Syndicats et patronat se sont quittés sur un constat d'échec après 13h de discussion et un «clash» inédit dans le camp patronal. Les derniers pourparlers, vendredi, s'annoncent longs et à l'issue incertaine.
Syndicats et patronat se sont quittés jeudi soir à 21 heures sur un
constat de désaccord et ont prévu de se revoir toute la journée pour
tenter de s'entendre sur un projet concernant la sécurisation de
l'emploi. Toutes les centrales syndicales ont fait part de leur
frustration, voire plus. «On avance lentement», a reconnu Patrick
Pierron, de la CFDT, qui prédit une dernière «longue journée» de
pourparlers. «J'en ai ras le bol», a surenchéri Stéphane Lardy, de FO,
qui se dit «estomaqué» et demande à revoir la méthode de négociation
devenue «ubuesque».
Il y a eu au final, après 13 heures de
discussion, assez peu d'avancées sur le texte soumis le matin par le
patronat qui refusait toujours, hier soir, d'aborder la question
sensible d'une taxation des contrats courts, l'un des points durs. Pis,
il a même introduit un nouvel article qui propose d'instaurer «un ordre
de licenciement» en fonction des compétences dans les plans sociaux.
«J'ai honte», a réagi Stéphane Lardy. «Il est normal qu'on se crispe
lorsqu'il y a autant d'enjeux», a répondu Patrick Bernasconi, le chef de
file patronal, pour temporiser. Et la suppression, dans l'après-midi,
de l'article litigieux sur la création d'un CDI de projet n'y aura rien
changé.
Ce qui aura rythmé la journée aura été au final «le clash»
public au sein du camp patronal, l'UPA (artisans) ayant publié un
communiqué dans lequel elle dénonce un projet d'accord qui «fait la part
belle aux grandes entreprises au détriment de 98% des entreprises
françaises qui emploient plus de la moitié des salariés». Du jamais vu
dans l'histoire de la négociation sociale! Le patronat se déchire sur un
détail technique concernant l'article qui vise à généraliser les
complémentaires santé à tous les salariés non couverts par un contrat
collectif. «Un point juridique et non une question de fond», a minimisé
un peu vite Patrick Bernasconi avant de repartir pour une longue nuit de
travail afin de proposer, à 9h30 aux syndicats, un nouveau projet
d'accord et aussi de discussions pour s'entendre avec les artisans.
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