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lundi 4 février 2013

Espagne, Irlande et Portugal en très nets progrès selon S & P.

L'agence de notation Standard & Poor's attribue un satisfecit aux pays les plus endettés de la zone euro qui «se rééquilibrent rapidement», grâce notamment à un redémarrage de leurs exportations.

C'est par eux que la crise financière de la zone euro avait éclaté en 2009, et ils se portent aujourd'hui beaucoup mieux. En tout cas ils ont nettement amélioré leur position compétitive externe. L'agence S & P dresse des louanges aux cinq pays les plus endettés de l'Euroland, l'Espagne, l'Estonie, la Grèce, l'Irlande et le Portugal.
«Ils sont en train de rééquilibrer plus rapidement leurs économies que nous l'avions anticipé», affirme l'agence de notation, dans son étude annuelle sur le rééquilibrage des pays de la périphérie de l'Union monétaire.
Mieux, «à l'exception notable de la Grèce, ce sont les exportations qui mènent cet ajustement, alors que les coûts unitaires de production reviennent à des niveaux plus compétitifs», estime Frank Gill, l'analyste qui a dirigé les travaux.

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L'Irlande affiche une performance qualifiée d'«exceptionnelle»:

mercredi 30 janvier 2013

Moscou prêt à participer au sauvetage de Chypre.

Le président russe, Vladimir Poutine, a indiqué qu'il était prêt à apporter son aide à l'île, lors d'un entretien téléphonique avec son homologue chypriote, Demetris Christophias.
Le président russe, Vladimir Poutine, a indiqué qu'il était prêt à apporter son aide à l'île, lors d'un entretien téléphonique avec son homologue chypriote, Demetris Christophias.
La Russie pourrait proroger un prêt sur cinq ans, de 2,5 milliards d'euros, déjà accordé par le gouvernement russe à Nicosie en 2011.

Alors que l'Allemagne reste très réticente à voler au secours de Chypre, la Russie avance ses pions. À l'issue d'un entretien téléphonique avec ­Vladimir Poutine, mardi 29 janvier, le président chypriote, Demetris Christophias, a indiqué que Moscou était prêt à apporter son aide à l'île dans le cadre d'un plan de sauvetage européen.
Celle-ci pourrait intervenir sous la forme d'une prorogation d'un prêt sur cinq ans, de 2,5 milliards d'euros, déjà accordé par le gouvernement russe à Nicosie en 2011, «et sous certaines conditions», a précisé le premier ministre Dmitri Medvedev. «Les autorités russes pourraient exiger le maintien d'un secret bancaire, pour éviter que des informations confidentielles soient transmises aux autorités bancaires européennes», en déduit l'analyste en chef d'une grande banque russe.
La plupart des grandes entreprises russes ont établi leurs holdings dans l'île méditerranéenne, tant pour échapper à la pesanteur et à l'arbitraire de la ­bureaucratie russe que pour des raisons d'optimisation fiscale. La Banque de Russie estime à environ 90 milliards d'euros les investissements russes à Chypre en 2011. Un prêt de 2,5 milliards d'euros représenterait un piètre sacrifice budgétaire pour la Russie, eu égard à l'influence «politique» que le Kremlin conserverait tant à l'égard de Nicosie que des oligarques russes qui y ont investi leur argent.

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mardi 29 janvier 2013

Espagne : Bruxelles prêt à desserrer l'étau de l'austérité.

Olli Rehn, commissaire européen aux Affaires économiques et Luis de Guindos, ministre espagnol des Finances.
Olli Rehn, commissaire européen aux Affaires économiques et Luis de Guindos, ministre espagnol des Finances.

La récession et le chômage record poussent la Commission européenne à assouplir les objectifs de déficits. 
Desserrer l'étau de l'austérité qui pèse sur la croissance: le sujet fait son chemin sur le Vieux Continent. Bruxelles serait prêt, en raison de la récession ­persistante en Espagne et des 6 millions de chômeurs, à accorder un sursis à Madrid pour réduire son déficit public.
Olli Rehn, le commissaire européen aux Affaires économiques, a ouvert la voie lundi soir à Madrid, à l'issue d'un entretien avec le ministre des Finances espagnol Luis de Guindos. La décision pourrait être officialisée le 22 février lors de la publication des nouvelles prévisions de la Commission européenne. «S'il s'avère que la situation économique de l'Espagne s'est fortement détériorée, nous pouvons réviser le rythme de réduction du déficit», a avancé Olli Rehn. Bruxelles prévoit un recul du PIB de 1,4 % en 2013, soit une récession équivalente à celle de 2012.
Sur le plan budgétaire, les objectifs fixés semblent d'ores et déjà hors d'atteinte. Après avoir enregistré un déficit public à 9,4 % du PIB en 2011, Madrid s'était engagé à le réduire à 6,3 % en 2012, 4,5 % en 2013 et 2,8 % en 2014. Le chiffre de 2012, attendu dans quelques jours, devrait largement dépasser le seuil fixé, lié surtout au dérapage budgétaire de plusieurs grandes régions autonomes, dont Valence et la ­Catalogne.

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Miniplan de relance:

lundi 21 janvier 2013

L'Italie, l'Espagne et la France inquiètent Coface.

Dans son rapport, Coface (ci-dessus le siège) estime que les risques entreprises sont aujourd'hui plus importants dans les pays avancés.
Dans son rapport, Coface (ci-dessus le siège) estime que les risques entreprises sont aujourd'hui plus importants dans les pays avancés.

INFOGRAPHIE - L'assureur crédit, qui présente ce mardi ses notations actualisées de risques pays, annonce une récession persistante dans la zone euro.

 2013 sera une sombre année sur le plan économique, avec un monde coupé en deux, entre pays émergents et pays développés, et une récession persistante dans la zone euro. Tel est le panorama de l'assureur crédit Coface, qui présente ce mardi, à l'occasion de son colloque annuel, ses nouvelles grilles de risques pays.
L'évaluation de Coface tient compte des perspectives macroéconomiques, du niveau de défaillances des entreprises et du climat des affaires. «Les risques entreprises sont aujourd'hui plus importants dans les pays avancés, résume le directeur général, Jean-Marc Pillu. En Europe, la fracture entre le Nord et le Sud se résorbe mais dans le mauvais sens, avec une contamination qui gagne jusqu'aux pays de l'Est.» En cause, le surendettement public et privé encore trop élevé et une confiance qui ne se redresse pas. À l'inverse, les pays émergents ont engrangé les réserves budgétaires et monétaires qui permettent de compenser le contre-choc et le ralentissement des pays développés.
En zone euro, Coface a dégradé l'Espagne et l'Italie, au même niveau que le Portugal et juste devant la Grèce. Ils se retrouvent ainsi les plus mal notés des pays avancés. En Italie, depuis fin 2007, le nombre de défaillances d'entreprises a doublé, atteignant 12.000, et il est sept fois plus important en Espagne, avec un crédit bancaire qui s'est effondré - passant de + 30% en croissance annuelle fin 2006 à une baisse de plus de 5% récemment. Les secteurs les plus risqués concernent la construction, la distribution, l'agroalimentaire et les métaux.


Risque de rupture sociale:


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Coface se montre un peu plus positive sur l'Espagne, estimant que le plafond des défaillances est atteint. «La baisse des coûts unitaires permet des gains de compétitivité importants. Et surtout le gouvernement a entamé la réforme essentielle du secteur bancaire dont il ne faut toutefois pas attendre d'effets positifs rapidement», note Jean-Marc Pillu. Et ce d'autant plus que les entreprises espagnoles doivent faire face à un problème de surendettement et de positionnement sectoriel.
Pour le directeur général, le risque majeur dans cette Europe du Sud, touchée par des baisses importantes du PIB et un chômage très élevé, est avant tout social. «Cela va dépendre de la capacité de résistance des sociétés grecques ou espagnoles. Il y a un vrai risque de rupture, y compris politique.»
La situation de la France, placée sous surveillance négative en septembre, reste également fragile. Coface prévoit 62.000 défaillances en 2013, contre 45.000 avant la crise. Autre signal négatif, la taille de ces entreprises «malades» tend à augmenter.
«L'embellie trop courte entre fin 2009 et début 2011 n'a pas permis aux entreprises fragilisées pendant la crise de reconstituer leurs forces», ajoute Jean-Marc Pillu. À noter que l'écart se creuse avec le voisin allemand, chez qui les entreprises sont plus profitables (10% du PIB contre 7% dans l'hexagone) et présentent de meilleures capacités de financement. Sur 100 entreprises qui se créent, le taux de défaut est deux fois plus important en France.


La baisse des coûts profite au commerce espagnol:

Le déficit commercial de l'Espagne s'est à nouveau réduit en novembre 2012, chutant de 47,4% sur un an, à 1,407 milliard d'euros, soit la baisse la plus forte pour un mois de novembre depuis quinze, ans. En cumulé, sur la période allant de janvier à novembre, la balance commerciale espagnole affiche un déficit en recul de 29,5% par rapport à la même période de 2011. Cette résorption du déficit est davantage due à la hausse des exportations (+ 3,7% sur onze mois) qu'à la baisse des importations (- 2,1%), se félicite le ministère espagnol de l'Économie. Ce rebond des exportations est attribué à la baisse des coûts du travail. L'Espagne compte sur le commerce extérieur pour sortir de la récession, alors que la demande intérieure est en berne, sur fond de chômage explosif.

La Grèce sur la bonne voie, selon Lagarde.

Christine Lagarde, directrice générale du FMI.
Christine Lagarde, directrice générale du FMI.

La directrice générale du Fonds monétaire international estime que la Grèce n'aura pas besoin de prendre de mesures supplémentaires si les réformes déjà décidées dans le cadre du plan de sauvetage sont appliquées.

 
«La Grèce a son avenir entre ses mains. C'est au pays lui-même de réussir», a déclaré Christine Lagarde, la directrice générale du Fonds monétaire international (FMI) dans un entretien paru dimanche dans Kathimerini, un quotidien grec. Selon elle, la Grèce n'aura pas besoin de prendre de mesures supplémentaires si les réformes déjà décidées dans le cadre du plan de sauvetage sont appliquées. «Mais si les réformes ne sont pas appliquées, alors d'autres mesures d'austérité seront nécessaires», a ajouté la patronne du FMI.
Le pays est soutenu financièrement par le FMI et l'Union européenne qui ont engagé au total 240 milliards d'euros d'assistance financière pour éviter sa faillite. La chute du PIB sur les deux dernières années a atteint 13,4 % selon l'OCDE et devrait encore accuser un recul de 4,5 % en 2013.
 

Coalition gouvernementale:

mercredi 16 janvier 2013

La Banque mondiale chiffre le coût économique des conflits.

La Libye en 2011 et la Syrie en 2012 ont subi des chutes vertigineuses de leur activité économique du fait des conflits. Par ailleurs les pays en développement supportent le contrecoup de la crise de la zone euro.

Les guerres civiles et les affrontements armés ne sont jamais propices à la prospérité. La Banque mondiale en apporte une démonstration chiffrée dans son rapport semestriel baptisé Global Economic Prospects, publié ce mercredi matin. Les experts de Washington estiment que le PIB de la Syrie s'est contracté de 20% l'an dernier, alors que l'Iran, soumis à un embargo de la communauté internationale sur ses exportations de pétrole, a vu son activité économique se réduire de 1%.
En Libye, les effets collatéraux de l'intervention franco-britannique, qui s'était traduite en 2011 par la fin du régime du colonel Kadhafi et le décès de son leader, ont entraîné une perte de 61,1% du PIB. Et à l'inverse la reconstruction qui a suivi en 2012 a fait bondir de 108% ce même indicateur, selon la Banque mondiale, dont on ne sait si l'on doit admirer la précision des calculs ou la trouver quelque peu dérisoire.

Un rôle marginal:

jeudi 10 janvier 2013

Zone euro : les dix raisons d'espérer, selon Mario Draghi.

Mario Draghi, ce jeudi à Francfort.
Mario Draghi, ce jeudi à Francfort.
 
La Banque centrale européenne a laissé inchangé à 0,75% son principal taux directeur en raison de la «normalisation» sur les marchés financiers. Mario Draghi a énuméré plusieurs raisons d'être optimiste.
 
 
Si la Banque centrale européenne (BCE) a décidé unanimement de ne pas baisser son taux directeur, malgré la récession et la hausse du chômage en zone euro, c'est parce qu'elle juge que la situation se «normalise» en zone euro, notamment sur les marchés financiers.
Lors de la conférence de presse à Francfort, qui suit la réunion du Conseil des gouverneurs, le président de la BCE, Mario Draghi, a énuméré dix raisons d'être optimistes pour la zone euro. Il les attribue à l'action de la BCE, mais aussi aux réformes engagées par les États membres et aux progrès de l'intégration européenne.

1- Les taux d'emprunt des États sont en baisse, a-t-il souligné, notamment ceux de l'Espagne et de l'Italie. Le taux d'emprunt à 10 ans de l'Espagne est passé ce jeudi sous les 5%,pour la première fois depuis dix mois.

2- Ensuite les prix des CDS (credit default swaps), les contrats qui permettent de s'assurer contre le risque de défaut des États, sont également en baisse pour tous les pays périphériques de la zone euro, y compris la Grèce.

mardi 26 juin 2012

Bruxelles propose un fédéralisme «light».

