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mardi 22 janvier 2013

Les retraites, l'autre dossier à risque du gouvernement.

Cortège du PS pendant les manifestations contre la réforme des retraites voulue par le gouvernement de Nicolas Sarkozy, en octobre 2010.
Cortège du PS pendant les manifestations contre la réforme des retraites voulue par le gouvernement de Nicolas Sarkozy, en octobre 2010.

Alors que le Conseil d'orientation des retraites liste les imperfections du système, la question d'un nouveau report de l'âge légal ressurgit.

 
Reste que corriger ces imperfections, comme le jugent nécessaire le gouvernement et les syndicats, aura un coût important et ne représentera donc que des dépenses en plus. «Ce n'est pas le moment de charger la barque en matière de solidarité, nous n'avons déjà pas les moyens de financer le système actuel», critique Danièle Karniewicz, l'ex-patronne du régime d'assurance vieillesse.
Pour la spécialiste des questions de protection sociale de la CFE-CGC, ce nouveau rapport du COR - dont elle est membre - est certes utile mais pas opportun après que le besoin de financement a été estimé à 20 milliards d'euros par an en 2020, tous régimes confondus. Et qu'il faut trouver comment boucher les trous pour éviter une faillite du système dans huit ans. L'urgence est même encore plus criante pour les régimes complémentaires qui puisent actuellement dans leurs réserves pour payer les pensions et dont les caisses seront bientôt vides.

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Relever encore l'âge légal de départ:


Or la désindexation par rapport à l'inflation des pensions, comme l'étudient les partenaires sociaux pour les retraites complémentaires et y réfléchit Jérôme Cahuzac pour le régime de base, ne suffira pas. Sauf à augmenter les cotisations - et donc à grever la compétitivité des entreprises en renchérissant le coût du travail -, la question de la hausse de la durée d'activité devra être reposée. Comme en 2010, où le recul de deux ans de l'âge de départ résolvait, à terme, la moitié du besoin de financement. Soit 20 milliards sur les 47 nécessaires.
Le Medef n'a pas attendu le lancement de la consultation au printemps pour indiquer qu'il fallait encore repousser l'âge de départ. À 63, voire 65 ans, a même suggéré Laurence Parisot, sa présidente. Pas question, lui a répondu la CFDT, qui plaide pour une réforme systémique des retraites - le passage à un système par points ou comptes notionnels.
Tout juste la centrale dirigée par Laurent Berger consent-elle à étudier une augmentation de la durée de cotisation - fixée à 41,5 annuités pour bénéficier d'une retraite à taux plein - pour prendre en compte l'impact de l'évolution démographique sur les comptes. Et encore, «avec précaution», précise Jean-Louis Malys. Quant à la CGT, elle entend privilégier les hausses de cotisation patronale et taxer les revenus du capital pour trouver les recettes nécessaires.
Bref, autant de questions explosives qui seront sur la table de la consultation organisée par le gouvernement et dont les réponses devraient déboucher sur une nouvelle réforme des retraites en 2014. «Ce calendrier est déjà, en soi, une décision», a commenté lundi Michel Sapin, qui se rappelle mieux que quiconque les positions prises par son parti en 2010 lors de la réforme Woerth. Il était alors en charge des questions… économiques.

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