Contre l'avis des représentants des médecins, l'Assurance-maladie a adopté une version très axée sur les sanctions de l'accord sur les tarifs excessifs des praticiens.
Dépassements d'honoraires, suite et fin. Après quatre mois de
négociations acharnées débouchant sur un accord signé à l'arraché en
octobre dernier, puis après un mois de bras de fer
au sujet des seules modalités d'application, l'accord sur la limitation
des dépassements d'honoraires va pouvoir enfin être mis en pratique.
Lors d'une ultime réunion ce jeudi matin, l'Assurance-maladie
a décidé de passer outre l'avis des représentants des médecins en
actant une interprétation plus axée sur les sanctions que ces derniers
le souhaitaient.
«Nous sommes résolument contre cette décision»,
s'est élevé Michel Chassang, président de la CSMF, premier syndicat de
médecins. Pourtant signataire de l'accord en octobre dernier, il dénonce
aujourd'hui la transformation du texte par l'Assurance-maladie en
«machine à sanction». La Sécu estime ainsi que 1500 médecins pourraient recevoir un avertissement pour pratique tarifaire abusive.
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Les médecins seront rappelés à l'ordre:
Principal
point de désaccord, les médecins seront rappelés à l'ordre s'ils
pratiquent en moyenne des dépassements supérieurs à 150% du tarif Sécu.
Puis éventuellement sanctionnés, à l'issue d'un long processus, s'ils
persistent. Ce plafond de 150%, les syndicats avaient cru lors de
l'accord qu'il ne serait qu'indicatif, noyé parmi d'autres critères tels
que la réputation du praticien, le lieu du cabinet... Pour ne rien
arranger aux affaires des médecins, l'Assurance-maladie entend élargir
sa cible aux 5% des praticiens qui pratiquent les plus hauts tarifs de
leur département.
Malgré l'opposition des médecins, Michel
Régereau, président de l'Assurance-maladie, a déclaré ce jeudi confirmer
«son soutien à la proposition de compromis élaborée sur cette base et
appelle à sa mise en œuvre dans les plus brefs délais». Les médecins
devraient recevoir ces prochaines semaines des courriers d'information
de la part de la Sécu. Michel Chassang s'attend à devoir défendre les
premiers dossiers de praticiens accusés de dépassements abusifs à
l'automne.
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