Le pouvoir iranien a organisé hier des manifestations en sa faveur dans plusieurs villes, tandis que ses opposants n'hésitent plus à s'attaquer aux institutions théocratiques du régime et que son isolement international grandit.
Confronté depuis plusieurs jours à des manifestations de grande ampleur, le pouvoir iranien a essayé hier de reprendre l'initiative en organisant des manifestations en sa faveur dans plusieurs villes. Selon les médias d'Etat, ces défilés auraient rassemblé des dizaines de milliers de personnes. Alors que la crise inquiète les marchés pétroliers, ramenant le cours du pétrole à 79 dollars le baril, au plus haut depuis cinq semaines, et que Barack Obama a diffusé un commentaire déplorant simplement l'arrestation « injuste » de manifestants, l'opposition, pour sa part, n'a organisé aucun rassemblement d'ampleur hier, semble-t-il. Une évolution sensible de ses manifestations se fait jour toutefois depuis la reprise du mouvement début décembre ; les slogans « Mort à la république islamique », très marginaux en juin, lors de la contestation de la réélec tion de Mahmoud Ahmadinejad, sont désormais nombreux, tout comme, ce qui était tabou, ceux visant les institutions théocratiques du régime ou ses principales figures, notamment l'ayatollah Ali Khamenei. Et des manifestants brandissent des drapeaux d'où le nom d'Allah a été enlevé. Le régime a accusé hier les opposants de s'être « alliés aux médias étrangers soutenus par les ennemis de l'Iran ».
Les communiqués de chancelleries dénonçant les agissements des milices, auxquelles s'est joint exceptionnellement Moscou, allié de Téhéran, illustre l'isolement international du régime. La Chine s'est cependant gardée de tout commentaire. Les Etats-Unis ont menacé les banques qui continueraient à faire des affaires avec l'Iran ; Credit Suisse s'est vu infliger une amende record de 536 millions de dollars la semaine dernière pour avoir aidé Téhéran à réaliser des transactions inter dites pendant une décennie, pour un montant de 1,6 milliard. L'Iran s'efforce d'ailleurs de briser cet isolement. Ainsi, selon une source bien informée, une mission secrète de proches de Mahmoud Ahmadinejad avait été dépêchée en Syrie, en octobre dernier, pour persuader Damas de ne pas signer d'accord d'association avec l'Union européenne, car cela aurait conduit à distendre les liens entre ce pays et l'Iran. En échange, Téhéran proposait d'investir dans des raffineries syriennes et de fournir des armes. Damas n'a finalement pas signé l'accord d'association avec les Vingt-Sept.
Durcir les sanctions:
Se profilent par ailleurs de nouvelles discussions au Conseil de sécurité de l'ONU pour durcir un peu plus les sanctions internationales, visant à pousser Téhéran à renoncer à son programme nucléaire, fortement soupçonné de cacher la production d'armes nucléaires. Les Etats-Unis, la France et la Grande-Bretagne pourraient mettre l'accent sur des actions visant les compagnies maritimes commerçant avec l'Iran ou les comptes et entités liés aux gardiens de la révolution. Ces derniers contrôlent un véritable empire économique en Iran, dans le pétrole, le BTP, le transport et les télécommunications.
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