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lundi 18 janvier 2010

TGV : la SNCF remet à plat sa stratégie.


Les lignes en direction de Strasbourg et ne passant pas par Paris devraient subir des changements.
La baisse de fréquentation de certaines lignes obligerait à des réductions de trains voire des annulations selon les Echos. Les lignes nord-est et est-Atlantique sont particulièrement concernées.


Tout remettre à plat. C'est ce que prévoit la SNCF selon les Echos de ce lundi. Le journal croit savoir que le budget 2010, qui sera examiné ce mercredi lors d'un conseil d'administration, redistribue les cartes des tracés de certaines lignes TGV jugées peu rentables. La branche «grande lignes» SNCF Voyages devrait voir sa marge opérationnelle revenir de 20,1% il y a deux ans à 10,2% cette année. Le chiffre d'affaires aurait déjà reculé de 1,4% en 2009 alors que le groupe enregistrait une croissance de 8% en 2008. Près de 20% des TGV généreraient des pertes. Certaines lignes sont donc dans le viseur de la SNCF qui prévoit d'en réduire drastiquement l'offre.
Avec la ligne Paris-Arras, est concerné l'ensemble des lignes qui ne passe pas par Paris pour rejoindre les régions entre elles. Plus particulièrement, les lignes Bordeaux-Strasbourg, Nantes-Strasbourg et Lille-Strasbourg devraient subir un service minimum. Les changements devraient être opérés dès décembre 2010.

Grève en vue:
Cette restructuration s'appuie sur un recul du taux de fréquentation des TGV. Globalement, celui-ci s'acheminerait vers 75% contre un record de 77% en 2008. Dans son budget, la SNCF envisage une baisse de 3,6% du nombre de voyageurs transportés sur ses lignes TGV alors que la compagnie doit recevoir 15 nouvelles rames à deux niveaux et 8 TER.
Ces perspectives pessimistes inquiètent les syndicats. Selon ces derniers, il n'y a pas que les TGV qui feront l'objet d'une réorganisation. Selon eux, le budget 2010 prévoit 3.600 suppressions de postes alors que la direction parle de 1.400. La CGT-cheminots appelle les fonctionnaires à se joindre au mouvement national du 21 janvier. Ils lancent également un appel à la grève pour le mercredi 3 février prochain. La CFDT-FGAAC et Sud-Rail donneront leur positon cette semaine.
«Pas de suppression de dessertes»
Face à ces informations, la SNCF n'a pas tardé à réagir. Dans un communiqué, le groupe tente de rassurer les utilisateurs: «Il n'y a pas de plan de suppression de dessertes». La direction fait même valoir que «l'offre en parcours TGV augmentera de l'ordre de + 1% en 2010 sur un total de 800 TGV en moyenne qui circulent chaque jour».
Mais le document ne nie pas catégoriquement la suppression de certaines lignes, sans indiquer lesquelles. Le groupe explique que le budget, «comme chaque année», prévoit «des créations et des suppressions de dessertes TGV». Le groupe admet à demi-mot que «dans le cadre des réflexions en cours sur le modèle économique des TGV à plus long terme, des travaux plus poussés d'évolution de l'offre TGV sont engagés».
Dans son projet de budget 2010, la SNCF écrit noir sur blanc que «la branche Voyages prévoit d'engager une refonte plus profonde à compter du service 2011, en particulier sur les relations Paris-Arras, Nord-Est et Est-Atlantique».
«Ce n'est pas une méthode acceptable»
Fabienne Keller, ancienne maire de Strasbourg et sénatrice UMP du Bas-Rhin, particulièrement concernée, a réagi avec «colère» à l'annonce d'une éventuelle refonte du réseau de TGV. «Ce n'est pas une méthode acceptable: la construction de la ligne TGV a été financée largement par les collectivités. Une refonte des dessertes, qui figurent dans la déclaration d'utilité publique, n'est pas acceptable sans une concertation approfondie avec les Régions et les métropoles concernées», affirme-t-elle. «L'argument des tarifs des sillons est irrecevable. Les investissements sont financés largement par les contribuables alsaciens, leur utilité doit tenir compte de cet investissement initial considérable», a-t-elle ajouté.
Selon elle, si la SNCF perd des clients, c'est d'abord à cause de sa politique de tarification. «Des tarifs excessifs en particulier en fin de semaine et en heure de pointe ont découragé des utilisateurs privilégiés tels les étudiants ou les personnes travaillant régulièrement entre deux villes», estime-t-elle.

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