
«Ce qui nous a révolté, à la vue de ce rapport journalier, c'est que cet enquêteur va jusqu'à proposer aux gens de voler», s'indigne Denis Lauxire, secrétaire général de la CFDT services de la Gironde.
Selon la CFDT, qui a porté plainte, un enquêteur privé se serait inflitré dans un magasin girondin, poussant parfois les salariés à fauter.
Le secteur de l'aménagement de la maison à nouveau confronté à un scandale d'espionnage? Après Ikea,
c'est au tour de Castorama d'être soupçonné de surveillance illégale de
ses salariés, sur son site de Villenave d'Ornon, dans le département de
la Gironde. La CFDT a annoncé vendredi dernier avoir déposé une plainte
contre X auprès du tribunal de grande instance de Bordeaux, sur le
fondement d'un rapport de surveillance dont elle a obtenu copie.
Emanant d'une société de sécurité privée, la SIPIC - pour société d'investigation et de protection industrielle et commerciale -, ce rapport constitue le journal de bord d'un enquêteur de cette société, qui s'est fait passer pour un salarié de Castorama du mois de décembre 2011 à la mi-mars 2012. «Ce qui nous a révolté, à la vue de ce rapport journalier, c'est que cet enquêteur va jusqu'à proposer aux gens de voler. Il les a même incité!», s'indigne Denis Lauxire, secrétaire général de la CFDT services de la Gironde.
Emanant d'une société de sécurité privée, la SIPIC - pour société d'investigation et de protection industrielle et commerciale -, ce rapport constitue le journal de bord d'un enquêteur de cette société, qui s'est fait passer pour un salarié de Castorama du mois de décembre 2011 à la mi-mars 2012. «Ce qui nous a révolté, à la vue de ce rapport journalier, c'est que cet enquêteur va jusqu'à proposer aux gens de voler. Il les a même incité!», s'indigne Denis Lauxire, secrétaire général de la CFDT services de la Gironde.
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«T'inquiète, y a pas de risque»:
Dans
son rapport d'activité, l'enquêteur affirme en effet «travailler» ses
collègues du magasin pour obtenir des aveux. «J'essaie tant bien que mal
de préparer le terrain, en lui parlant de mon nouvel appartement et du
fait que j'ai besoin de matériel mais que je n'ai pas le budget. Tout
ceci semble lui passer au-dessus. Au vu de ses réactions il va m'être
difficile de le faire parler mais je vais continuer à le travailler»,
écrit par exemple l'agent dans ce rapport.
Un peu plus loin, il
pousse carrément l'un de ses collègues à la faute: «“Tout ce qui est
petit, je me débrouille, mais là il faut qu'on fasse un coup tous les
deux”. Il me coupe brutalement et me dit: “Je marche pas dans tes
embrouilles, laisse tomber”. J'insiste encore: “Allez, t'inquiète, y a
pas de risque...”», retranscrit encore le rapport d'activité.
«Heureusement, personne n'a mordu à l'hameçon», soupire Denis Lauxire.
Principe de loyauté:
S'il
était avéré, le système de surveillance décrit dans le rapport serait
clairement illégal. «En matière de surveillance, la limite est simple:
l'employeur doit se montrer loyal envers son salarié et le tenir au
courant des modes de contrôle mis en place. Si l'employeur installe des
caméras, il doit en informer ses salariés, sans quoi les images filmées
n'auront aucune valeur de preuve», explique Bertrand Salmon, avocat en
droit social et associé au sein du cabinet Cornet Vincent Ségurel. Tout
stratagème visant à piéger les salariés devrait ainsi être invalidé par
la justice.
Ni le dirigeant actuel du magasin Castorama de
Villenave d'Ornon - arrivé après les faits -, ni la direction centrale
du groupe, n'ont souhaité ce lundi commenter les accusations de la CFDT.
La centrale syndicale soupçonne de son côté la direction générale
d'être le commanditaire du rapport. «D'après celui-ci, il n'est pas
facile de déterminer si le directeur du magasin de l'époque était au
courant de ce système. L'ordre semble toutefois provenir d'un niveau
plus élevé de l'entreprise. Et si c'est le cas, il est probable que le
magasin de Villenave d'Ornon ne soit pas le seul à avoir été surveillé»,
estime le délégué syndical.
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