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samedi 5 mars 2011

Ravitailleurs américains : EADS accepte sa défaite face à Boeing.

La Direction d'EADS a annoncé qu'elle ne fera pas appel de la décision du Pentagone d'attribuer à Boeing l'appel d'offres des avions ravitailleurs américains.


« The End ». La Direction d'EADS a annoncé qu'elle ne fera pas appel de la décision du Pentagone d'attribuer à Boeing l'appel d'offres des avions ravitailleurs américains. Une semaine après le choix du vainqueur de cette compétition très politique, le groupe aéronautique européen entérine donc sa défaite définitive face à son rival américain. Ce dernier peut savourer sa victoire, lui qui a du s'y reprendre à trois fois depuis 2001 pour emporter un contrat de 179 appareils évalué à une trentaine de milliards de dollars.
Outre la perspective de sauver sa chaîne de 767, le groupe américain va pouvoir en tirer un avantage immédiat puisque la première tranche du contrat va faire rentrer 3,5 milliards de dollars dans les caisses rapidement. La somme inclut le développement et la production des 18 premiers exemplaires en 2017. Une version cargo serait même à l'étude. Reste à savoir si, à l'arrivée, l'affaire sera aussi juteuse qu'espérée du côté de Chicago, au siège de Boeing. Car dans l'entourage d'EADS ou d'Airbus, on ne se prive pas de dire que la victoire a été acquise au détriment de la marge.
Tel que conçu, l'appel d'offres prévoyait que si les propositions présentaient un écart de prix de plus d'1 %, le Pentagone devait appliquer une série de critères supplémentaires pour départager les deux concurrents (« Les Echos » du 28 février). Tel n'ayant pas été le cas, le moins disant l'a donc emporté. « Où bien ils ont sacrifié leurs marges, ou bien on ne sait plus faire d'offres », réagissait, courroucé, il y a quelques jours un des cadres d'EADS.
Du côté de Toulouse, on ajoute que la version du 767 choisie par l'armée américaine va nécessiter une importante modernisation, avec tous les risques financiers que cela suppose. Ce sont autant d'ingénieurs que Boeing ne pourra pas mobiliser pour plancher sur l'évolution de son 737, alors qu'en face, l'A320 Neo connaît un début en fanfare quelques semaines après son lancement commercial.
Réaction de dépit ? L'avenir tranchera. En attendant, EADS a au moins gagné sur un tableau. En acceptant de participer seul à la dernière mouture de l'appel d'offres des ravitailleurs, après que son partenaire Northrop Gumman a décidé de lâcher prise, la filiale nord américaine du groupe européen, a sans doute obtenu d'être considérée par le Pentagone comme l'égal de ses rivaux américains. Même si cela ne se traduit pas encore en chiffre d'affaires.

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