
La consommation de produits alimentaires a reculé de 0,5% sur un an.
Malgré une stabilité au mois de décembre, les Français ont moins consommé sur l'ensemble de l'année, leurs dépenses reculant de 0,2% sur un an en moyenne annuelle, pour la première fois depuis 2008.
La consommation des ménages a été en berne en 2012. Selon l'Insee, qui publiait ce jeudi matin ses chiffres annuels, elle a baissé de 0,2% en moyenne l'année dernière, après une année 2011 stable.
Ce moteur traditionnel de la croissance française n'avait pas calé
depuis les années 2008 et 2009, quand la crise économique touchait la
France de plein fouet. Les dépenses des ménages avaient alors reculé
dans des proportions similaires (-0,2% en 2008 et -0,1% en 2009). En
2012, la consommation de produits manufacturés enregistre par ailleurs
sa plus forte baisse depuis 1993, note l'Insee.
Les dépenses des
ménages se sont en revanche stabilisées au mois de décembre,
essentiellement grâce à un rebond des dépenses automobiles (+4,6% sur le
mois). Un sursaut cependant artificiel: l'Insee souligne que les
consommateurs ont probablement anticipé, à la fin de l'année, le renforcement du malus
sur les voitures polluantes applicable à partir du 1er janvier. Les
rabais consentis par les concessionnaires ont également pu jouer
ponctuellement. Mais sur un an, les ventes de voitures restent nettement
orientées à la baisse (-3,8%), et les immatriculations de voitures
neuves ont de leur côté dramatiquement chuté (-13,9%), plongeant le secteur automobile dans une crise profonde.
Pas de fort rebond attendu en 2013:
Ce
rebond mensuel des achats automobiles a compensé en décembre la
poursuite du déclin des achats de textiles (-0,6% par rapport au mois
précédent, -2,6% sur un an). Les dépenses énergétiques ont de leur côté
reculé de 2,8% en raison de la douceur de la météo, tandis que la
consommation de produits alimentaires restait quasi stable (+0,1%) sur
un mois mais en recul de 0,5% sur un an. «Cette baisse traduit une
évolution des habitudes alimentaires des Français, qui se tournent
davantage vers les produits entrée de gamme ou discount», estime BNP
Paribas dans une note publiée ce jeudi.
La hausse des
prélèvements obligatoires, la crainte du chômage ainsi qu'une pression
exercée sur les salaires ne devraient pas permettre à la consommation
des ménages de rebondir fortement en 2013. L'Insee anticipe une stabilité
de cet indicateur dans la première partie de l'année. «Les Français
puiseront-ils dans leur épargne l'année prochaine? Si oui, cela
permettra de limiter la casse», explique Dominique Barbet, économiste
chez BNP Paribas, qui anticipe un chiffre en hausse de 0,2% cette année.
Selon le dernier baromètre Viavoice-BPCE réalisé ce jeudi pour France info et Les Échos,
les Français seraient actuellement peu enclins à puiser dans leur bas
de laine, la moitié des personnes interrogées anticipant une baisse de
leur pouvoir d'achat dans les prochains mois. Ils sont plus nombreux que
l'année dernière (47%) à déclarer qu'ils mettront autant ou plus
d'argent de côté en 2013.

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