La décision du président américain d'annuler le sommet avec son homologue russe est une étape de plus dans la relation tendue entre les deux dirigeants.
En 2009, Barack Obama arrivait au pouvoir alors que Vladimir Poutine avait laissé, quelques mois plus tôt, son siège de président à Dmitri Mdvedev,
s'octroyant celui de premier ministre. A l'époque, l'administration
américaine avait promis de «reprogrammer» les relations avec Moscou,
mises à mal sous Bush. Aujourd'hui, après le retour à la tête de la
Russie de l'ex-agent du KGB, force est de constater que ce «reset» n'a
pas vraiment fonctionné. Et la défiance que partagent Obama et Poutine
l'un envers l'autre n'y est sans doute pas pour rien. Retour sur six
temps forts de leur relation:
1/ Le petit tacle d'Obama lors du «first date»
La
relation n'a pas commencé sous les meilleurs auspices. Alors premier
ministre, Vladimir invite le président américain à petit-déjeuner, en
juillet 2009. Leur première rencontre. Mais la veille, Barack Obama exprime sa confiance
dans son homologue russe Medvedev, le trouvant «direct,
professionnel»... avant d'ajouter: «D'après ce que je crois savoir, le
président Medvedev est le président, et le premier ministre Poutine est
le premier ministre (...) Ce qui m'intéresse, c'est de traiter
directement avec mon homologue le président.»
2/ Le retour de Poutine à la présidence et l'envie d'«aller loin» avec Obama
Quelques jours avant son investiture, en mai 2012, Poutine envoie un message d'ouverture en
direction du président américain. «Vladimir Poutine a souligné que la
Russie était prête à faire un long bout de chemin pour développer ses
relations avec les Etats-Unis, à condition que les Américains agissent
selon les principes d'un partenariat égal et mutuellement respectueux»,
indique le conseiller diplomatique du futur président russe. Une réponse
à une lettre envoyée par Obama, dans laquelle ce dernier se dit
«disposé à coopérer avec Vladimir Poutine pour faire avancer le
processus de mise en place d'un partenariat entre les Etats-Unis et la
Russie». De quoi partir sur de bonnes bases...
3/ La liste Magnitski les divise...
En avril 2013, le département d'État américain publie la liste de 18 fonctionnaires russes interdits de séjour sur le territoire américain et dont les avoirs sont gelés, du fait de leur implication dans la mort de Sergueï Magnitski.
Une nouvelle étape dans la guérilla diplomatique autour de la mort de
ce juriste dans une prison russe, en 2009. «C'est très mauvais. Ceci,
naturellement, empoisonne nos relations», souligne Poutine avant-même
que cette liste ne soit publiée, la qualifiant d'«acte inamical». En
représailles, Moscou annonce notamment la publication d'une
«contre-liste» de citoyens américains potentiellement indésirables sur
le sol russe.
4/ ... L'attentat de Boston les rapproche
En
avril 2013 également, un attentat perpetré par les frères Tsarnaïev,
d'origine tchétchénes, fait trois morts et plus de 260 blessés à Boston. Vladimir Poutine adresse alors un message de soutien sans équivoque à
son homologue américain. «Vladimir Poutine a fermement condamné ce
crime barbare et exprimé la conviction que la lutte contre le terrorisme
nécessite une coordination active des efforts de toute la communauté
internationale», assure un communiqué du Kremlin. La Russie se dit
également «prête à fournir en cas de nécessité son aide dans l'enquête
menée par les autorités américaines». Quelques jours plus tard, Obama
appelle Poutine pour le «remercier» et saluer «la coopération étroite de
la Russie dont les Etats-Unis ont bénéficié en matière
d'antiterrorisme», se félicite la Maison-Blanche.
5/ La rencontre «glaciale» en Irlande
Le
dernier tête-à-tête entre les deux hommes, en juin en Irlande du Nord,
est glacial. Les deux dirigeants, qui ne se sont pas vus en face-à-face
depuis un an (au G20 de Los Cabos, lors d'un autre entretien tendu), tombent d'accord pour faire plancher leurs équipes sur l'élaboration d'une conférence internationale de paix sur la Syrie.
Mais sur le reste, ils ne peuvent que constater leurs désaccords, sur
la Syrie, la question des droits de l'homme en Russie ou encore le
projet de bouclier antimissile américain en Europe.
6/ Obama pose un lapin à Poutine
Mercredi,
Obama a annulé la rencontre bilatérale qu'il devait avoir avec Vladimir
Poutine en septembre à Moscou, en raison notamment de la «décision
décevante» de la Russie d'accorder l'asile à Edward Snowden.
La veille, lors d'une émission télévisée le président américain a
reproché à la Russie de revenir parfois à «une mentalité de la Guerre
froide».

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