
Les biologistes s'inquiètent des normes de qualité plus exigeantes imposées à leurs analyses à partir de 2016.
Les biologistes contestent les baisses de prix et la réforme du secteur. Ils évoquent 8000 emplois menacés, sur près de 45000 dans le secteur, et s'inquiètent des nouvelles exigences réglementaires.
Les biologistes sont en colère. «Lundi, nous reprenons les grèves l'après-midi sur tout le territoire, ajouté au gel des transmissions de feuilles de maladie vers les Caisses Primaires d'Assurance Maladie»,
annonce François Blanchecotte, président du Syndicat des biologistes
(SDB). À Marseille, Patrick Lepreux, du syndicat Bioprat, s'est mis en
grève de la faim pour protester contre la réforme en cours. Les
biologistes estiment que le gouvernement, qui réclame une nouvelle
baisse des tarifs de 80 millions d'euros en 2013 va trop loin. En 2012,
déjà, le chiffre d'affaires de la profession a baissé de 1,5 % pour
atteindre 3,5 milliards d'euros alors que l'activité a progressé de
2,8 % en volume.
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Nouvelles exigences réglementaires:
«Depuis
six ans, la profession a lâché 700 millions d'euros», déplore François
Blanchecotte, exaspéré que le gouvernement ne reprenne pas l'accord qui
semblait être conclu avec l'Assurance maladie
et prévoyait une hausse des tarifs au moins égale à l'inflation de 2013
à 2015. «La variable d'ajustement, ce sont les salariés», prévient-il
en évoquant 8000 emplois menacés, sur près de 45000 dans le secteur.
S'y
ajoutent les nouvelles exigences réglementaires. Les biologistes
s'inquiètent des normes de qualité plus exigeantes imposées à leurs
analyses (examens de sang, d'urine…), à partir de 2016, sous forme d'accréditation.
«La réforme crée des usines à analyses», déplorent certains
biologistes. Elle entraîne en tous cas de lourds investissements et
accélère la concentration des laboratoires.
La certification, qui
améliorera les performances des analyses biologiques, «induira un
surcoût d'environ 3 % du chiffre d'affaires au début, puis de 1,5 %
ensuite», estime Philippe Charrier, directeur général du groupe de
biologie Labco. Elle contraindra les petits laboratoires, qui réalisent
voient moins de 100 patients par jour et enregistrent un chiffre
d'affaires inférieur à un million d'euros par an à se regrouper ou se
vendre.
Dépenses et coût unitaire supérieurs en France:
L'accréditation et les baisses de tarifs imposées sur les analyses participent
aux mesures mises en place par les gouvernements successifs pour
réduire les coûts de la santé. Dans le secteur de la biologie médicale,
la marge de manœuvre n'est pas négligeable, si l'on compare les coûts de
l'Hexagone à ceux des pays voisins. Selon une étude Eurostaf qui sera
dévoilée mardi lors du colloque du magazine «Biologiste Infos», les
dépenses d'analyses médicales par habitant en France sont deux fois plus
élevées qu'en Espagne et supérieures de 35 % à celles de l'Allemagne.
Le
coût unitaire des actes est également supérieur dans l'Hexagone, l'un
des rares pays occidentaux où les analyses biologiques sont faites en
ville plutôt qu'à l'hôpital. Les examens y coûtent 2 à 10 fois plus cher
qu'en Allemagne ou en Belgique. «L'ennui, c'est qu'en Allemagne, les
résultats sont délivrés après un délai très long, souvent quatre jours»,
relativise un expert du secteur.
Une loi de réforme de la
biologie médicale est en cours d'examen au Sénat. Les syndicats
craignent qu'elle n'alourdisse les futures conditions d'exercice de la
profession. Cette loi favorise pourtant les laboratoires en repoussant
la date limite des accréditations à 2020. Et, à la demande des
biologistes, elle freine la prise de pouvoir des investisseurs
financiers en maintenant l'obligation pour un laboratoire d'être détenu
en majorité par un biologiste.
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