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mardi 29 janvier 2013

Les salariés de la Banque de France appelés à la grève.

La Banque de France prévoit 5000 départs à la retraite dans les sept prochaines années, dont 2600 dans son réseau de succursales régionales.
La Banque de France prévoit 5000 départs à la retraite dans les sept prochaines années, dont 2600 dans son réseau de succursales régionales.

Plus d'un millier de manifestants sont attendus pour protester contre la restructuration de l'établissement bancaire, prévoyant la suppression de 2100 postes, alors qu'un comité central d'entreprise se tient ce mardi.


Ils devraient être un gros millier à protester ce mardi contre la restructuration de la Banque de France, qui prévoit jusqu'à 2100 suppressions de postes d'ici à 2020 sur fond de modernisation des activités de l'institution. Cinq syndicats - Solidaires, CGT, CFDT, CFTC, FO mais pas la CFE-CGC - ont lancé un nouvel appel à la grève alors que se tient ce jour un comité central d'entreprise (CCE) extraordinaire où les rapports du cabinet d'experts Secafi seront présentés. Le rôle de ce cabinet - proche des syndicats - est d'analyser les fondements d'un tel projet de réorganisation. En décembre, un rapport d'étape soulignait «l'absence de justification économique» de la restructuration.
En septembre dernier,lorsque le plan de restructuration a été présenté par la direction, la grève avait été «massivement» suivie selon les syndicats, notamment au siège (à Paris dans le IIe arrondissement), ce qui est assez inhabituel. En province, où travaillent près de 6300 employés, des succursales étaient restées portes closes. La grogne est vive: la Banque de France prévoit 5000 départs à la retraite dans les sept prochaines années, dont 2600 dans son réseau de succursales régionales, où seulement un départ sur trois sera remplacé (entre 500 et 1000 embauches prévues en région). Ce ratio est conforme à ce que préconisait dans son rapport la Cour des comptes.

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«Plus d'employés que les 16 autres banques centrales réunies»:


La Cour, en effet, a publié en février 2012 un rapport à charge contre la Banque de France. Selon elle, malgré des résultats «très favorables» ces dernières années - les effectifs ont été réduits de 25% en dix ans -, l'institution bancaire doit à aller plus loin pour se conformer aux objectifs de compétitivité dans l'Eurosystème à l'horizon 2020. Avec 13.000 emplois équivalents à temps plein, «la Banque de France emploie à elle seule plus d'agents que l'ensemble des 16 autres banques centrales de la zone euro réunies», fustigeait la Cour des comptes.
Ainsi le plan de réorganisation de la Banque de France prévoit-il notamment de réduire son réseau de 127 implantations à 105. Plus spécifiquement, les unités de traitement de la monnaie (les «caisses») passeraient de 72 à 32 d'ici à 2020, avec par exemple les fermetures des unités de Brive-la-Gaillarde et Lorient. L'objectif? Ressembler à ses voisins européens. Exemple, en 2017, la Bundesbank gèrera 31 caisses.
Pour les syndicats, une telle cure d'amaigrissement paraît «avoir des conséquences négatives à la fois pour les usagers et le personnel» alors que «la banque fait des bénéfices élevés». Elle va «dégrader l'activité de la Banque de France, voire la conduire à se désengager de certains services publics de proximité». À l'instar de la gestion des dossiers de surendettement - une activité qui n'incombe pas aux Banques centrales dans les autres pays de la zone euro - qui, avec la crise, s'accumulent.

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