La filiale spatiale d'EADS, qui a la maîtrise d'œuvre de la fusée Ariane, se transforme en profondeur tout en se globalisant.
2012, année pivot dans l'histoire d'Astrium. Accélération à l'international et montée en puissance dans les services: la filiale spatiale d'EADS a mené les deux de front. Cela, dans un environnement «pas si facile que cela», selon l'expression de François Auque, son PDG. Sous sa houlette, le constructeur européen de lanceurs spatiaux et de satellites se transforme en un groupe international, apporteur de solutions spatiales globales.
En 2012, la société a créé plusieurs filiales à l'étranger aux États-Unis, au Brésil ainsi qu'un Singapour. Elle a aussi signé un accord de joint-venture en Russie avec RSC Energia, pour développer des satellites et des équipements spatiaux, et elle a pris une participation majoritaire dans l'italienne Space Engineering.
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Coup d'accélérateur aux États-Unis:
Astrium,
qui se définit comme «première société spatiale européenne avec un
chiffre d'affaires de près de 6 milliards d'euros», a trouvé l'an
dernier un nouvel équilibre entre le transport spatial (Ariane 5), les
satellites ainsi que les services. «Nous sommes les seuls en Europe et
dans le monde à être présents sur l'ensemble des activités spatiales.
Grosso modo, chacune pèse environ 2 milliards d'euros», a expliqué
François Auque, ce lundi lors de ses vœux à la presse.
Ce nouvel équilibre provient essentiellement de l'acquisition en août 2011 de l'américain Vizada,
fournisseur de services de télécoms mobiles et fixes par satellite avec
des positions de leader mondial notamment dans le secteur maritime.
L'intégration de Vizada a donné un coup d'accélérateur au développement
aux États-Unis. Le groupe y a déjà remporté plusieurs beaux contrats,
notamment avec Lockheed Martin pour équiper le satellite Jabiro-1 de
récepteurs en bande Ku (bande attribuée aux services de radiodiffusion
par satellite), ou encore auprès de la Nasa pour livrer deux satellites
de mesure du champ gravitationnel à partir de 2017.
Fournisseur de
satellites et de services, Astrium n'a pas percé sur le marché
américain du transport spatial. En août dernier, l'offre portée par ATK,
maître d'œuvre, Lockheed Martin, fournisseur de la capsule, et Astrium
de l'étage cryogénique, n'avait pas été retenue par la Nasa pour
concevoir Liberty Bell, le successeur de la navette américaine. L'agence
américaine a en revanche attribué pour plus d'un milliard d'euros de
subvention à trois sociétés américaines: Boeing, SpaceX et Sierra
Nevada.
Coopération avec Singapour dans le vol orbital:
Pour
autant, François Auque ne s'avoue pas vaincu. Sa devise
outre-Atlantique est simple: «never surrender!» (NDLR: ne jamais
abandonner). «Travailler avec ATK a été extraordinaire. Je continue à
penser que notre système est moins coûteux pour le client. Aussi, nous
continuons à rencontrer les responsables de l'Air Force avec Sean
O'Keefe, le président d'EADS America et nous leur expliquons notre
projet», développe le PDG d'Astrium.
Autre projet de longue
haleine: le développement d'un avion suborbital. Le projet présenté en
2007 suit son cours dans le cadre d'une coopération avec l'Economie
Developement Board of Singapour et le fabricant Hope Technic. L'objectif
est de construire un démonstrateur technologique d'ici à quelques
années. «À côté du tourisme spatial qui est une des applications du vol
suborbital, nous explorons d'autres pistes», a souligné François Auque.

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