La pression fiscale sur les banques, compagnies d'assurances et autres mutuelles s'est fortement accrue ces dernières années.
La finance
n'est pas un secteur comme les autres, et ses impôts s'en ressentent.
Le Conseil des prélèvements obligatoires a consacré un rapport de
215 pages à faire l'inventaire des taxes et contributions spécifiques
qui pèsent sur le secteur en France. Conclusion: la pression fiscale sur
les banques, compagnies d'assurances et autres mutuelles s'est
fortement accrue ces dernières années. Les prélèvements spécifiques au
secteur, votés depuis 2010, représentent une charge de 3,4 milliards
d'euros pour 2011, 5,7 milliards pour 2012, 7,9 milliards pour 2013,
7,2 milliards pour 2014 et 7,3 milliards pour 2015.
De 4,9% en
2010 - la finance a alors payé un total de 40,2 milliards de
prélèvements -, «la part des entreprises du secteur financier dans
l'ensemble des prélèvements obligatoires devrait représenter 5,3% en
2013, soit une hausse pérenne d'environ 10% de leurs prélèvements», en
plus des «hausses générales applicables à l'ensemble des entreprises».
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Un inventaire à la Prévert:
Il
faut dire que la créativité fiscale a été poussée assez loin vis-à-vis
de la finance: près d'une vingtaine de prélèvements directs et
indirects, spécifiques au secteur, ont été alourdis ou créés depuis
2010. Taxe sur les bonus, taxe systémique, taxe sur les transactions
financières, taxe sur la réserve de capitalisation des assurances,
contribution au financement des régulateurs… c'est un inventaire à la
Prévert.
Selon le Conseil des prélèvements obligatoires, le
législateur poursuit trois objectifs: augmenter les recettes fiscales,
réguler le secteur en utilisant l'impôt pour dissuader des comportements
à risques, et redistribuer.
Le risque est double. Le premier,
c'est de créer des mesures contradictoires par rapport à ces différents
objectifs et à la mise en œuvre des règles prudentielles
internationales. Le second, c'est de peser sur la compétitivité des
entreprises du secteur et sur le financement de l'économie. Un écueil à
l'égard duquel le Conseil reste prudent: «Le renforcement des règles
prudentielles affecte la production et la distribution des crédits et
les stratégies d'investissements des assureurs dans une ampleur
imprévisible, de sorte qu'il ne paraît pas nécessaire d'ajouter à ce
contexte des mesures fiscales aux conséquences incertaines sur la
dynamique de l'économie.» Les banques n'auraient pas dit mieux…
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