
Mark Reuss, le président de General Motors pour l'Amérique du Nord, lors de la présentation de la Corvette au salon de Detroit.
Restructurés, les «Big Three» voient l'avenir avec confiance. Pour certains observateurs, c'est toute la compétitivité du pays qui s'améliore.
Impossible de manquer ce bolide rouge vif, fixé à l'horizontal sur le mur du stand Chevrolet. À voir le public s'agglutiner autour des modèles exposés, la nouvelle Corvette, que General Motors a dévoilée au salon de Detroit,
est incontestablement l'une des stars de ce grand rendez-vous. Elle est
aussi le symbole de la renaissance du numéro un américain. En
investissant dans cette voiture de sport mythique, qui n'avait pas été
remplacée depuis 2005, le géant de Detroit, largement bénéficiaire 3 ans
et demi après sa sortie de faillite, prouve «qu'il a confiance en
l'avenir et qu'il sait faire de belles voitures», estime Xavier Mosquet;
directeur de l'activité automobile du Boston Consulting Groupe (BCG),
basé à Detroit. Ce véhicule «est la raison pour laquelle je travaille
chez GM»,
s'est enflammé de son côté Mark Reuss, le président du groupe pour
l'Amérique du Nord, soulignant l'émotion qu'il ressentait, après les
«moments difficiles».
Les restructurations drastiques ont porté leurs fruits:
Mais c'est tout le secteur qui a retrouvé le sourire
aux États-Unis, avec un marché qui devrait atteindre les 15 millions
d'exemplaires cette année, après être tombé à 10,4 millions en 2009. Chrysler, le plus petit des trois constructeurs de Detroit,
que la plupart des observateurs avaient enterré en 2009, s'est lui
aussi métamorphosé après être passé, comme GM, par une période de dépôt
de bilan pendant laquelle il s'est drastiquement restructuré. Les ventes
du groupe ont bondi de 20,6% aux États-Unis l'an passé. «Nous sommes
redevenus le premier constructeur de SUV en Amérique», s'est félicité
Mike Manley, le patron de Jeep, l'une des marques du groupe. «Cela
valait la peine de faire tant de sacrifices depuis 2009, quand le
management de Fiat a pris les rênes de l'entreprise. À l'époque,
beaucoup se demandaient s'il y avait besoin d'un troisième groupe
américain en plus de GM et Ford, mais nous avons apporté de la qualité,
du design, et des moteurs performants», souligne Olivier François, le
patron des marques Chrysler et Fiat.
Alors
que le secteur s'enfonce dans le marasme en Europe, l'avenir semble
plus dégagé ici. «En Europe, les gouvernements ont lancé des primes à la casse
qui ont permis d'atténuer la crise, mais maintenant on assiste à une
rechute. Ici, on a laissé le marché faire une chute libre, et à présent la demande revient fortement
parce que les consommateurs ont besoin de remplacer des véhicules dont
l'âge moyen est de 11 ans», explique Jim Farley, directeur des ventes et
du marketing de Ford. Pour Pierre Loing, vice-président de Nissan
Amérique du Nord, «ce sursaut est plus qu'un rebond technique: c'est
certes fragile, car toutes les questions budgétaires ne sont pas
réglées, mais il souffle un petit vent d'optimisme».
Redressement spectaculaire:
L'an
dernier, la production aux États-Unis a progressé encore plus vite que
le marché, dépassant les 10 millions de véhicules, contre 8,4 millions
en 2012, selon Wards auto, soit un bond d'environ 20%. Même si le
secteur automobile, le plus touché pendant la crise, est celui dont le
redressement est le plus spectaculaire, c'est toute l'industrie qui
relève la tête, selon certains observateurs. «L'Amérique redécouvre son
industrie, qui en train de prendre un tournant tout à fait positif,
après avoir abaissé ses coûts et beaucoup investi dans la qualité. C'est
une population qui a un pragmatisme et une capacité de rebond
formidables. C'est cette attitude, couplée avec l'action du gouvernement
qui fait que cela repart», réagissait, au salon, Jean-Dominique Sénart,
le patron de Michelin.
«On assiste aux États-Unis à une reprise
de l'industrie en général. La construction repart, de même que les biens
de consommation durables», renchérit Xavier Mosquet, du BCG. Pour lui,
«la compétitivité du pays s'est améliorée, grâce aux restructurations
effectuées pendant la crise, mais aussi à une diminution du coût de
l'énergie, grâce notamment au gaz de schiste. Alors que parallèlement,
les coûts ont augmenté en Chine». Conséquence: «le pays a cessé de
perdre des emplois dans l'industrie, et commence à en regagner. Nous
pensons que cette attractivité va continuer», pousuit-il.
Bourse:
GENERAL MOTORS CO
30,60$ +0,89%
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