Le siège de la Commission européenne à Bruxelles.Le siège de la Commission européenne à Bruxelles.

 Le document de compromis rédigé à Bruxelles en vue du sommet européen de jeudi propose une union bancaire, une intégration budgétaire et évoque les euro-obligations, à «moyen terme».

Le mot fédéralisme n'est pas prononcé, mais cela y ressemble. Les pays de l'euro, dont la France et l'Allemagne, devraient se doter d'ici à dix ans d'un Trésor européen et d'un pouvoir budgétaire unique, tous deux parés d'une nouvelle légitimité démocratique, si l'on suit la feuille de route dressée par les quatre dirigeants de l'UE (Van Rompuy, Barroso, Draghi et Juncker).
Le document, rendu public à 48 heures d'un sommet européen crucial pour l'avenir de la monnaie commune, repousse les réformes politiques à plus tard. Mais il les rend incontournables, à l'horizon de la décennie.
L'intégration européenne «passe nécessairement par une fondation démocratique plus solide et un large soutien de l'opinion publique», écrivent les présidents de l'UE, de la Commission, de l'Eurogroupe et de la BCE dans leurs recommandations aux vingt-sept chefs d'État et de gouvernement.
Les quatre «sages» se gardent de pousser clairement l'Europe vers le modèle américain - un président unique et deux Chambres élues -, inspiration défendue par Angela Merkel et son ministre des Finances, Wolfgang Schäuble. L'urgence est au sauvetage de l'euro, pas à une refonte institutionnelle ni a un changement de traité.
Répondant à un souci de Paris, ce rapport «Vers une véritable union économique et monétaire» penche plutôt pour une avancée par étapes. Mais cela n'interdit pas des transferts immédiats de souveraineté vers Bruxelles. Au risque de cabrer la gauche française au pouvoir comme l'opposition de droite, restées pour l'essentiel ancrées dans les certitudes de l'«Europe des patries».

«Bureau du Trésor» européen:

Les euro-obligations, «une perspective à moyen-terme».

À moyen-terme, les euro-obligations pourraient être une contrepartie au renforcement du contrôle de Bruxelles sur les budgets nationaux, avance un rapport de préparation au sommet européen de jeudi.


Le principe des euro-obligations (ou eurobonds), presque enterré, n'est pas complètement mort pour autant. Deux jours avant un sommet européen crucial pour l'avenir de l'euro, un rapport préparatoire officiel en fait mention comme ultime touche à une future union budgétaire. «Dans une perspective de moyen terme», la mise en commun des dettes des États de la zone euro «pourrait être explorée», est-il écrit dans ce document.
Les auteurs de ce texte ne sont pas n'importe qui: le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso, le président du Conseil européen Herman van Rompuy, le président de la Banque centrale européenne (BCE) Mario Draghi et le président de l'Eurogroupe Jean-Claude Juncker. Ils défendent une position prudente, qui se rapproche en cela des dernières déclarations de Paris sur un sujet qui exaspère Berlin. Longtemps fervent défenseur d'une mise en commun rapide des dettes publiques, le premier ministre Jean-Marc Ayrault a en effet adouci sa position la semaine dernière, parlant d'une «perspective» à l'horizon de «plusieurs années».

lundi 25 juin 2012

Un éclatement de la zone euro coûterait cher à l'Allemagne.

Le ministre des Finances allemand, Wolfgang Schäuble
Le ministre des Finances allemand, Wolfgang Schäuble.


 Le PIB du pays pourrait s'effondrer de 10% et le taux de chômage grimper jusqu'à près de 12%, selon une étude du ministère des Finances allemand, citée par le quotidien allemand Der Spiegel.

 
Bien que la sélection allemande de football ait éliminé de l'Euro la Grèce vendredi, le souhait d'Angela Merkel reste le même: garder la Grèce au sein de la zone euro. Le ministre allemand des Finances, Wolfgang Schäuble, craint que son pays ne soit confronté à une importante crise économique et à une montée en flèche du chômage en cas d'éclatement de la zone euro consécutive à une sortie de la Grèce, selon l'hebdomadaire allemand Der Spiegel.
La première année après un effondrement de la zone euro pourrait voir l'économie allemande se contracter jusqu'à 10%. Le chômage grimperait pour affecter jusqu'à cinq millions d'habitants, d'après le même scénario. En mai, le nombre total de chômeurs s'élevait à 2,855 millions, à 6,7% des actifs, un recul par rapport au mois d'avril. «Par comparaison avec de tels scénarios, un sauvetage, aussi coûteux qu'il soit, semble un moindre mal», a expliqué un responsable du ministère des Finances allemand cité par le Spiegel.

«La balle est dans le camp de la Grèce» (Schäuble):

Madrid réclame officiellement l'aide de la zone euro.

Le miistre des Finances espagnol, Luis de Guindos.
Le miistre des Finances espagnol, Luis de Guindos.


 Après des semaines d'atermoiements, le ministre des Finances Luis de Guindos a déposé ce lundi sa lettre pour réclamer un plan de sauvetage de ses banques en difficulté. La zone euro est prête à lui prêter 100 milliards d'euros.


L'Espagne n'avait plus le choix. Face à la pression conjuguée des marchés financiers et de ses partenaires européens, inquiets du pourrissement de la situation, elle a déposé sa lettre officielle de demande d'aide financière à la zone euro. Les détails du plan, qui servira exclusivement à recapitaliser les banques ibères en difficulté, ne seront connus que le 9 juillet, lors du prochain Eurogroupe, la réunion des ministres des Finances de la zone.
«Le ministre de l'Economie Luis de Guindos, a envoyé aujourd'hui au président de l'Eurogroupe, Jean-Claude Juncker, au nom du gouvernement espagnol, la lettre de demande d'assistance financière pour la recapitalisation des entités financières qui en ont besoin», a indiqué le ministère dans un communiqué. Le ministre des Finances espagnol a précisé vendredi que seules quatre banques auront besoin de l'aide pour se recapitaliser, les autres établissements pouvant faire cela par elles-mêmes ou étant déjà nationalisées.
La Commission européenne négociera «les nécessaires conditionalités pour le secteur financier, celles-ci incluant des plans de restructuration conformément aux règles européennes», a précisé dans un communiqué le président de l'Eurogroupe, Jean-Claude Juncker.

samedi 23 juin 2012

Zone euro : accord pour une relance à 130 milliards d'euros.

Mariano Rajoy, François Hollande, Angela Merkel et Mario Monti, vendredi à Rome.
Mariano Rajoy, François Hollande, Angela Merkel et Mario Monti, vendredi à Rome.



 À l'issue du mini-sommet qui réunissait à Rome les chefs des États français, allemand, italien et espagnol, un terrain d'entente sur la taxe sur les transactions financières a été trouvé.






Accord européen sur le front de la croissance. Réunis en mini-sommet à Rome, les chefs d'État allemand, espagnol, français et italien ont décidé que «le premier objectif» est la «relance de la croissance», a annoncé le premier ministre italien Mario Monti. Pour cela, les dirigeants des quatre pays se sont entendus pour mobiliser une enveloppe d'environ 130 milliards d'euros, soit 1% du produit intérieur brut européen.
«Un paquet pour la croissance est indispensable», a insisté le président français François Hollande, qui a plaidé en ce sens depuis son élection, de Berlin jusqu'au G20 mexicain. «Qui aurait pu dire, il y a encore quelques semaines, qu'elle aurait été à ce point à l'ordre du jour du conseil européen?», s'est-il félicité. La chancelière allemande Angela Merkel s'est ralliée à la cause. «Je suis d'accord avec ce 1% du PIB européen qui doit être investi pour la croissance, a-t-elle déclaré. C'est un signal important.»
Ce montant, provenant du renforcement de la Banque européenne d'investissement, des project-bonds (emprunts en commun pour financer des infrastructures) et des fonds européens encore inutilisés, avait déjà été évoqué par François Hollande dans la «feuille de route» adressée la semaine dernière au président de l'UE Herman Van Rompuy.

Taxe sur les transactions financières:

jeudi 21 juin 2012

«La zone euro retombera en récession».

La zone euro retombera en récession, prévoit Thomas Costerg, économiste à la Standard Chartered, à Londres. La France s'en sortira mieux que l'Espagne et l'Italie, mais moins bien que l'Allemagne.


Les derniers indicateurs de la santé économique de la zone euro et de la France n'incitent pas à l'optimisme. Les indices PMI des directeurs d'achat pour la zone euro s'est inscrit à 46 points en juin, le plus bas en 35 mois. En France, il s'est légèrement amélioré par rapport au mois précédent, à 46,7 points. Mais, en-dessous des 50 points, il traduit un recul de l'activité.
Pourquoi l'économie ralentit-elle en France et en zone euro?
Thomas Costerg - L'activité s'est détériorée de façon très marquée ces dernières semaines en France et en zone euro. L'escalade de la crise de la zone euro a pesé sur la confiance des ménages, des entreprises et des marchés, avec notamment l'incertitude liée aux élections grecques de dimanche dernier et la réapparition des tensions sur les dettes italienne et espagnole. Il faut ajouter à cela la fragilité des banques, qui affecte la distribution du crédit. Enfin, l'envolée des prix des matières premières en début d'année continue de ralentir la croissance, avec un effet retard, malgré la baisse des cours du pétrole ces dernière semaines.
Selon vous, retombera-t-on en récession?

L'Italie veut que le Fonds européen rachète sa dette.

Au G20, Mario Monti a préconisé l'achat, sur le marché secondaire, d'obligations de pays dont le niveau d'endettement inquiète les investisseurs.
Au G20, Mario Monti a préconisé l'achat, sur le marché secondaire, d'obligations de pays dont le niveau d'endettement inquiète les investisseurs.


 La requête de Mario Monti, au G20, a provoqué une détente des taux obligataires italiens et espagnols. Le sujet sera au menu de l'Eurogroupe jeudi et de la rencontre Monti-Merkel-Hollande-Rajoy vendredi, à Rome.

L'Europe, pressée par ses partenaires du G20 de stopper la contagion de la dette, se retrouve à pied d'œuvre dès aujourd'hui, à l'occasion d'une réunion des ministres des Finances de la zone euro, à Luxembourg.
La Grèce, désormais dotée d'un vrai gouvernement, a besoin d'un nouvel étalement après deux ans de perfusion. Chypre, saignée par rebond, en profitera probablement pour appeler officiellement au secours. L'Espagne doit poser sa demande formelle d'assistance. Elle est pour l'heure réservée aux banques naufragées - comme le géant Bankia. Mais les marchés se demandent déjà quand l'État espagnol y sera lui-même poussé.
C'est l'Italie, troisième économie de la zone euro, qui a créé l'étonnement.
À Los Cabos, le chef du gouvernement Mario Monti a demandé que le FESF, fond de secours de l'euro, «réfléchisse» à un remède jusqu'ici délaissé: l'achat, sur le marché secondaire, d'obligations de pays dont le niveau d'endettement inquiète les investisseurs.
L'objectif est d'apaiser la tension sur les taux et donc de faciliter le refinancement ultérieur des emprunts. La BCE l'a déjà fait pour plus de 200 milliards d'euros, mais son président Mario Draghi tord le nez depuis plusieurs mois. L'Italie s'estime injustement malmenée sur les marchés par les crises grecque et espagnole. Pour beaucoup, elle est le patient idéal d'un traitement différencié. Rome ne s'est pas encore déclarée: «Aucun projet, aucune demande, aucune requête officielle n'a encore été formulée», insiste Bruxelles.

Strictes conditions:

mercredi 20 juin 2012

«L'Espagne quitterait l'euro plus facilement que la Grèce».

La crise de la zone euro pourrait encore durer cinq ans, selon Alexandre Delaigue, professeur d'économie à l'École militaire de Saint-Cyr Coëtquidan et blogueur.

Notre site - L'Espagne mène des réformes et s'impose la rigueur, mais elle continue d'être attaquée par les marchés. Pourquoi?
Alexandre Delaigue - La comparaison entre le Royaume-Uni et l'Espagne est une bonne méthode pour montrer que parfois c'est l'appartenance d'un pays à la zone euro qui le pénalise. La situation des deux États est quasi identique, comme le souligne l'économiste Paul De Grauwe. Par exemple, ils traversent tous deux l'explosion d'une bulle immobilière. L'économie britannique se trouve même dans un pire état. Elle dépend plus grandement du secteur financier et la dette publique est plus importante (85,7% en 2011, contre 68,5% pour l'Espagne). Mais là où la Grande-Bretagne peut compter sur l'intervention de sa banque centrale pour racheter la dette publique et rassurer les marchés, l'Espagne se trouve impuissante, la Banque centrale refusant d'agir, corsetée par des statuts rigides.
Pensez-vous que l'Espagne pourrait sortir de la zone euro?

mardi 19 juin 2012

Les pays émergents aideront la zone euro, sous conditions .


Le premier ministre japonais yoshihiko Noda, la présidente du Brésil Dilma Rousseff, le président du Conseil européen Herman Van Rompuy et le président russe Vladimir Poutine (de gauche à droite) au sommet du G20 à Los Cabos.
Le premier ministre japonais yoshihiko Noda, la présidente du Brésil Dilma Rousseff, le président du Conseil européen Herman Van Rompuy et le président russe Vladimir Poutine (de gauche à droite) au sommet du G20 à Los Cabos.
 
