Déposée par l'opposition travailliste, la motion avait obtenu le soutien du vice-président libéral-démocrate Nick Clegg puis du premier ministre conservateur David Cameron. Ce dernier avait indiqué mercredi matin : «Ce qui s'est passé dans le groupe est honteux. Cela doit être réglé à tous les niveaux et ils devraient arrêter de penser à des fusions tant qu'ils doivent mettre de l'ordre dans la pagaille qu'ils ont créée.»
Face à ce front uni, le groupe de News Corp. a préféré se rendre à l'évidence. «Nous pensons que le rachat proposé de BSkyB par News Corporation bénéficierait aux deux sociétés, mais il est devenu clair qu'il est trop difficile de progresser dans ce climat», a résumé, dans un communiqué, le numéro deux du groupe, Chase Carey. News Corp. n'exclut pas de faire une autre offre ultérieurement. «Nous saluons la nouvelle», a déclaré aussitôt un porte-parole de David Cameron, tandis que Nick Clegg estimait la décision «décente et responsable».
L'opération avait déjà un coup dans l'aile depuis le début des révélations sur les écoutes illégales commanditées par le tabloïd News of the World, filiale de l'empire Murdoch, début juillet. En dix jours, la valorisation de BSkyB a perdu 3 milliards de livres sterling. L'offre de News Corp. portait sur l'acquisition des 60,9 % du capital qu'il ne possédait pas encore dans le bouquet de chaînes satellitaires pour près de 8 milliards de livres (9 milliards d'euros).
Enquête aux États-Unis :L'opération devait sécuriser un actif précieux pour le groupe News Corp., alors que Rupert Murdoch, 80 ans, pose les jalons de sa succession. Son échec signe un nouveau camouflet pour James Murdoch, récemment sacré numéro trois du groupe, dans l'œil du cyclone en tant que patron des activités européennes de News Corp. Par ailleurs, News Corp. devra payer un dédit de 38,5 millions de livres à BSkyB. Ce dernier a pris acte de la décision de News Corp. et affirmé être confiant dans son potentiel de croissance.
Après la fermeture de News of the World le week-end dernier, c'est un deuxième coup sévère porté à l'empire Murdoch par le scandale des écoutes téléphoniques. Pour autant, il n'est pas certain que cela suffise à limiter la casse. En effet, le scandale pourrait maintenant gagner les États-Unis, où des victimes du 11-Septembre auraient pu faire l'objet d'écoutes.
Le sénateur Jay Rockefeller, à la tête de la commission du commerce du Sénat, s'est déjà emparé du sujet, invitant les autorités compétentes à vérifier si la loi américaine avait été enfreinte. Une enquête qui peut être lourde de conséquences alors que News Corp. contrôle aux États-Unis le quotidien économique Wall Street Journal, les studios de cinéma 20th Century Fox et le réseau de télévision Fox.

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