
Le gouverneur de la Banque centrale tunisienne Chedly Ayari a estimé vendredi qu’à moins d’un “miracle”, le mal endémique du chômage va persister en Tunisie, où les conflits sociaux parfois violents se multiplient dans le pays, deux ans après la révolution.
“Si le marché de l’emploi parvenait dans
les années à venir à résoudre ce problème (du chômage), ce serait un
miracle”, a-t-il déclaré à l’antenne de la radio Shems-FM.
“Le nombre de chômeurs est trop
important, ils sont 700.000, avec chaque années 100.000 nouvelles
entrées (sur le marché du travail) dont 50% de personnes diplômés (…).
Même si 100.000 emplois sont créés chaque année, on ne réduira pas le
+stock+”, a encore relevé M. Ayari.
Se basant sur des études réalisées pour
les périodes 2015-2017, M. Ayari a estimé que le taux de chômage
pourrait s’établir à 10-11% dans les “meilleures conditions”
économiques, contre 17-18% actuellement.
Le chômage et la misère, notamment parmi
les jeunes, étaient parmi les principaux facteurs de la révolution de
janvier 2011. Mais les espoirs ont laissé place à la déception et les
conflits sociaux se sont multipliés depuis l’été, dégénérant
régulièrement en violences.
La situation sécuritaire précaire depuis
deux ans et l’incertitude de l’avenir politique du pays, faute de
compromis sur la future constitution, a par ailleurs entraîné une anémie
prolongée des investissements, qui mine le marché de l’emploi.
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