Assemblage de la Ford Fiesta à Cologne.
Le directeur financier du groupe automobile estime que la restructuration du secteur en Europe ne fait que commencer.
«Les mesures difficiles commencent tout juste»: voilà de quoi
inquiéter les salariés des constructeurs automobiles présents en Europe,
et en particulier ceux de Renault
et de PSA, qui ont débrayé mardi contre les mesures de restructuration
annoncées cette année. Dans un entretien à l'AFP, le directeur financier
de Ford, Bob
Shanks, anticipe un avenir sombre pour le secteur sur le Vieux
Continent. Selon le constructeur, qui a publié mardi une perte de 1,75
milliard de dollars en Europe l'année dernière supérieure à l'estimation
donnée cet automne (1,5 milliard), la restructuration du secteur
automobile dans cette zone «ne fait que débuter».
«Il est possible
de restructurer le secteur en Europe mais cela nécessitera probablement
de réduire le nombre d'employés, car il y a des capacités de production
excessives», explique-t-il. Ford prévoit d'y fermer trois usines et de
réduire ses capacité de 18%, pour réaliser 500 millions de dollars
d'économie par an. L'objectif est de parvenir à «un meilleur équilibre
entre la production et la vraie demande, pas une demande artificielle»
générée par des promotions qui réduisent les marges, souligne le
constructeur américain.
-->
«Manque de volonté des gouvernements»:
Les
dirigeants des groupes automobiles tablent tous sur un marché européen
en berne ces prochains trimestres. Ford anticipe pour 2013 des pertes
supérieures à celles de 2012, de l'ordre de 2 milliards de dollars.
Quant à Renault, son PDG, Carlos Ghosn, a estimé mardi que les ventes
européennes ne progresseraient pas au cours des trois ou quatre
prochaines années. Un constat d'autant plus préoccupant que les marges y
sont faibles, du fait d'une concurrence très forte. «La machine est
cassée», a ainsi jugé le directeur général de Fiat lors du récent salon
automobile de Detroit, Sergio Marchionne.
Pour mener à bien les
réorganisations qu'il juge nécessaires pour le secteur, Bob Shanks
déplore de surcroît «un manque de volonté et de capacité de la part de
beaucoup d'acteurs, à la fois gouvernements ou entreprises, à prendre
les mesures nécessaires pour créer un environnement sain pour le
secteur». En France, le ministre du Redressement productif, Arnaud
Montebourg, a par exemple obtenu de Renault l'engagement qu'il ne fermera aucun site de production, alors même que le groupe tente actuellement de négocier avec les syndicats des mesures qui amélioreraient sa compétitivité.
Le directeur général de Fiat,
Sergio Marchionne,a dressé un constat similaire. l'Italien doute que
l'Europe soit capable de mener une restructuration aussi drastique que
celle qu'a connue le secteur automobile américain ces dernières années,
et qui lui permet aujourd'hui d'être dynamique. Pour un spécialiste du
secteur cité par Reuters, Ford a par exemple réduit ses capacités
production en Amérique du Nord de plus de 20% entre 2006 et 2009. Sa
politique de hausse des prix a aussi contribué à la hausse des
résultats.
Bourse:
FIAT
4,66€ +0,65%

Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire