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lundi 4 février 2013

Fausse polémique autour du salaire du président du CSA.

Le nouveau président du Conseil supérieur de l'audiovisuel, Olivier Schrameck.
Le nouveau président du Conseil supérieur de l'audiovisuel, Olivier Schrameck.

Le Journal Officiel a publié samedi un arrêté selon lequel les indemnités du président du Conseil supérieur de l'audiovisuel ont quasi-doublé à 100.500 euros par an. Une réévaluation qui, en fait, a eu lieu... en 2008, selon le CSA. 

Le nouveau président du Conseil supérieur de l'audiovisuel (CSA), Olivier Schrameck, tout juste nommé par François Hollande, recevra des indemnités de 100.500 euros par an, selon le Journal officiel de samedi. Un arrêté du 1er février 2013 a en effet modifié l'arrêté du 26 novembre 2002 sur l'indemnité du président du CSA. Le texte prévoit désormais que «le montant annuel de l'indemnité de fonction, prévue à l'article 1er du décret du 26 novembre 2002, allouée au président du Conseil supérieur de l'audiovisuel, est fixé à 100.500 euros», soit 8375 euros par mois, contre 55.307 euros auparavant. Pour les autres membres du CSA, l'indemnité annuelle reste régie par l'arrêté du 26 novembre 2002 et ainsi maintenu à 47.406 euros.
Pourtant, contacté par Le Figaro, le Conseil supérieur de l'audiovisuel affirme «qu'Olivier Schrameck gagne exactement le même salaire que son prédécesseur». La publication au Journal Officiel des indemnités du président du CSA est en fait une simple régularisation d'une décision ministérielle prise en 2008 qui n'avait pas encore été rendue officielle, affirme une porte-parole du CSA. Les indemnités du président du CSA ont alors été alignées sur celles du président de l'Arcep, autorité de la concurrence, explique encore le CSA. Ainsi, le nouveau patron, tout comme son prédécesseur depuis 2008, touche un traitement de base de 83.000 euros auquel s'ajoutent des indemnités de 100.500 euros par an, soit près de 15.291 euros par mois, explique l'entourage du président du CSA.

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Salaire inférieur à celui d'ancien conseil d'État:

vendredi 25 janvier 2013

285.000 chômeurs supplémentaires en 2012.

<i>«La bataille contre le chômage ne se gagne pas en un mois mais sur la durée et nous ferons en sorte que ce soit au cours de l'année 2013»</i>, a déclaré Michel Sapin, ministre du Travail.
«La bataille contre le chômage ne se gagne pas en un mois mais sur la durée et nous ferons en sorte que ce soit au cours de l'année 2013», a déclaré Michel Sapin, ministre du Travail.

La fausse stabilité de décembre n'y changera rien : 2012 restera comme la deuxième pire année en matière de chômage de l'histoire. Les seniors et les chômeurs de longue durée ont particulièrement souffert. 


Pour une surprise, c'est une surprise… du moins à première vue. En décembre 2012, le nombre de chômeurs inscrits à Pôle emploi n'a pas varié: + 300 en catégorie A, alors que la tendance était à + 30.000 par mois depuis un an. «Cette stabilité est appréciable, a immédiatement commenté Michel Sapin. Pour autant, elle ne marque pas une inversion de la tendance à la hausse observée depuis 2008.»
Le ministre du Travail aurait en effet tort de se réjouir, car cette stagnation inattendue du nombre de chômeurs s'explique par la très forte hausse des sorties de Pôle emploi en décembre, et notamment des radiations (+24,5 %) et des cessations d'inscription pour défaut d'actualisation (+5,9 %). Deux raisons que les socialistes décriaient lorsqu'elles permettaient à l'exécutif précédent de se féliciter de données un peu moins pires que le mois précédent.

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2012, année noire:

mardi 22 janvier 2013

La baisse du chômage, une «ardente obligation».

«Nous avons beaucoup semé en attendant de voir les premiers résultats» a rappelé Michel Sapin, ministre du Travail (ici, en novembre à l'Assemblée).
«Nous avons beaucoup semé en attendant de voir les premiers résultats» a rappelé Michel Sapin, ministre du Travail (ici, en novembre à l'Assemblée).

Michel Sapin, ministre du Travail, n'a pas caché sa joie ni mâché ses mots, lundi, lors de ses vœux à la presse en qualifiant de « pas immense » l'accord sur la sécurisation de l'emploi conclu le 11 janvier par les partenaires sociaux.


Dans son discours, Michel Sapin a surtout vanté la possibilité pour les entreprises de «s'adapter avec souplesse et rapidité» grâce à cet accord, passant sous silence les droits nouveaux que les syndicats ont arrachés au patronat en contrepartie pour les salariés. Car, et il l'a répété avec force, rien ne doit faire perdre de vue l'objectif premier que le gouvernement s'est fixé pour 2013: l'emploi et la lutte contre le chômage.

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Inverser la courbe d'ici à la fin de l'année:

lundi 21 janvier 2013

La baisse du chômage, une «ardente obligation».

«Nous avons beaucoup semé en attendant de voir les premiers résultats» a rappelé Michel Sapin, ministre du Travail (ici, en novembre à l'Assemblée).
«Nous avons beaucoup semé en attendant de voir les premiers résultats» a rappelé Michel Sapin, ministre du Travail (ici, en novembre à l'Assemblée).

Michel Sapin, ministre du Travail, n'a pas caché sa joie ni mâché ses mots, lundi, lors de ses vœux à la presse en qualifiant de « pas immense » l'accord sur la sécurisation de l'emploi conclu le 11 janvier par les partenaires sociaux.


«À ceux qui rêvaient de casser le modèle français, à coup de big bang de la flexibilité, d'allégement du Code du travail, de remise à plat des prud'hommes ou de suppression du CDI, la réalité a glissé sous leurs pieds», a ironisé Michel Sapin, le ministre du Travail. Pour lui, ce serait même tout l'inverse et surtout pas «le grand soir de la révolution ultralibérale» que la gauche de la gauche notamment avait annoncé. Cet accord «fera date» et a même «toutes les chances d'entrer dans l'histoire de notre droit social et de nos relations sociales».

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«Les piliers même du modèle social français» :

jeudi 17 janvier 2013

Hollande lancera sa réforme des retraites «au printemps».

Le chef de l'État évoque des mesures qui pourraient prendre effet dès 2014.
Le chef de l'État évoque des mesures qui pourraient prendre effet dès 2014.

Le chef de l'État annonce une nouvelle conférence sociale pour le mois de juillet.

Pour ses vœux aux «acteurs de l'entreprise et de l'emploi», François Hollande avait convié à l'Élysée les patrons d'entreprises dont l'État est actionnaire et tous les partenaires sociaux. Mais c'est surtout à ces derniers qu'il s'est adressé - étaient notamment présents Laurence Parisot (Medef), Bernard Thibault (CGT), Laurent Berger (CFDT) et Jean-Claude Mailly (FO), quand il a évoqué l'accord «qui fera date», car «c'est le premier depuis quarante ans sur tous les sujets de l'emploi». Le chef de l'État s'est en effet réjoui d'un compromis qui aboutira à une meilleure «sécurisation» - même s'il a admis qu'il ne constituait qu'«une étape, encore insuffisante, contre la précarité».

Retranscription de l'accord:

mardi 8 janvier 2013

Taxe à 75 % : la majorité ne sait plus comment faire.

Jérôme Cahuzac, ministre délégué au Budget, compte «proposer quelque chose» rapidement afin que «les acteurs économiques soient informés».
Jérôme Cahuzac, ministre délégué au Budget, compte «proposer quelque chose» rapidement afin que «les acteurs économiques soient informés».

 La meilleure option qui s'offre au gouvernement consiste à passer par les entreprises, en prélevant auprès d'elles une sorte de taxe exceptionnelle sur les hauts salaires.



 

Entre David Assouline, porte-parole du PS, qui a appelé hier lundi à une contribution «exceptionnelle» sur les hauts revenus, Jérôme Cahuzac, le ministre délégué au Budget qui évoque une taxe «pérenne» - au minimum tout au long du quinquennat - ou Pierre Moscovici, le ministre de l'Économie souhaitant une taxe qui dure «le temps de la crise», autrement dit sans date de péremption, les quelque 2.000 Français qui gagnent plus de un million d'euros par an ont toutes les raisons au monde de ne plus rien comprendre au débat fiscal qui agite la majorité. Depuis la censure par le Conseil constitutionnel de la taxe à 75 %, le gouvernement cherche la parade sans trouver la formule magique: comment concilier promesse de campagne destinée à la gauche de la gauche avec réalité économique?
Ériger la fiscalité en slogan politique pour se faire élire sans avoir préparé finement la mesure qui la traduira dans les faits est une lourde erreur commise par François Hollande. Le chef de l'État aurait pourtant dû retenir la leçon malheureuse de son prédécesseur. Le bouclier fiscal à 50 % imposé contre vents et marées par Nicolas Sarkozy pour traduire son engagement électoral de ne pas prendre à un contribuable plus de la moitié du fruit de ses revenus s'est révélé, à l'usage, impossible à tenir au plan technique et s'est transformé en boulet pour la droite. Tout porte à croire que la taxe à 75 % sera celui de la gauche.

mercredi 4 juillet 2012

Hollande et Merkel veulent un «super-M. Euro».

Angela Merkel et François Hollande, dans les jardins de l'Élysée, le 27 juin.
Angela Merkel et François Hollande, dans les jardins de l'Élysée, le 27 juin.


 Paris et Berlin veulent renforcer le rôle du futur président de la zone euro pour qu'il soit «l'égal» du président de la BCE et du directeur du FMI, et participe aux G20.


 


L'indéboulonnable Jean-Claude Juncker sera sans doute reconduit pour quelques mois à la tête de l'Eurogroupe, mais ce n'est que le début de l'histoire: la France et l'Allemagne planchent sur l'installation, dès l'an prochain, d'un «super M. Euro» afin de doter la monnaie unique d'un responsable plus politique, plus visible et plus international que l'actuel premier ministre luxembourgeois.
Cette stature renforcée devrait porter le président de l'Eurogroupe à niveau égal du président de la BCE, Mario Draghi, ou à la directrice générale du FMI, Christine Lagarde, ont indiqué au Figaro des sources françaises et allemandes. Le mandat serait de cinq ans. La fonction deviendrait exclusive, obligeant l'intéressé à renoncer à ses responsabilités nationales.
Signe du renforcement du poste, le nouveau titulaire participerait aux sommets du G20, instance dont Jean-Claude Juncker s'est jusqu'ici trouvé exclu, à son plus grand dépit.
La réflexion, bien avancée à Paris et à Berlin, trouvera dimanche un premier exutoire: Angela Merkel devrait soulever la question avec François Hollande, lors d'un rendez-vous prévu à Reims pour célébrer le cinquantième anniversaire de l'entrevue de Gaulle-Adenauer, précise une source bien placée.

«Ministre des Finances» de la zone euro:

dimanche 24 juin 2012

Le doublement du plafond du livret A repoussé à la rentrée.


Le livret A est un produit d'épargne entièrement défiscalisé, actuellement rémunéré à 2,25%.
Le livret A est un produit d'épargne entièrement défiscalisé, actuellement rémunéré à 2,25%.
 
 
 Selon LeJournal du dimanche, le doublement des sommes autorisées sur le placement préféré des Français serait repoussé de 2 mois et se ferait en deux temps. L'objectif: éviter les transferts d'argent trop massifs.
 
 
Mesure phare de la campagne présidentielle, la réforme du livret A serait moins rapide que prévu, annonce aujourd'hui LeJournal du dimanche. Selon l'hebdomadaire, le président de la République serait sur le point de céder au lobbying des banques et des compagnies d'assurance, qui s'inquiètent de la promesse présidentielle de doubler le plafond du placement préféré des Français dès le mois prochain. Cette réforme, promise pour juillet, prévoit de doubler le montant de la somme maximale autorisée sur le livret A, actuellement limitée à 15.300 euros. Ce qui permettrait de financer la construction de 2,5 millions de logements intermédiaires, sociaux et étudiants promis par François Hollande dans ses 60 engagements.
Seulement voilà, les établissements bancaires craignent des transferts d'argent massifs des livrets bancaires vers ce placement défiscalisé, très apprécié des Français. Et elles le font savoir, soulignant que ce phénomène dangereux en période de crise risque d'assécher les liquidités à leur disposition. Les banques estiment d'ailleurs à 35 ou 40 milliards d'euros ces transferts d'épargne, précise le JDD. Mi-mai, François Pérol, le patron du groupe bancaire BPCE, avait estimé que, malgré son utilité, cette mesure serait trop coûteuse pour l'État.

Doublement par étapes:

vendredi 25 mai 2012

Les bisbilles Hollande-Merkel font baisser l'euro.

Angela Merkel et François Hollande, lors du Sommet européen cette semaine.
Angela Merkel et François Hollande, lors du Sommet européen cette semaine.


Pendant longtemps, la monnaie européenne s'est tenu à l'écart des crises des dettes souveraines. Ce n'est plus le cas aujourd'hui.



Peut-on accorder de la valeur à quelque chose qui n'existera peut-être plus demain? Dans l'atmosphère crépusculaire qui plombe l'Europe, à quatre semaines du solstice d'été, la baisse de l'euro semble la plus naturelle qui soit. Depuis le 6 mai, date des élections en Grèce, et accessoirement - pour les marchés financiers - de l'avènement de François Hollande, il a perdu 3,4 %, passant de 1,3084 à 1,2516 dollar jeudi. Une vraie dégringolade depuis le printemps 2011, où il tutoyait la barre de 1,50 dollar.
Pendant longtemps, l'euro s'est pourtant tenu à l'écart des crises des dettes souveraines. Et même l'été dernier, quand le syndrome grec a commencé à faire tache d'huile, contaminant l'ensemble de l'Europe du Sud, la monnaie unique a continué de faire bonne figure. Elle reste encore très au-dessus de son cours d'introduction de janvier 1999 (1,17 dollar) et a fortiori de ses niveaux de l'année 2000. Elle ne valait guère plus de 0,80 dollar alors, quand l'économie allemande était le malade de l'Europe.

dimanche 20 mai 2012

Au G8, les chefs d'État fixent un objectif de croissance.

Samedi à Camp David. De gauche à droite, Mario Monti, David Cameron, Angela Merkel, Barack Obama, François Hollande et Stephen Harper. Étaient également présents Dmitri Medvedev et Yoshihiko Noda.
Samedi à Camp David. De gauche à droite, Mario Monti, David Cameron, Angela Merkel, Barack Obama, François Hollande et Stephen Harper. Étaient également présents Dmitri Medvedev et Yoshihiko Noda.


 Pour son premier sommet international, le président François Hollande a revendiqué un premier succès.

Ambiance décontractée, en apparence. Avec plus d'une heure de retard, les chefs d'État et de gouvernement du G8, réunis à Camp David pour un sommet, ont pris samedi la pose devant les photographes. En pull, en chemise ou sans cravate, suivant les styles. François Hollande a gardé sa veste. Le rituel de la photo de famille est très encadré pour la presse: pas de prise de vue d'un angle non autorisé… Les moustiques avaient, de leur côté, été éradiqués quelques minutes auparavant, à coup de bombes insecticides. «Pas d'insectes, c'est une belle journée», a observé le président Barack Obama, en arrivant sur l'estrade et en saluant les journalistes. À côté de lui, l'autre vedette du jour, François Hollande s'amuse, très à l'aise. «Il n'y a que des Français», dit-il en pointant du doigt la presse nationale. Les deux hommes accaparent l'attention, éclipsant les chefs de gouvernement des six autres pays, Allemagne, Grande-Bretagne, Italie, Canada, Japon, Russie, ainsi que le président de la Commission européenne et celui de l'Union européenne, aussi présents. Une question à Obama... «Nous avons encore du travail», élude le président américain. Avez-vous parlé de la zone euro? «What kind of question», réplique Hollande en anglais. Quelle question.
Pour les principaux dirigeants du monde, ce ne fut qu'une courte pause au milieu d'un programme chargé: après la situation en Iran, en Syrie, vendredi soir, la croissance mondiale et la crise dans la zone euro et situation de la Grèce ont été les sujets principaux de la matinée de samedi. «Je considère que des avancées importantes ont été faites sur les principaux sujets à l'ordre du jour», s'est félicité François Hollande après la photo. «C'était ma première participation à un sommet international. J'avais au nom de la France l'objectif de mettre la croissance au cœur du débat et de faire que cette dimension puisse trouver toute sa place dans toutes les réunions. (...) Dans le G8, cette volonté de croissance, même si chaque dirigeant peut y mettre ses propres mots, a été partagée», s'est-il félicité. Il résume le double message du G8: «croissance et confiance». «Il n'y a pas de croissance sans confiance, pas de confiance sans croissance», a-t-il expliqué, satisfait de lui-même. «Le mandat que j'avais reçu du peuple français a été dans un premier temps honoré.»

Ne pas donner le sentiment qu'Angela Merkel serait isolée:

samedi 12 mai 2012

Angela Merkel tente de calmer le jeu avec François Hollande.


Face au succès remporté par le pacte de croissance de François Hollande auprès des dirigeants européens, Angela Merkel semble de plus en plus isolée au sein de l'Union européenne.
Face au succès remporté par le pacte de croissance de François Hollande auprès des dirigeants européens, Angela Merkel semble de plus en plus isolée au sein de l'Union européenne.
 
 
 Après s'être montrée inflexible jeudi, la chancelière allemande a déclaré, samedi, croire à un «partenariat stable» avec François Hollande.
 
Angela Merkel aime les contre-pieds. Au lendemain de la victoire de François Hollande à l'élection présidentielle, le 6 mai dernier, la chancelière allemande avait déclaré qu'elle accueillerait «à bras ouverts» le président élu. Jeudi, elle s'est montrée inflexible devant le Bundestag, refusant toute politique de relance par la dépense publique, politique prônée par le socialiste.
Et ce samedi, celle qui a soutenu Nicolas Sarkozy pendant la campagne présidentielle, a tenté de calmer le jeu, à trois jours de sa rencontre avec François Hollande, à Berlin. À la question, retenue par son vidéo-podcast hebdomadaire, sur un «possible partenariat stable avec le nouveau président français», Angela Merkel a répondu: «Oui, c'est ce que je crois, car nous savons depuis la création de la République fédérale d'Allemagne qu'une bonne relation franco-allemande est tout simplement très importante, pour les deux pays».

Angela Merkel isolée au sein de l'UE:

vendredi 11 mai 2012

François Hollande, un patrimoine juste sous l'ISF.

Le nouveau président de la République a dû détailler l'ensemble de son patrimoine et déposer sa déclaration auprès du Conseil constitutionnel.
Le nouveau président de la République a dû détailler l'ensemble de son patrimoine et déposer sa déclaration auprès du Conseil constitutionnel.


 Le président de la République nouvellement élu déclare un patrimoine de 1,17 million d'euros, sous le seuil de 1,3 million déclenchant le paiement de l'impôt de solidarité sur la fortune. Sa réforme de la fiscalité devrait l'épargner.

Comme la loi l'exige, le nouveau président de la République a dû détailler l'ensemble de son patrimoine et déposer sa déclaration auprès du Conseil constitutionnel. Cet inventaire est publié ce vendredi au Journal officiel, en même temps que les résultats officiels de l'élection présidentielle. Avec 1,17 million d'euros, François Hollande n'atteint pas le seuil de déclenchement de l'impôt de solidarité sur la fortune (ISF), fixé à 1,3 million d'euros depuis la réforme votée l'année dernière. Malgré la réforme de la fiscalité annoncée avant la fin de l'année, selon Les Échos , il devrait d'ailleurs continuer à échapper à l'ISF. Théoriquement, la réforme annoncée doit rabaisser le seuil de déclenchement du paiement de l'impôt. Les personnes dont le patrimoine se situe entre 790.000 euros et 1,3 million devraient néanmoins rester exemptées. Le couperet tombera pour les ménages déclarant plus de 1,3 million, qui seront imposés sur la valeur de leur patrimoine qui dépasse 800.000 euros.

Un patrimoine immobilier:

Bruxelles douche les promesses d'Hollande.

José Manuel Barroso, lors d'une conférence de presse à Bruxelles, le 8 mai. La Commission européenne a appelé les pays de l'UE à s'en tenir aux compressions budgétaires promises.
José Manuel Barroso, lors d'une conférence de presse à Bruxelles, le 8 mai. La Commission européenne a appelé les pays de l'UE à s'en tenir aux compressions budgétaires promises.


 La France aura le plus grand mal à tenir l'objectif d'un déficit public réduit à 3 % l'an prochain. À politique inchangée, le FMI attend déjà que Paris viole le contrat collectif, avec un déficit de 3,9 % en 2013.

Quelle que soit l'issue du bras de fer avec Berlin sur le dosage austérité-croissance, François Hollande fait face sans délai à un autre dilemme européen: à rebours des engagements pris avant et après la présidentielle, la France aura le plus grand mal à tenir, comme ses partenaires, l'objectif d'un déficit public réduit à 3 % l'an prochain.
La Commission européenne dévoile vendredi matin ses prévisions pour 2012 et 2013, et tout porte à croire que l'horizon s'assombrit dans l'Euroland, avec une fragile exception allemande: récession ou croissance en berne, chômage en hausse, recettes fiscales déprimées. Pour les capitales qui veulent tenir les 3 %, cela signifie mécaniquement la rigueur, davantage de coupes et plus d'impôts.
À politique inchangée, le FMI attend déjà que Paris viole le contrat collectif, avec un déficit de 3,9 % en 2013. Le président élu promet à ses interlocuteurs européens de tenir les 3 % et de contrôler la dette. Les chiffres de l'UE vont le contraindre à dire comment, en même temps qu'il reviendrait sur l'âge de la retraite et relancerait l'embauche de fonctionnaires.
Le calendrier des 3 % est distinct du traité budgétaire inspiré par Angela Merkel. Il a été arrêté au sommet dès 2009, deuxième année de la crise financière. C'était un signal clair que les règles de bonne gestion ne seraient plus transgressées. Avec l'espoir aussi que, quatre ans plus tard, l'Europe et l'euro seraient sortis du bois. La récession et les retombées électorales de l'austérité viennent bouleverser le tableau.
La France, partie de très haut avec un déficit de 7,5 % du PIB en 2009, figure aussi parmi les pays qui ont le moins bien engagé leur atterrissage: 5,3 % en 2012, c'est-à-dire plus près de l'Espagne, du Portugal ou de la Grèce que de l'Allemagne (1 %), ou de l'Italie (2,1 %) d'après les prévisions de l'UE à l'automne. Avec Nicolas Sarkozy, «Paris a suivi une des trajectoires les plus faciles», reconnaît un haut responsable européen. La marche paraît d'autant plus haute à l'arrivée de François Hollande: il lui faudrait économiser l'équivalent de 2 points de PIB, soit 40 milliards d'euros, malgré les promesses électorales.

Bon et mauvais déficit:

mardi 8 mai 2012

Les prix des carburants poursuivent leur repli .

Les cours se sont détendus sur les marchés internationaux, malgré les tensions autour de l'embargo contre le pétrole iranien, grâce à une augmentation de la production de l'Arabie saoudite mais aussi de la Libye et de l'Irak.
Les cours se sont détendus sur les marchés internationaux, malgré les tensions autour de l'embargo contre le pétrole iranien, grâce à une augmentation de la production de l'Arabie saoudite mais aussi de la Libye et de l'Irak.


 La baisse des prix à la pompe n'est que le reflet mécanique de la chute du cours du baril de brut observée à partir de la fin mars.

François Hollande s'était engagé à bloquer les prix de l'essence. À peine est-il élu que les prix des carburants baissent. Selon les chiffres communiqués lundi soir par le gouvernement, le prix moyen du litre de gazole en France a reculé de… 0,12 centime d'euro en une semaine et celui du super sans plomb (SP95) de 1,7 centime. Ces statistiques portent sur la semaine dernière. Et la baisse à la pompe n'est que le reflet mécanique de la chute du cours du baril de brut observée à partir de la fin mars. Depuis le 1er mai, le baril de brent, coté à Londres, a perdu près de 7 dollars, pour atteindre 112 dollars lundi soir. Il avait atteint 126 dollars fin mars. Les cours se sont détendus sur les marchés internationaux, malgré les tensions autour de l'embargo contre le pétrole iranien, grâce à une augmentation de la production de l'Arabie saoudite mais aussi de la Libye et de l'Irak.
L'or noir s'affaiblit aussi en raison de l'inquiétude des investisseurs pour la croissance américaine et mondiale. François Hollande avait d'ailleurs relevé cette détente sur le cours du baril lors du débat télévisé contre Nicolas Sarkozy, alors qu'il rappelait sa volonté de bloquer les prix des carburants. Pour l'automobiliste français, les prix moyens du gazole et du super diminuent - très modérément - depuis le 6 avril. Le carburant préféré des Français, le gazole, s'établissait à 1,4252 euro le litre le 4 mai, soit 2 centimes en dessous de son record historique du 16 mars, à 1,4584 euro. À 1,6109 euro, le litre de SP95 oscille toujours plus de 10 centimes au-dessus des sommets du mois de juin 2008 et porte le plein de 50 litres à 80 euros. Lourd pour le pouvoir d'achat des Français à deux mois des grandes transhumances estivales. Le Parisien rapportait lundi que la mesure de blocage des prix pourrait intervenir opportunément au 1er juillet.

Le pacte de croissance en cinq questions.

Le traité de stabilité, signé par les chefs d'État et de gouvernement le 2 mars. Le nouveau président français veut y ajouter un volet sur la croissance.
Le traité de stabilité, signé par les chefs d'État et de gouvernement le 2 mars. Le nouveau président français veut y ajouter un volet sur la croissance.


 Au lendemain de la victoire de François Hollande, tous les pays européens s'accordent sur la nécessité de prendre des mesures pour stimuler la croissance. Mais les moyens manquent dans une Europe surendettée.

1. Qu'entend-on par pacte de croissance?
L'objectif d'un pacte de croissance est de contrebalancer, au niveau européen, les effets négatifs des politiques de rigueur. Selon la définition du président de la Banque centrale européenne (BCE) Mario Draghi, il s'agit de trouver les moyens de renforcer le potentiel productif de chaque pays. En clair, de mener des réformes structurelles de nature à «faciliter les activités des entrepreneurs», car «la création de nouvelles entreprises et la création d'emplois sont cruciales».
Il s'agit moins, dans l'esprit de François Hollande, de mettre à la poubelle le traité durement négocié début 2012 que d'ajouter à celui-ci un volet pour la croissance. Le nouveau président souhaite notamment mettre en place des «projets d'infrastructure», comme le développement de réseaux haut débit, financés par la levée de fonds sur les marchés au niveau européen («euro-obligations»). «Mais on ne va pas relancer une politique de grands travaux et se mettre à construire des ponts partout si ça ne sert à rien pour l'activité», explique son entourage.
Le nouveau chef de l'État veut aussi augmenter les fonds de la Banque européenne d'investissement (BEI), ce qui est déjà en négociation à Bruxelles. Cette banque publique de développement investit surtout à long terme dans des projets d'infrastructure. «Il faudrait que l'argent des fonds structurels, peu utilisés aujourd'hui -car les États doivent co-investir et ils n'en ont pas les moyens - soit aussi redirigé pour financer la croissance», insiste-t-on au PS.
Une taxe sur les transactions financières au niveau européen, sans avoir d'impact négatif sur l'activité, servirait également à financer des projets.
2. Quels sont les pays qui ont intérêt à négocier le pacte de croissance?

lundi 7 mai 2012

Entreprises : une banque publique décentralisée.

François Hollande annonce une nouvelle politique industrielle, grâce à une banque publique d'investissement.


Pour relancer l'activité, François Hollande compte renégocier le pacte budgétaire européen afin d'y inclure un volet croissance. Mais il annonce aussi une nouvelle politique industrielle, grâce à une banque publique d'investissement. Fondée en rapprochant Caisse des dépôts, Fonds stratégique d'investissement et Oséo, cette nouvelle entité, dotée de 20 milliards d'euros, sera décentralisée. Les régions deviendront d'ailleurs «pivots de l'animation économique». Un livret d'épargne industrie pour financer les PME et des entreprises innovantes sera créé.
Pour favoriser la production et l'emploi, le président élu veut «orienter les aides publiques et les allégements fiscaux vers les entreprises qui investiront sur notre territoire, qui y localiseront leurs activités et qui seront offensives à l'exportation». La fiscalité locale des entreprises sera ainsi modulée «en fonction des investissements réalisés». En outre, seront créés trois taux différents d'impôt sur les sociétés: 35 % pour les grandes, 30 % pour les PME, 15 % pour les très petites.
Enfin, bien qu'il refuse d'expliquer le manque de compétitivité par le coût du travail, François Hollande a récemment reconnu que celui-ci ne pouvait pas grimper sans limite. Et s'est dit ouvert à des sources de financement de la Sécu autres que les cotisations sociales - écartant toutefois la TVA prônée par Nicolas Sarkozy. Le sujet doit figurer au menu des concertations avec les partenaires sociaux.

Priorité au blocage des loyers et aux HLM.


Construction de logements sociaux de la Ville de Paris, rue de la Poterne des Peupliers, dans le XIIIe arrondissement de Paris.
Construction de logements sociaux de la Ville de Paris, rue de la Poterne des Peupliers, dans le XIIIe arrondissement de Paris.
 
 
 Le nouveau président entend fixer, dans certaines grandes villes, un plafond de loyer.
 
 
 
 
Le thème du logement n'a pas été central dans cette campagne. Pour autant, François Hollande a relevé que les Français étaient excédés par la pénurie de biens disponibles et par l'envolée des prix qui en a découlé. Dans son programme, le nouveau président a donc présenté une batterie de mesures à ce sujet. Une d'entre elles a retenu l'attention du grand public: l'encadrement des loyers, «quand les prix sont manifestement excessifs», précise-t-il. Une façon selon lui d'enrayer la hausse des prix qui atteint plus de 20 % dans le centre-ville des grandes agglomérations.
Concrètement, François Hollande projette d'établir des références de prix ville par ville. Et les loyers proposés lors de la première location ou à la relocation d'un bien ne pourront pas excéder ce plafond.
«Dans les zones tendues, l'idée serait de limiter le niveau du loyer à 80 % des prix pratiqués en moyenne», souligne Thierry Repentin, le sénateur PS en charge du logement dans l'équipe Hollande. Cette proposition se heurte à une vive opposition des professionnels de l'immobilier. «Si la mesure est appliquée, un grand nombre de propriétaires qui louent leur appartement le retireront du marché, pronostique Laurent Vimont, directeur général du réseau d'agences, Century 21. Du coup, il y aura moins de biens à louer. Et, à terme, cela provoquera une augmentation des prix.»

Nouveau plafond du livret A:

Un an pour inverser la courbe du chômage.


François Hollande entend créer 500.000 contrats de génération au cours de son mandat.






