche plutôt pour une avancée par étapes. Mais cela n'interdit pas des transferts immédiats de souveraineté vers Bruxelles. Au risque de cabrer la gauche française au pouvoir comme l'opposition de droite, restées pour l'essentiel ancrées dans les certitudes de l'«Europe des patries».

«Bureau du Trésor» européen:

Les euro-obligations, «une perspective à moyen-terme».

À moyen-terme, les euro-obligations pourraient être une contrepartie au renforcement du contrôle de Bruxelles sur les budgets nationaux, avance un rapport de préparation au sommet européen de jeudi.


Le principe des euro-obligations (ou eurobonds), presque enterré, n'est pas complètement mort pour autant. Deux jours avant un sommet européen crucial pour l'avenir de l'euro, un rapport préparatoire officiel en fait mention comme ultime touche à une future union budgétaire. «Dans une perspective de moyen terme», la mise en commun des dettes des États de la zone euro «pourrait être explorée», est-il écrit dans ce document.
Les auteurs de ce texte ne sont pas n'importe qui: le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso, le président du Conseil européen Herman van Rompuy, le président de la Banque centrale européenne (BCE) Mario Draghi et le président de l'Eurogroupe Jean-Claude Juncker. Ils défendent une position prudente, qui se rapproche en cela des dernières déclarations de Paris sur un sujet qui exaspère Berlin. Longtemps fervent défenseur d'une mise en commun rapide des dettes publiques, le premier ministre Jean-Marc Ayrault a en effet adouci sa position la semaine dernière, parlant d'une «perspective» à l'horizon de «plusieurs années».