Olli Rehn a lancé vendredi un appel pressant à des réformes économiques et sociales vigoureuses en France.
Pas de répit pour le gouvernement Ayrault. Olli Rehn, le «M. Euro» de
la Commission européenne, a lancé vendredi un appel pressant à des
réformes économiques et sociales vigoureuses en France, signalant au
passage l'inquiétude de toute l'Europe sur la dégradation de sa compétitivité.
«Il
est essentiel que la France avance sur le chemin des réformes et prenne
des mesures supplémentaires en faveur de la compétitivité de ses
entreprises, a dit le commissaire européen aux Affaires économiques et
monétaires. Nous attendons une action décisive sur le marché du travail
(…). Nous sommes tous inquiets de la dégradation de la base industrielle
en Europe et en France en particulier.»
Efforts budgétaires:
L'appel,
au moment où Paris se trouve dans une difficile négociation avec les
syndicats et le patronat, s'assortit d'une sérieuse mise en garde contre
les atermoiements et la complaisance de la classe politique. De façon
presque transparente, le commissaire Rehn dresse un parallèle avec
l'Italie de l'automne 2011, quand Silvio Berlusconi était revenu sur la
parole donnée à ses partenaires européens.«La confiance s'est alors
trouvée rompue et les taux d'intérêt sur la dette publique se sont
envolés», rappelle-t-il. Comprendre: la pause sur les taux dont
bénéficie aujourd'hui le Trésor français pourrait n'être que provisoire
si le gouvernement n'en profite pas pour agir.
Bruxelles cherche
aussi à dissiper tout malentendu sur l'éventuel répit dont la France
pourrait bénéficier sur ses objectifs budgétaires (déficit réduit à 3%
en 2013), dans le scénario où elle n'atteindrait pas la croissance
escomptée par le gouvernement (0,8%). Citant les précédents de la Grèce,
du Portugal et de l'Irlande, Olli Rehn a souligné que cette souplesse
ne s'applique que «si le pays concerné a respecté les engagements de
réforme auxquels il a souscrit». L'année 2013 ne marque pas non plus la
fin de l'effort budgétaire: «Nous nous intéressons aussi à la viabilité
des finances publiques à moyen terme», a ajouté le commissaire devant le
European Policy Center à Bruxelles. En clair, il n'est surtout pas
question de baisser la garde…

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