L'immobilier locatif et les fonds en euros de l'assurance-vie sont les deux placements les plus utilisés pour préparer la retraite. Mais que faire face à des rendements toujours plus faibles ?
Les Français savent qu'ils devront épargner pour s'assurer une retraite
confortable. Une poire pour la soif à côté des régimes par répartition.
Les cadres qui feront face à une chute d'environ 50 % de leurs revenus
sont en première ligne, mais ils ne sont pas les seuls. Les professions
libérales ou les commerçants sont depuis longtemps habitués à épargner.
Dans son dernier livre, Sauvez votre retraite!,
Marc Fiorentino met les pieds dans le plat. «Le plus sûr moyen de
sauver votre retraite, c'est de vous constituer une épargne, au prix de
sacrifices si nécessaire.» Il recommande de prélever tous les mois 10 %
de son revenu net pour se constituer un patrimoine.
Épargner,
d'accord, mais comment? L'immobilier locatif et les fonds en euros de
l'assurance-vie sont les deux placements les plus utilisés pour préparer
la retraite. Mais ces formules jusqu'ici payantes vont-elles le rester?
L'alourdissement de la fiscalité sur le capital et la baisse des taux
compliquent singulièrement la donne pour les particuliers car l'épargne
qu'ils placent «grossit» bien plus lentement qu'autrefois.
Les
taux de rendement de l'assurance-vie qui viennent d'être publiés sont
encore corrects, même s'ils ont fléchi. Mardi, le taux annoncé par
l'Afer a même été une très bonne surprise. Le contrat a rapporté 3,45 %
(contre 3,43 % l'an denier). La Maaf a
réussi à maintenir le même rendement qu'en 2011 (3,20 %) mais la
plupart des compagnies annoncent des taux en recul de 0,10 % à 0,20 %.
Cela n'empêche pas les meilleures de camper au-dessus des 3 %: 3,50 % à
la MACSF, 3,33 % ou 3,21 % à SMAvie BTP selon les contrats, 3,40 % ou
3,15 % à la Matmut, 3,05 % à la GMF…
Certains hésitent: Axa
France est passé sous les 3 % (2,90 %), mais offre un bonus à certaines
conditions. D'autres annoncent encore 3 % ou plus sur les
assurances-vie «haut de gamme», mais moins sur les contrats «grand
public», ou ceux qui ne sont plus commercialisés. Vers la fin janvier,
les derniers à publier leurs chiffres seront probablement moins
généreux. Au final, le rendement moyen des contrats d'assurance-vie, qui
s'élevait à 3 % en 2011, devrait glisser sous ce seuil.
Diversifier les investissements:
Pourtant,
2012 n'a pas été une mauvaise année. «En 2011, le défaut de la Grèce
avait pesé sur les comptes de beaucoup d'assureurs. En 2012, ce n'est
plus cas et nous avons bénéficié du rebond de la Bourse», explique
Didier Ledeur, directeur général de GMF Vie. Les assureurs préparent
aussi l'avenir. Certains ont augmenté leurs réserves, pour préserver les
rendements futurs. D'autres diversifient leurs investissements. «Nous
avons saisi l'opportunité de nous renforcer en actions», explique
Étienne Couturier, directeur général de la Maaf.
Il devient
toutefois difficile de miser exclusivement sur un fonds en euros pour
préparer sa retraite quand on a 40 ou 50 ans. Marc Fiorentino conseille
ainsi aux 47-57 ans de détenir 30 % de fonds à risque dans leur
assurance-vie. Beaucoup estiment qu'il faut revenir à dose homéopathique
sur les actions. «Misez progressivement sur les actions de grandes
sociétés européennes qui exportent dans les pays émergents comme LVMH ou
L'Oréal, avance par exemple Merrill Lynch Wealth Management. Mais pas à
n'importe quel prix. Attendez un recul significatif des cours.»
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