La crise ralentit les flux de capitaux à destination de la Chine, qui reste cependant la première destination des investissements dans le monde.
La Chine perdrait-elle de son attrait? Les investissements directs étrangers
à destination de l'Empire du milieu ont reculé, pour la première fois
en trois ans, l'an dernier, avec 111,7 milliards de dollars placés en
2012, contre 116 milliards l'année précédente, soit 3,7% de moins. La
baisse s'est même accélérée en décembre avec 4,5% d'investissements
directs en moins, par rapport à la même période en 2011.
La
République populaire n'a cependant pas complètement perdu son pouvoir
d'attraction puisqu'elle reste la première destination des
investissements dans le monde. En revanche, la crise qui touche
plusieurs parties du globe met les entreprises sous tension. Les flux de
capitaux en provenance de l'Europe ont ainsi baissé 3,8%, à 6,1
milliards de dollars, et ceux venant d'Asie de 4,8%. Avec 95,7 milliards
de dollars, le continent asiatique demeure pourtant le premier
investisseur étranger en Chine. Les États-Unis ont investi, de leur
côté, 4,5% de plus qu'en 2011.
La Chine n'entend pas se fermer au
monde. «Nous encourageons toujours activement l'investissement
étranger», a ainsi tenu à rappeler Shen Danyang, porte-parole du
Ministère du Commerce, qui publiait ces chiffres mercredi.
Dans le secteur financier notamment, Pékin cherche à attirer davantage d'acteurs étrangers. «Je pense que nous pouvons décupler le montant autorisé
investi par les étrangers sur la Bourse chinoise», a ainsi déclaré
lundi Guo Shuqing, directeur de la China Securities Regulatory
Commission (CSRC), gendarme des marchés chinois.
Les investisseurs
institutionnels étrangers, appelés dans le jargon des affaires QFII
(Qualified Foreign Institutional Investor), seuls autorisés à investir
sur le marché boursier, en actions, obligations et dépôts bancaires,
sont aujourd'hui limités à 80 milliards de dollars. Un plafond déjà
relevé en juin de 50 milliards de dollars, tandis qu'en juillet dernier,
la CSRC relevait la limite de participation des sociétés étrangères
dans les entreprises chinoises cotées de 20% à 30%. L'assouplissement de
la réglementation vise à préserver l'intérêt des multinationales pour
la Chine, alors que Pékin entend maintenir son taux de croissance, entre
autres, grâce à l'investissement.
Les entreprises chinoises, de
leur côté, intensifient leurs liens avec le reste du monde. Elles ont
investi 77 milliards de dollars hors de leurs frontières en 2012. Un
chiffre en hausse de près de 29%.
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