Mickaël Wamen, leader de la CGT chez Goodyear, à Amiens.
Il est reproché à deux leaders de la CGT, Jean-Pierre Mercier chez PSA Aulnay et Mickaël Wamen chez Goodyear Amiens, de mener un combat politique.
Trop, c'est trop. Trois syndicats, la CFE-CGC, FO et la CFTC ont tenu jeudi une conférence de presse au siège de PSA pour dénoncer les agissements de la CGT
à Aulnay. «Tous les jours, il y a des agressions verbales et physiques à
Aulnay. Les salariés en tombent malades. Le taux d'absentéisme atteint
désormais 30 % sur le site», alerte Christian Lafaye, délégué syndical
central FO. «Il y a un véritable harcèlement d'une minorité sur la
majorité», ajoute Anne Valleron, son homologue à la CFE-CGC.
Les
trois organisations vont demander vendredi en comité central
d'entreprise extraordinaire que des salariés d'Aulnay puissent, sur une
base volontaire, aller travailler temporairement à Poissy. Elles tirent
également la sonnette d'alarme sur d'éventuels retards dans la mise en
œuvre du plan social. Une inquiétude née de la décision de la cour
d'appel de Paris de suspendre le plan, suite à une plainte de la CGT.
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«Nous sommes à l'agonie»:
«PSA
perd 7 millions d'euros chaque jour. Nous sommes à l'agonie. Ce plan
est nécessaire. Si la thérapie est trop lente, le malade peut mourir»,
estime Christian Lafaye. Pour l'intersyndicale, le jusqu'au-boutisme de
la CGT est très dangereux. «Nous, nous travaillons pour obtenir les
meilleures conditions de départ pour les salariés concernés», souligne
Anne Valleron. La direction de PSA a d'ailleurs salué «l'attitude
responsable de l'intersyndicale CFE-CGC, CFTC, FO».
Dénoncer les
dérives à Aulnay, tout en ne discréditant pas la CGT au niveau national:
telle est la ligne des trois organisations. «À Aulnay, le combat des
leaders CGT est politique. Tout se fait sous l'impulsion de Lutte ouvrière.
L'intérêt des salariés, ils n'en ont rien à faire», souligne Franck
Don, délégué syndical central pour la CFTC. De fait, le leader CGT
d'Aulnay, Jean-Pierre Mercier, est l'ancien porte-parole de la
candidate LO Nathalie Arthaud à la présidentielle, et a été candidat
local du parti.
Le même genre de schéma se reproduit chez Goodyear
à Amiens. Le responsable CGT du site, Mickaël Wamen, a été candidat
communiste aux dernières législatives. Et, à Amiens, le blocage créé par
l'attitude de la CGT, dans la durée, a précipité la catastrophe. Au
grand dam des autres syndicats. «Pour le plan de départs volontaires et
le projet de reprise, la CGT s'est passée de la décision des salariés.
Ils ont dit: nous avons la science infuse, notre lutte est juridique»,
regrette Virgilio Mota Da Silva, délégué syndical Sud, de Goodyear Amiens-Nord.
Aujourd'hui,
le futur secrétaire général de la CGT, Thierry Lepaon, défend ses
troupes d'Aulnay et d'Amiens. «Les salariés sont en colère et leur
colère s'exprime», déclare-t-il. Mais l'approche du prochain congrès de
la CGT n'y est pas pour rien. «En réalité, ces jusqu'au-boutistes sont
minoritaires à la CGT. Mais, à deux mois du congrès, ils font monter la
pression», explique un expert en questions sociales. Qui ajoute: «dans
le fond, la CGT veut durcir le ton face au gouvernement Ayrault. Mais sans être extrémiste et se couper des autres syndicats. Thierry Lepaon devra trouver un subtil équilibre.»
Bourse:
GOODYEAR
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