Jamais un président nouvellement élu n'aura été confronté à une situation si complexe sur le front du chômage. Il faut remonter pas moins de treize ans en arrière pour retrouver des indicateurs aussi dégradés. Le taux de chômage frôle à nouveau 10 % de la population active, près d'un jeune actif sur quatre est sans emploi, les chômeurs de longue durée (sans emploi depuis plus d'un an) avoisinent 40 % des inscrits à Pôle emploi et l'ancienneté au chômage a bondi de près de 20 % depuis le début de la crise, à 464 jours.
Principale explication: alors que la population active progresse, la France ne crée plus assez d'emplois. Au contraire, le nombre de postes disponibles dans l'économie a même fondu de 200.000 ces cinq dernières années, une ­première dans la Ve République.
La crise y est évidemment pour beaucoup. Il n'empêche, pas un chef de l'État n'avait conclu un mandat avec un solde négatif. Même François Mitterrand, dont le premier septennat avait été meurtrier avec la disparition de pans entiers d'emplois dans la ­sidérurgie et le textile, affichait 56.300 créations au compteur en 1988.
François Hollande, qui se «donne un an» pour inverser la courbe du chômage, aura en tout cas bien du mal à tenir son engagement sans un coup de pouce - à ce stade très hypothétique - de la croissance. Selon les toutes dernières prévisions disponibles de l'Unedic (Assurance-chômage), le nombre de demandeurs d'emploi devrait progresser de 214.000 cette année - et ainsi dépasser allègrement la barre symbolique des 3 millions de chômeurs inscrits en catégorie A à Pôle emploi - et le nombre d'emplois marchands régresser de 123.000.
«L'année 2013, en revanche, devrait être meilleure sur le front de l'emploi, pronostique le nouveau locataire de l'Élysée, grâce à une amélioration de la conjoncture internationale, mais aussi grâce à nos premières mesures.»

100.000 emplois d'avenir:

Retraites : un retour partiel aux 60 ans.

En 2010, les syndicats, appuyés par la gauche, ont mobilisé contre la réforme Woerth des retraites.
En 2010, les syndicats, appuyés par la gauche, ont mobilisé contre la réforme Woerth des retraites.


 François Hollande ouvrira au second semestre une négociation avec les partenaires sociaux.





Une mesure d'urgence, puis un grand débat. Voilà le projet du nouveau président en matière de retraite. Le changement immédiat, présenté pendant la campagne comme un correctif à la réforme Woerth au nom de la justice sociale, consistera à permettre aux personnes ayant cotisé 41 ans de toucher une pension dès 60 ans - une extension du dispositif «carrières longues» de François Fillon (2003).
Pour en bénéficier, il faudra avoir travaillé sans interruption dès 19 ans. Les trimestres «validés» sans avoir été cotisés (chômage, congé parental...) ne compteront pas dans le calcul des 41 ans. L'entourage du candidat Hollande a néanmoins estimé que 150.000 personnes par an profiteraient du dispositif, sur environ 600.000 nouveaux retraités. D'un coût croissant au fil des ans (5 milliards en 2017), il sera financé par une hausse progressive d'un point des cotisations retraite, partagée entre salariés et entreprises.
Mais il s'agit d'une simple dérogation à l'âge légal - porté peu à peu à 62 ans -, pas d'une abrogation de la loi Woerth. Et la durée de cotisation pour une pension à taux plein devrait continuer à croître avec l'espérance de vie. François Hollande s'est bien gardé de promettre une remise à plat aux contours définis. Le nouveau chef de l'État compte ouvrir une négociation avec syndicats et patronat au second semestre, au cours de laquelle tous les sujets seront mis sur la table: âge, durée, financement, système par points…

Les impôts augmenteront dès juillet.


En juillet, le Parlement sera convoqué en session extraordinaire pour examiner les «promesses» fiscales de François Hollande.



Selon François Hollande, le redressement des finances publiques reposera majoritairement sur des hausses d'impôts. De fait, les contribuables n'auront aucun répit. Au lendemain des législatives, le Parlement sera convoqué en session extraordinaire en juillet pour examiner un texte financier reprenant les «promesses» fiscales du candidat. Lesquelles coûteront près de 14 milliards aux ménages.
Les classes moyennes supérieures seront particulièrement ponctionnées. Car le choc fiscal ne se limitera pas à la seule imposition à 75 % des revenus annuels dépassant 1 million d'euros, une mesure concernant moins de 10.000 contribuables.
Toute une kyrielle de hausses d'impôts, touchant des centaines de milliers de ménages, seront instaurées. La niche pour l'emploi à domicile sera rognée: le crédit d'impôt passera de 50% à 45% des salaires versés. Par ailleurs, l'ensemble des niches fiscales passera sous une toise plus basse: le plafond global sera fixé à 10.000 euros par an et par ménage. Au menu aussi, une tranche supplémentaire d'impôt sur le revenu à 45% pour les revenus annuels dépassant 150.000 euros par part. Les épargnants, eux, verront la taxation du capital alignée sur celle du travail.

Détricotage des réformes: