Note: Nicolas Sarkozy vise l'équilibre des finances publiques en 2016, François Hollande en 2017.
Romain Lucazeau, chargé de mission à l'Institut de l'entreprise, détaille les mécanismes à l'œuvre dans le banc d'essai des programmes.
Our site. - Pourquoi soumettre les programmes des candidats à ce banc d'essai?
Romain LUCAZEAU. - Même si, par rapport à la campagne présidentielle de 2007, les programmes des deux principaux candidats sont plus précis, ils présentent encore des zones d'ombre et se fondent sur des scénarios économiques un peu différents. Cela rend les comparaisons difficiles. Nous avons donc essayé de leur appliquer les mêmes variables économiques: taux de croissance, inflation, taux de chômage, d'ici à 2017. Nous voulions également découvrir ce qu'il advenait des finances publiques si les programmes étaient appliqués avec, notamment, une croissance moindre que celle prévue par les candidats, par exemple celle que la France a connue, en moyenne, ces dix dernières années.
À l'origine, ce type d'exercice est appliqué par les autorités financières aux banques. Ces dernières sont soumises à des scénarios économiques dégradés, pour évaluer leur résistance en cas de crise économique. Nous utilisons une méthode similaire pour tester les capacités des candidats à atteindre leur objectif affiché (zéro déficit en 2016 pour Nicolas Sarkozy, en 2017 pour François Hollande).
Mais, en cas de crise, un candidat peut toujours abandonner son programme initial…
Tout à fait. Nous testons la résistance de leur feuille de route, telle que définie pendant la campagne électorale, à une situation moins favorable que celle qu'ils anticipent . Nous évaluons les promesses d'aujourd'hui et ne préjugeons pas des réactions du futur président en cas d'aléas.
Comment fonctionne ce modèle?
Nous partons des socles des programmes des candidats (par exemple le taux de croissance, le niveau des prélèvements obligatoires et des dépenses publiques…) et par rapport auxquels ils ont construit leurs propositions. Ces hypothèses sont publiques et ont été élaborées par leurs équipes de campagne. Nous déterminons comment le déficit et la dette évoluent si on change certains paramètres, sur la base de données et de rapports publics, de l'Insee, de la Cour des comptes et de Bercy. Le détail de notre méthodologie est consultable sur notre site Internet.
Comment pouvez-vous garantir l'objectivité de votre démarche?
Nous avons soumis les programmes des candidats aux mêmes contraintes: même inflation, même croissance, même dérive des dépenses de l'État ou de l'assurance-maladie, etc. Les écarts entre résultats s'expliquent par les divergences entre les programmes eux-mêmes. La stratégie de désendettement des deux candidats repose sur à la fois sur la croissance, des hausses d'impôts et des économies budgétaires. Mais Nicolas Sarkozy et François Hollande n'entendent pas utiliser ces leviers dans les mêmes proportions. Leurs programmes ne réagissent donc pas de la même manière à un changement de paramètres.
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