 La dotation du FMI va être portée à 456 milliards de dollars, la Chine versant 43 milliards de dollars, et le Brésil, l'Inde, le Mexique et la Russie 10 milliards chacun. Un geste conditionné à la révision des droits de vote.
 Après de multiples discussions, et lors d'un sommet restreint, les grands pays émergents ont dévoilé les montants qu'ils verseront au FMI. L'objectif est de renforcer un «pare-feu» mondial pour voler au secours des pays en difficulté. Une aide ciblée sur la zone euro, la grande malade de la planète, dont les risques de contagion inquiètent les émergents. La Chine contribuera à hauteur de 43 milliards de dollars, tandis que le Brésil, l'Inde, le Mexique et la Russie ont annoncé chacun 10 milliards. L'Arabie saoudite financera 15 milliards de dollars, l'Afrique du Sud 2 milliards, la Colombie 1,5 milliard et la Nouvelle-Zélande un milliard. Depuis décembre, le FMI avait réussi à amasser un pactole de 430 milliards de dollars, dont 150 milliards de la zone euro. Le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso, a rappelé que «l'Union européenne contribuait à hauteur de 56%». Avec les nouvelles contributions précisées à Los Cabos, les ressources du FMI totaliseront 456 milliards de dollars.
Très gros contributeur avec 60 milliards de dollars, le Japon a poussé les émergents à mettre la main au pot. Ils ont posé deux préalables à leur accord: que le FMI soit à court d'argent et qu'il ait mis en œuvre une réforme de 2010 accordant des droits de vote supplémentaires aux pays émergents. L'engagement est pris «étant entendu qu'il ne sera fait appel à ces ressources qu'une fois que les ressources déjà existantes, y compris les nouveaux accords d'emprunt, auront été substantiellement employées», précise le communiqué des émergents.

Plus de droits de vote:

samedi 16 juin 2012

Où sont passés les milliards d'euros d'aide à la Grèce.

Devant le parlement grec, à Athènes.
Devant le parlement grec, à Athènes.


 Seul un dixième environ des 125 milliards d'euros prêtés à la Grèce depuis mai 2010 ont fini dans les caisses de l'État. Le reste a servi à rembourser dans les temps une partie de la dette colossale du pays.



La France, l'Allemagne est les autres partenaires européens de la Grèce ont versé, depuis mai 2010, 125,6 milliards d'euros au pays le plus en difficulté du Vieux continent. À quoi ont servi ces milliards? Principalement à deux choses: rembourser la dette accumulée ces dernières décennies par le pays, et financer le déficit de l'État, c'est-à-dire combler le fossé entre dépenses et recettes.
«L'argent a surtout servi à rembourser la vieille dette qui comblait elle-même les déficits passés», résume Jesus Castillo, économiste chez Natixis. Contactée par Le Figaro.fr, la Commission européenne, qui surveille l'exécution du plan grec, n'a pas été en mesure de donner des précisions sur l'usage de ces sommes à Athènes. Il ressort d'après nos calculs qu'environ un dixième de l'aide a été consacré à combler les caisses vides de l'État. Le reste a été alloué au paiement des intérêts sur la dette, au remboursement des échéances et au renforcement des banques grecques au bord de l'effondrement.

«La troïka se paie essentiellement elle-même»:

lundi 11 juin 2012

Madrid a pour l'instant préservé sa souveraineté.


Le premier ministre espagnol Mariano Rajoy, lors d'une conférence de presse dimanche à Madrid.
Le premier ministre espagnol Mariano Rajoy, lors d'une conférence de presse dimanche à Madrid.
 
 
 DÉCRYPTAGE - L'Espagne espère voir accepter un plan de relance de quelque 100 milliards d'euros tout en restant pleinement aux commandes.
 
 
De l'Europe compliquée, il faut toujours en revenir avec des idées simples. Un fonds de sauvetage européen va donc prêter directement à un fonds public espagnol, lequel recapitalisera les banques dans le besoin. Mais c'est le gouvernement de Madrid en personne qui en a fait la demande et, juridiquement, lui seul sera garant des capitaux avancés. Ils pourraient atteindre 100 milliards d'euros, c'est l'enveloppe promise. Le conditionnel s'impose, car la somme exacte dépendra des missions d'audit bancaire, qui rendront leurs conclusions d'ici à la fin juin.
Un accord international fonctionne comme une auberge espagnole. On n'y trouve que ce qu'on y apporte. Rien n'est fixé à l'avance. Chacun entre avec ses exigences et ressort de la négociation avec quelques concessions.
Le gouvernement Rajoy voulait deux choses, obtenir de l'argent et préserver sa souveraineté. Il s'agissait d'abord de rester maître chez soi dans l'opération de restructuration des banques, alors qu'il n'en avait pas les fonds ni les capacités d'emprunt pour y parvenir. Second desiderata, Madrid refusait impérativement que l'État espagnol soit le réceptacle de l'aide. Cela aurait impliqué des conditions draconiennes inhérentes à tout plan de sauvetage international. Demander à son peuple un surcroît d'austérité alors que les responsables sont les banques et leurs actionnaires lui paraissait inacceptable.

«Le diable est dans les détails»;

Hollande-Merkel : une lutte idéologique sur l'Europe.

La chancelière allemande a une conception libérale et fédéraliste, le Français est un dirigiste pour l'économie et un étatiste en politique.


Que propose François Hollande pour sauver la zone euro? Une solidarité financière accrue et une relance écono­mique collective. Côté finance, c'est ce qu'il ne cesse d'appeler les «eurobonds», quand l'immense majorité des journalistes français ayant le souci de leur langue et de leur outil de travail parle d'«euro-obligations». L'émission en commun, par les 17 États de la zone euro, de titres de dette sur les marchés permettrait aux pays les moins solides de s'endetter à meilleur compte. Quant à la croissance, comme la paix ou la santé, qui saurait s'en désintéresser?
Voilà ce qui apparaît comme du bon sens, «la chose du monde la mieux partagée», disait Descartes pour nommer la «raison», dans sa langue du XVIIe siècle. Vive le rationalisme français! Mais en face, Angela Merkel s'exprime elle aussi dans son arbre généalogique, celui de «l'idéalisme allemand». Et, il faut le reconnaître, le modèle que la chancelière voudrait étendre à l'ensemble de l'Europe repose sur un corps de doctrine puissant. Et il a quelques trophées à son actif qui plaident en sa faveur, depuis la reconstruction d'après guerre et la réunification de 1990.
«L'économie sociale de marché», à laquelle s'identifie l'Allemagne depuis 1945, est souvent présentée en France comme un oxymore, une synthèse heureuse entre le libéralisme anglo-saxon et la solidarité sociale. Les principes directeurs en remontent à 1929. Des universitaires de Fribourg, l'éco­nomiste Walter Eucken et le juriste Hans Grossmann-Doerth entre autres, ont alors cherché une réponse à la crise financière mondiale en inventant un nouvel ordre économique, l'«ordolibéralisme».

Circonscrire la puissance maléfique de tout pouvoir public:

Séoul se prépare à une sortie de la Grèce de la zone euro.


Le président sud-coréen Lee Myung-bak.
Le président sud-coréen Lee Myung-bak.
 
 
 La Corée du Sud prépare des mesures de relance en cas de scénario «catastrophe» à Athènes à l'issue des élections législatives du 17 juin, affirme le président Lee Myung Bak, à une semaine du G20.
 
 
 
Alors que l'Eurozone tergiverse face au précipice grec, la Corée du Sud se prépare au pire. La quatrième économie d'Asie envisage des mesures de relance pour faire face à un scénario catastrophe à Athènes, a déclaré le président Lee Myung-bak, lors d'une interview accordée au Figaro et à quelques médias, ce lundi. «Nous faisons tous les préparatifs nécessaires pour faire face à toute éventualité en Europe, que ce soit en Grèce ou en Espagne», a déclaré le dirigeant conservateur, ancien président de Hyundai Construction.
À la veille des décisives élections grecques du 17 juin qui pourraient pousser Athènes vers une sortie de l'euro, Séoul redoute un nouveau coup dur pour la croissance mondiale alors que ses exportations subissent de plein fouet l'anémie économique de l'UE. La machine à exporter coréenne tousse et a enregistré en janvier son premier déficit commercial depuis deux ans. Ses exportations ont reculé pour le troisième mois consécutif en mai, avec une chute de 16,4% en direction de l'Europe, son second partenaire commercial.
Sous pression, le gouvernement envisage de dégainer bientôt une rallonge budgétaire pour soutenir l'activité, avant les élections présidentielles de décembre. «Nous envisagerons cette option en juin ou juillet en fonction de la façon dont l'eurozone évolue», a prévenu Lee. L'enjeu est de taille pour une économie «accro» au commerce mondial, dont les exportations et importations combinées représentent 97% du PIB.

Sauvetage de 1997: