Nicolas Sarkozy réunit ce jeudi matin à l'Élysée tous les acteurs de la dépense publique. Objectif : réfléchir aux moyens de remettre les finances de la France à flot.
Jusqu'à présent, la conférence nationale des finances publiques - la dernière date de mai 2008 - s'était toujours tenue à Bercy. Pour lui donner plus de solennité, et montrer que le gouvernement entend désormais se saisir du sujet à bras-le-corps au plus haut niveau, Nicolas Sarkozy a décidé cette fois-ci de s'en occuper personnellement. Représentants de l'État, des collectivités locales et de la Sécurité sociale se retrouvent ce matin à huis clos à l'Élysée pour «discuter de la méthode et du calendrier pour rétablir l'équilibre des finances publiques».
Maintenant que le pire de la crise est passé - une période marquée par un assèchement des recettes fiscales et une hausse des dépenses publiques pour stimuler la conjoncture -, il faut s'atteler à redresser la situation. Nicolas Sarkozy s'y est engagé auprès des Français et la France auprès de l'exécutif européen. D'ici à 2013, Paris promet de ramener son déficit public sous la barre des 3 % du PIB. Une gageure dans la mesure où ce déficit devrait atteindre 8,2 % à la fin de cette année ! «Après 35 ans de déficit sans interruption», il faut inverser «cette tendance qui est mortelle pour notre pays», a redit François Fillon en début de semaine.
Dans la mesure où, pour l'instant, Nicolas Sarkozy exclut toute hausse des prélèvements, la France n'a d'autres choix que de cesser d'être la championne des dépenses publiques. À l'issue de la conférence prévue ce jeudi, des groupes de travail sur des sujets thématiques (les dépenses maladie, le déficit de l'État, etc.) seront constitués pour déterminer les moyens de contenir la dépense à tous les niveaux. Ils devront remettre leur copie en avril, date à laquelle se tiendra une nouvelle conférence, qui, cette fois-ci, débouchera sur des décisions concrètes.
Quelles qu'elles soient, il faudra faire «un effort considérable», a déjà prévenu le ministre du Budget, Éric Woerth. Et pas seulement du côté de l'État. Nicolas Sarkozy ne manquera pas de souligner ce jeudi la dérive des comptes sociaux. Et de pointer du doigt les dépenses des collectivités. Certes, ces dernières ne contribuent que faiblement à la dégradation des comptes, mais la progression de leurs dépenses dépasse largement les 3 %.
Certains d'être attaqués jeudi, les élus tiennent leur réponse en une phrase : l'exécutif leur a transféré des responsabilités qu'elles doivent désormais financer. Mais leur réponse est aussi d'ordre politique, les élus locaux de gauche ayant décidé de boycotter la conférence. Les maires socialistes, ainsi que l'Association des régions de France (ARF) et l'Association des départements de France (ADF), toutes deux présidées par des élus PS, la considèrent comme «une manœuvre» de Nicolas Sarkozy avant les élections. Le consensus, sur cette question, n'est pas encore en vue.

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