
Les dentistes devront indiquer la provenance des couronnes ou bridges et aussi établir un devis comportant le prix de leur prestation et le prix de vente de la prothèse.
Il efface deux mesures votées il y a deux ans et jamais appliquées: l'obligation pour les généralistes de zones denses de donner un coup de main à leurs confrères de campagne ou de banlieue débordés, sous peine d'une amende de 3000 euros par an, et l'obligation de déclarer leurs congés. Il s'agissait de deux innovations pour lutter contre les déserts médicaux. Mais Xavier Bertrand, successeur de Roselyne Bachelot à la Santé, est revenu à la ligne directrice qu'il avait fixée lorsqu'il était… son prédécesseur: inciter, oui; obliger, non. Outre ces deux points, la loi comporte diverses dispositions dont certaines ont été amendées, supprimées et/ou réintroduites.
• Transparence partielle sur les prothèses dentaires:
Les dentistes devront indiquer la provenance des couronnes ou bridges qu'ils comptent poser pour que le patient sache si sa prothèse a été fabriquée en Europe ou en Chine. Les dentistes devront aussi établir un devis comportant le prix de leur prestation et le prix de vente de la prothèse. Il établira cette distinction librement: pour un total de 1000 euros, il pourra estimer que la prothèse vaut 300 euros et son travail 700, ou que la prothèse vaut 600 et sa prestation 400.
Des associations souhaitaient que soit plutôt mentionné le prix d'achat de la prothèse. Mais les dentistes, qui ont du mal à expliquer que leur expertise et leur temps pèsent plus dans le prix que la prothèse, et qu'ils ne se contentent pas de faire la «culbute» sur une opération d'achat-revente, ont réussi à l'éviter.
• Mutuelles: des réseaux de soins «ouverts»:
Les
mutuelles ont obtenu la possibilité, déjà offerte aux assureurs, de
mieux rembourser leurs adhérents quand ils s'adressent à des
professionnels avec lesquels elles ont passé un contrat. À ceci près que
ces réseaux de soins devront être «ouverts»: tous les professionnels
pourront donc y adhérer. Cela ne changera pas grand-chose pour les
professions à effectifs insuffisants: quel intérêt pour une mutuelle de
«se priver» de médecins déjà rares? Mais dans les domaines en expansion,
pratiquer une sélection est une façon de faire baisser les prix.
• Responsabilité civile des spécialités «à risque»:
Un
fonds public est créé pour couvrir tous les professionnels de santé
libéraux condamnés à des dommages et intérêts dépassant le plafond de
leur assurance -qui devrait être fixé réglementairement autour de
8 millions d'euros. Ceux qui ont cessé leur activité et ne sont plus
assurés seront aussi couverts. Sont concernés au premier chef les
chirurgiens, les anesthésistes et les obstétriciens mais aussi tous les
professionnels libéraux (médecins, kinés, infirmiers, podologues…) qui
devront donc tous y cotiser.
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