Infolinks

Google Recherche

vendredi 4 mai 2012

La presse financière anglo-saxonne reconsidère Hollande.


François Hollande lors de sa visite à Londres, le 29 février dernier.
François Hollande lors de sa visite à Londres, le 29 février dernier.
 
 
 François Hollande est un «pragmatique», reconnaît l'éditorialiste du Financial Times. Il se pourrait même qu'il abandonne ses promesses sur le perron de l'Élysée, estiment les commentateurs étrangers.
 
 
«Arrêtez de vous inquiéter à propos d'une nouvelle révolution française!», s'exclame le journaliste Philip Stephens dans un éditorial du Financial Times paru ce vendredi. Une probable victoire du candidat socialiste à la présidentielle, François Hollande, ne provoquera pas la levée de barricades insurrectionnelles, explique-t-il en substance. Cette prise de position révèle un changement de ton, de la part de la presse financière anglo-saxonne, à l'égard du favori des sondages.
Ce point de vue, paru dans le très influent quotidien financier de la City, vient en contrebalancer la charge menée depuis plusieurs semaines par le non moins influent hebdomadaire britannique The Economist . Ce dernier a qualifié le candidat socialiste de «plutôt dangereux». Le danger est ailleurs, rétorque donc le Financial Times: du côté des scores du premier tour de Marine Le Pen et de Jean-Luc Mélenchon, «aperçu de l'humeur révolutionnaire planant sur l'Europe».
Les journalistes financiers britanniques et américains se demandent quel président sera François Hollande, s'il remporte l'élection. «Sera-t-il capable de restaurer la confiance, de redresser une économie fragile? Ou bien présidera-t-il à une rapide descente aux enfers, suivant le chemin de la Grèce?», s'interroge Peter Grumbel, éditorialiste à l'agence Reuters.
Tout dépend si François Hollande tient ses promesses de campagne. Dans ce cas, «la sortie de crise sera laborieuse, les impôts, les taxes et le coût du travail augmenteront», prévoit l'observateur. Mais nous ne sommes plus en 1981: le soclaliste n'envisage pas de nationaliser les banques, il se contentera de séparer, à la britannique, les banques d'affaires des banques de détail.

Si le candidat abandonne ses promesses sur le perron de l'Élysée, ce sera une autre histoire. Le magazine américain Forbes explore ainsi le scénario «à la Gerhard Schröder», l'ancien chancelier allemand de gauche ayant mené dans les années 2000 une politique libérale. Vu les conditions économiques, le socialiste «devra abandonner son programme dès les premières heures de sa présidence, croit le journal: la charge contre la finance sera bien plus courte qu'en 1981.» De plus, il serait mieux placé que Nicolas Sarkozy pour réformer l'État car il aura le soutien des syndicats, estime Forbes . Le hic, rappelle Peter Grumbel, c'est que Nicolas Sarkozy, non pas François Hollande, cite Gerhard Schröders dans ses discours.

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire