Les lieux de mémoire ont réalisé un chiffre d'affaires de 45 millions d'euros en 2010.
Cimetière américain de Colleville au cœur d'Omaha Beach, ossuaire de
Douaumont près de Verdun, nécropole de Notre-Dame de Lorette dans le Pas
de Calais… Théâtres de combat et lieux de mémoire des deux guerres
mondiales suscitent toujours beaucoup d'intérêt. Au-delà de
l'anniversaire du débarquement en Normandie, de la commémoration de
l'Armistice, la période estivale est propice au culte du souvenir.
Une
étude publiée par le ministère de la Défense révèle que l'an dernier,
6,2 millions de Français et d'étrangers ont visité les 185 principaux
sites de l'Hexagone, situés essentiellement entre la Normandie et
l'Alsace.
Entre Histoire et recueillement, ce tourisme de
mémoire est aujourd'hui un secteur d'activité à part entière qui a
généré directement, en 2010, un chiffre d'affaires de 45 millions
d'euros. Cette exploitation commerciale du souvenir, destinée à
entretenir lieux et bâtiments ou à mettre en scène les événements
relatés, est récente : dans 25 % des cas, elle a débuté après l'an 2000
et pour 80 % des sites après 1980.
Les gestionnaires des sites
ayant répondu à l'enquête menée par l'agence Atout France ont annoncé un
investissement annuel moyen de l'ordre de 20 000 euros. L'impact sur
l'emploi local est réel : un millier d'emplois équivalents temps plein
ont été comptabilisés et un millier de bénévoles ont été recensés.
Centenaire de la Première guerre :Le
devoir de mémoire ne se dément pas : un bon tiers des responsables des
sites envisage d'ailleurs l'avenir avec optimisme. Déjà, ils attirent
aujourd'hui plus de monde qu'il y a cinq ans (+3,5 %). Et «la tendance
devrait connaître une montée en puissance avec le centenaire en 2014 du
début de la Première Guerre mondiale, e xplique Joseph Zimet, adjoint au
directeur du patrimoine et des archives au ministère de la Défense. De
plus, les événements s'étaleront sur quatre ans au gré de l'engagement
des différents pays dans le conflit» .
Les visiteurs se
concentrent en fait aux mêmes endroits : les 17 principaux sites de
pèlerinage à proximité des plages du Débarquement ou les champs de
bataille de la Première Guerre mondiale, ont attiré à eux seuls
4 millions de personnes, dont 2,7 millions d'étrangers.
Les
experts ont noté que la typologie des touristes n'était pas la même en
fonction des lieux concernés. En effet, les théâtres de combats de la
Grande Guerre attirent plutôt des familles, essentiellement françaises,
alors que les cimetières de Normandie sont fréquentés par une plus
grande proportion de touristes étrangers, américains, allemands,
canadiens ou polonais.
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