
Mariano Rajoy, à Madrid le 18 mai.
Le premier ministre Mariano Rajoy rencontre François Hollande mercredi à Paris.
Le gouvernement espagnol a dévoilé ce lundi le nom des deux cabinets de conseil chargés d'auditer l'ensemble des banques du pays. L'allemand Roland Berger et l'américain Oliver Wyman devront, en un mois, passer au peigne fin les comptes des établissements de crédit et tester leur résistance «face à un scénario adverse».
Une deuxième phase évaluera la qualité des actifs des banques et l'importance de leurs provisions. Pour Madrid, il s'agit d'une concession faite à ses partenaires européens et destinée à éviter ce que le gouvernement considère comme le pire des scénarios: un appel aux fonds européens pour recapitaliser ses banques.
Bankia inquiète toujours:
Car la proposition de François Hollande a été rejetée sans équivoque par les autorités espagnoles. À l'idée du président de la République de mobiliser «les mécanismes de solidarité européenne» - autrement dit le Fonds de stabilité financière - pour injecter des capitaux, le chef de l'exécutif espagnol a opposé une fin de non-recevoir. «M. Hollande ne connaît pas la situation des banques espagnoles!», a répondu Mariano Rajoy.L'argument de Madrid est que l'Espagne peut sauver ses banques seule. Tout dépend des besoins de capitaux. Pour provisionner leurs crédits immobiliers à hauteur des 30 milliards exigés du gouvernement, les banques auraient besoin de «moins de 15 milliards d'euros» d'aide publique, selon le ministre de l'Économie.
Ce calcul, toutefois, n'a pas été détaillé et le chiffre reste soumis à caution. Certains experts évaluent à 100 milliards d'euros le besoin de recapitalisation des banques. Pour Eduardo Martinez Abascal, professeur de managament financier, «un sauvetage des banques espagnoles nécessiterait 70 milliards d'euros, dans le pire des cas».
En Espagne, Bankia concentre toutes les peurs. Malgré l'annonce de sa nationalisation, la quatrième banque du pays a entraîné la Bourse de Madrid dans une chute historique la semaine dernière. Guindos a considéré ce lundi que Bankia pourrait avoir besoin d'entre 7 et 7,5 milliards d'euros pour remplir ses objectifs de provisionnement. La banque a déjà reçu 4,46 milliards d'euros de prêts publics transformés en participations.
En s'opposant à une aide extérieure, Madrid défend sa souveraineté. Une intervention limiterait la marge de manœuvre politique de l'Espagne face aux représentants des prêteurs européens, une option que le gouvernement refuse d'envisager.
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