
Siège de Deutsche Bank à Francfort. L'institution financière affiche une nouvelle organisation et un ratio de solvabilité élevé.
Deutsche Bank et Santander ont publié jeudi des résultats en forte baisse, alors que le conseil du Crédit agricole examinait le montant des provisions à passer dans ses comptes 2012.
Les banques européennes passent leurs comptes 2012 à la paille de fer. Les résultats s'en ressentent, mais les investisseurs ont plutôt applaudi l'exercice de transparence! Deutsche Bank, qui a dévoilé une perte trimestrielle avant impôt de 2,6 milliards d'euros, a ainsi réalisé une des meilleures performances boursières de son secteur jeudi. En terme de nettoyage, le champion allemand a en effet opté pour la méthode radicale. La banque, dont la réputation est écornée par une multiplication de litiges réglementaires et fiscaux depuis deux ans, a décidé de provisionner l'ensemble de ces risques en y consacrant 1 milliard d'euros. En parallèle, l'institution a passé dans ses comptes près de 2 milliards d'euros de dépréciations sur ses anciennes acquisitions, qui étaient survalorisées dans ses livres.
Résultat: la banque dirigée par le tandem Jürgen Fitschen et Anshu Jain dégage pour 2012 un bénéfice de 665 millions d'euros, sept fois plus faible que l'année précédente. Mais elle affiche une nouvelle organisation, un ratio de solvabilité élevé, et la promesse d'éviter la case augmentation de capital. «Nous nous sommes engagés sur la voie d'un changement délibéré mais parfois inconfortable afin d'assurer le succès à long terme de la banque», ont commenté les dirigeants. Ce changement prendra des années, ont-ils précisé.
-->
Santander et l'immobilier:
Le
président de Santander, Emilio Botin, a répondu comme en écho à cette
profession de foi des patrons de Deutsche Bank. Selon lui, «en 2013, une
fois terminé le provisionnement spécial, nous aurons une forte
croissance des résultats, soutenus par les bénéfices récurrents et le
contrôle des coûts». Pour Emilio Botin, le danger numéro un n'est pas à
chercher du côté des affaires judiciaires. C'est la profonde dépression
de l'immobilier espagnol qui fragilise son établissement. La première
banque du pays a donc passé 1,8 milliard d'euros de dépréciations au
dernier trimestre pour circonscrire ce risque. Elle a également
provisionné ses créances douteuses en Amérique latine. Au total, en
2012, la banque aura déprécié plus de 18 milliards d'euros d'actifs.
Malgré ce choc, le groupe affiche plus de 2 milliards d'euros de
bénéfices annuels.
Un résultat qui ferait pâlir d'envie les dirigeants du Crédit agricole. Après une perte de 1,5 milliard d'euros en 2011, ils s'apprêtent à rester largement dans le rouge en 2012. Comme l'a révélé Le Figaro ,
le mutualiste français, également soucieux de se livrer à un exercice
de vérité sur les comptes, a en effet réuni son conseil d'administration
jeudi après-midi afin de déterminer l'ampleur de l'effort. En 2012,
l'établissement a déjà réussi à sortir du guêpier grec en abandonnant
3,2 milliards d'euros. Cette charge a plombé les comptes des trois
premiers trimestres, qui sont ressortis sur une perte nette de
2,5 milliards d'euros. La direction entend maintenant s'attaquer à ses
près de 18 milliards d'euros d'écarts d'acquisitions que portait son
bilan à fin septembre et qui reflètent le poids des acquisitions
bouclées en haut de cycle dans les années 2000. Dans l'attente d'un
avertissement sur résultats, le titre du Crédit agricole a perdu 1,5 %
jeudi.
Bourse:
CREDIT AGRICOLE
7,28€ -1,54%
Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire