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mardi 8 mai 2012

L'Europe entre dans une zone de turbulences.


Les votes grec et français obligent l'UE à réviser ses dogmes.


Les Français comme les Grecs ont sanctionné la rigueur et l'Europe cherche à nouveau ses repères. Au lendemain de la victoire de François Hollande et de la cuisante défaite des partisans de l'euro à Athènes, l'UE s'est lancée lundi dans un rattrapage politique à marche forcée. Sous la bannière commune de la croissance, mais en ordre dispersé.
Beaucoup dépendra de la capacité du président élu et de la chancelière allemande à faire taire d'ici au 15 mai leurs dissonances sur ce qui constituait jusqu'à dimanche la boussole des capitales européennes: le pacte budgétaire et la discipline collective. Mais c'est le vote grec qui créé la consternation. En privant de légitimité démocratique le plan de sauvetage auquel l'Europe a voué deux ans durant une énergie considérable, il réveille immédiatement le spectre d'un éclatement de l'euro.
«La Grèce est à la limite de ce que son peuple peut encaisser» en matière d'austérité, reconnaît Michel Barnier face à la poussée électorale des extrêmes. Pour le commissaire français, l'équilibre reste à trouver dans toute l'UE «entre ce qui est crédible pour les marchés et ce qui est supportable pour les peuples». Angela Merkel sort affaiblie de l'épreuve, mais l'orthodoxie financière n'est pas pour autant battue en brèche: «Il est hors de question de renégocier le plan de sauvetage» laborieusement conclu en février avec Athènes, assure un responsable placé au cœur de la discussion.

«Toutes les dettes ne se valent pas»:

lundi 7 mai 2012

Entreprises : une banque publique décentralisée.

François Hollande annonce une nouvelle politique industrielle, grâce à une banque publique d'investissement.


Pour relancer l'activité, François Hollande compte renégocier le pacte budgétaire européen afin d'y inclure un volet croissance. Mais il annonce aussi une nouvelle politique industrielle, grâce à une banque publique d'investissement. Fondée en rapprochant Caisse des dépôts, Fonds stratégique d'investissement et Oséo, cette nouvelle entité, dotée de 20 milliards d'euros, sera décentralisée. Les régions deviendront d'ailleurs «pivots de l'animation économique». Un livret d'épargne industrie pour financer les PME et des entreprises innovantes sera créé.
Pour favoriser la production et l'emploi, le président élu veut «orienter les aides publiques et les allégements fiscaux vers les entreprises qui investiront sur notre territoire, qui y localiseront leurs activités et qui seront offensives à l'exportation». La fiscalité locale des entreprises sera ainsi modulée «en fonction des investissements réalisés». En outre, seront créés trois taux différents d'impôt sur les sociétés: 35 % pour les grandes, 30 % pour les PME, 15 % pour les très petites.
Enfin, bien qu'il refuse d'expliquer le manque de compétitivité par le coût du travail, François Hollande a récemment reconnu que celui-ci ne pouvait pas grimper sans limite. Et s'est dit ouvert à des sources de financement de la Sécu autres que les cotisations sociales - écartant toutefois la TVA prônée par Nicolas Sarkozy. Le sujet doit figurer au menu des concertations avec les partenaires sociaux.

Le dialogue social érigé en principe absolu.

Les leaders des principales organisations syndicales, François Chérèque (CFDT), Bernard Van Craeynest (CFE-CGC), Jean-Claude Mailly (FO), Jacques Voisin (alors président de la CFTC) et Bernard Thibault (CGT), à la sortie de l'Élysée en 2008.
Les leaders des principales organisations syndicales, François Chérèque (CFDT), Bernard Van Craeynest (CFE-CGC), Jean-Claude Mailly (FO), Jacques Voisin (alors président de la CFTC) et Bernard Thibault (CGT), à la sortie de l'Élysée en 2008.


 CGT et CFDT sont bienveillantes à l'égard de Hollande, mais assurent qu'il ne profitera d'aucun état de grâce.

Le nouveau chef de l'État a fait de la concertation avec les partenaires sociaux la pierre angulaire des réformes de son quinquennat. Tout comme la méthode de son mandat. Une conviction réelle, sans doute. Une façon, aussi, de se démarquer de son prédécesseur qui n'a cessé de vilipender les syndicats pendant la campagne. Un moyen, surtout, de donner corps à sa promesse d'être un président «rassembleur», maintes fois proclamée. Au risque de se montrer souvent imprécis, voire muet, sur les questions à trancher.
De fait, pas une disposition ne sera prise sans demander leur avis aux syndicats et au patronat, même concernant les sujets sur lesquels leurs chances de s'entendre sont plus que minces: mise en œuvre du contrat de génération, modification des modalités de fixation du smic, «nouvelle réforme» des retraites, transfert éventuel du financement de la Sécu vers d'autres assiettes que le travail, modulation des cotisations chômage, sécurisation des parcours professionnels, renforcement des droits des salariés, encadrement des dépassements d'honoraires… François Hollande a notamment promis de réunir syndicats et patronat dès la mi-juillet pour convenir avec eux des priorités économiques et sociales du quinquennat.

Le souvenir douloureux des 35 heures:

Un an pour inverser la courbe du chômage.


François Hollande entend créer 500.000 contrats de génération au cours de son mandat.






Jamais un président nouvellement élu n'aura été confronté à une situation si complexe sur le front du chômage. Il faut remonter pas moins de treize ans en arrière pour retrouver des indicateurs aussi dégradés. Le taux de chômage frôle à nouveau 10 % de la population active, près d'un jeune actif sur quatre est sans emploi, les chômeurs de longue durée (sans emploi depuis plus d'un an) avoisinent 40 % des inscrits à Pôle emploi et l'ancienneté au chômage a bondi de près de 20 % depuis le début de la crise, à 464 jours.
Principale explication: alors que la population active progresse, la France ne crée plus assez d'emplois. Au contraire, le nombre de postes disponibles dans l'économie a même fondu de 200.000 ces cinq dernières années, une ­première dans la Ve République.
La crise y est évidemment pour beaucoup. Il n'empêche, pas un chef de l'État n'avait conclu un mandat avec un solde négatif. Même François Mitterrand, dont le premier septennat avait été meurtrier avec la disparition de pans entiers d'emplois dans la ­sidérurgie et le textile, affichait 56.300 créations au compteur en 1988.
François Hollande, qui se «donne un an» pour inverser la courbe du chômage, aura en tout cas bien du mal à tenir son engagement sans un coup de pouce - à ce stade très hypothétique - de la croissance. Selon les toutes dernières prévisions disponibles de l'Unedic (Assurance-chômage), le nombre de demandeurs d'emploi devrait progresser de 214.000 cette année - et ainsi dépasser allègrement la barre symbolique des 3 millions de chômeurs inscrits en catégorie A à Pôle emploi - et le nombre d'emplois marchands régresser de 123.000.
«L'année 2013, en revanche, devrait être meilleure sur le front de l'emploi, pronostique le nouveau locataire de l'Élysée, grâce à une amélioration de la conjoncture internationale, mais aussi grâce à nos premières mesures.»

100.000 emplois d'avenir:

Retraites : un retour partiel aux 60 ans.

En 2010, les syndicats, appuyés par la gauche, ont mobilisé contre la réforme Woerth des retraites.
En 2010, les syndicats, appuyés par la gauche, ont mobilisé contre la réforme Woerth des retraites.


 François Hollande ouvrira au second semestre une négociation avec les partenaires sociaux.





Une mesure d'urgence, puis un grand débat. Voilà le projet du nouveau président en matière de retraite. Le changement immédiat, présenté pendant la campagne comme un correctif à la réforme Woerth au nom de la justice sociale, consistera à permettre aux personnes ayant cotisé 41 ans de toucher une pension dès 60 ans - une extension du dispositif «carrières longues» de François Fillon (2003).
Pour en bénéficier, il faudra avoir travaillé sans interruption dès 19 ans. Les trimestres «validés» sans avoir été cotisés (chômage, congé parental...) ne compteront pas dans le calcul des 41 ans. L'entourage du candidat Hollande a néanmoins estimé que 150.000 personnes par an profiteraient du dispositif, sur environ 600.000 nouveaux retraités. D'un coût croissant au fil des ans (5 milliards en 2017), il sera financé par une hausse progressive d'un point des cotisations retraite, partagée entre salariés et entreprises.
Mais il s'agit d'une simple dérogation à l'âge légal - porté peu à peu à 62 ans -, pas d'une abrogation de la loi Woerth. Et la durée de cotisation pour une pension à taux plein devrait continuer à croître avec l'espérance de vie. François Hollande s'est bien gardé de promettre une remise à plat aux contours définis. Le nouveau chef de l'État compte ouvrir une négociation avec syndicats et patronat au second semestre, au cours de laquelle tous les sujets seront mis sur la table: âge, durée, financement, système par points…

Déficits : un quinquennat sous contrainte .

Un trader observe le tableau des cours dans une salle de Bourse, la semaine dernière.
Un trader observe le tableau des cours dans une salle de Bourse, la semaine dernière.


 François Hollande devra donner des gages de crédibilité à Bruxelles et aux marchés.





Dette, fisca­lité, stratégie industrielle… C'est un quinquennat sous haute surveillance qui s'ouvre pour le nouveau président. Surveillance européenne d'abord: dans les prochains jours, Bruxelles publiera son jugement sur le programme de stabilité soumis en avril par le précédent gouvernement. Un rapport qui s'annonce plutôt sévère et pourrait être interprété comme un premier avertissement, craint-on dans l'équipe Hollande.
Surveillance des marchés financiers, ensuite: les investisseurs observeront de près le candidat qu'ils ont soupçonné durant la campagne d'être le moins à même de rétablir l'équilibre budgétaire. Quant aux agences de notation, elles ne se priveront pas de sévir à nouveau - pour l'instant, seule Standard & Poor's a ôté à la France son AAA - si elles ne ­jugent pas les engagements de François Hollande crédibles et s'il n'en donne pas des gages rapidement.
Pour l'heure, le nouveau président a inscrit dans son programme une prévision de 3 % de déficit public en 2013, conforme aux engagements déjà pris par la France. Mais il ne prévoit pas de retour à l'équilibre budgétaire avant 2017, alors que le gouvernement Fillon s'est engagé auprès de ses partenaires européens sur la date de 2016. Quant à la dette, elle passerait de 88,7 % du PIB en 2012 à 80,2 % en 2017. Des objectifs basés sur des prévisions de croissance qui apparaissent encore optimistes à ce stade (1,7 % en 2013, 2 % à 2,5 % ­ensuite). Autant dire que porter le discours sur l'économie et les finances publiques dans les mois à venir ne sera pas tâche facile pour le futur ministre de l'Économie.
Pour donner du crédit à son projet, François Hollande a insisté durant toute la campagne sur le fait que les mesures nouvelles de son programme - d'un montant de 20 milliards d'euros à l'horizon 2017 - seront financées par «des réductions de dépenses ou un financement spécifique». Il a par exemple indiqué que les 5 milliards d'euros consacrés à l'industrie et aux PME proviendront de «la diminution des avantages fiscaux accordés actuellement aux très grandes entreprises et au secteur financier».

L'Allemagne ajuste son tandem avec la France.

Pour Angela Merkel, les promesses électorales du candidat socialiste ne sont pas gravées dans le marbre.
Pour Angela Merkel, les promesses électorales du candidat socialiste ne sont pas gravées dans le marbre.


 La chancelière Angela Merkel veut croire qu'Hollande cherchera une «solution pragmatique» à leurs désaccords.



C'est un rude coup pour Angela Merkel. La chancelière allemande a perdu dimanche soir son plus proche allié pour s'imposer face à ses partenaires européens dans la gestion de la crise de l'euro. La défaite de Nicolas Sarkozy, qu'elle aura soutenu jusqu'au bout, est aussi un peu la sienne. Cependant, son parcours politique en atteste: Merkel est douée pour s'adapter aux nouvelles réalités. Cela fait déjà plusieurs semaines que son équipe se prépare à l'éventualité d'une victoire de François Hollande. Le socialiste ne fait plus peur à Berlin. Son premier coup de fil, dimanche soir, devait être pour la chancelière.
François Hollande avait passablement irrité les Allemands en promettant pendant sa campagne de ne pas ratifier en l'état le traité de discipline budgétaire. Le candidat socialiste voulait y inclure un volet de mesures de soutien à la croissance, portant notamment sur le financement au niveau européen de grands projets industriels ou environnementaux. Merkel avait répondu sèchement qu'il n'y aurait pas de renégociation du texte, considéré à Berlin comme l'aboutissement de sa vision d'une Europe imprégnée de la «culture de stabilité» germanique. Avant de faire un petit pas en direction d'Hollande en indiquant que l'Union européenne préparait «un agenda croissance» en vue du sommet de fin juin.
Hollande, qui a dit vouloir s'inscrire dans la tradition franco-allemande en effectuant son tout premier déplacement outre-Rhin, est attendu à Berlin en fin de semaine ou au tout début de la semaine prochaine, dans la foulée de son investiture. Il devrait s'entretenir de façon informelle avec la chancelière de la manière d'amender le traité. Merkel veut empêcher que les initiatives de soutien à la croissance ne retardent sa ratification. Pour déjouer tout risque d'isolement, elle a déjà rallié l'Italien Mario Monti. Et elle cherche à rassembler autour de leur tandem un nombre significatif des vingt-cinq pays signataires du traité, afin de ratifier le texte sans attendre la France.

samedi 5 mai 2012

Ces marques qui font parler d'elles avec la présidentielle.


Le coffret de chocolats pour le second tour de la présidentielle commercialisé par la marque Paris Chocolat . DR
Le coffret de chocolats pour le second tour de la présidentielle commercialisé par la marque Paris Chocolat . 
 
 
 Chocolats, figurines, vêtements et même sous-vêtements... les produits dérivés autour de la présidentielle ont permis à certaines marques de se faire connaître avec créativité.
 
 
Des candidats aux fortes personnalités, des joutes verbales, une dose de suspens,... l'élection présidentielle, temps fort de la vie politique française, fournit une occasion en or pour les marques de se distinguer par leur créativité. Pour certaines d'entre elles, c'est même l'opportunité de se faire connaître. Parmi elles, la marque Paris Chocolat, créée l'année dernière, a fait parler d'elle avec ses coffrets de chocolats à l'effigie des candidats à l'élection. La société Popilz, qui veut se lancer dans la vente de figurines humouristiques inspirées de célébrités, propose, de son côté, depuis le 23 avril ses premiers personnages à l'effigie de Nicolas Sarkozy et de François Hollande. MarionDem, jeune créatrice qui a lancé en décembre dernier la marque de lingerie Panty Me, a lancé des culottes imprimées aux couleurs des candidats. Plus connue et plus ancienne, la marque réunionnaise Pardon! a commercialisé une chemise réversible si on hésite à soutenir le candidat UMP ou PS.
Dans ces opérations, la rentabilité n'est pas souvent au rendez-vous. «On sait bien que ce n'est pas une chemise à porter tous les jours. Nous voulons surtout faire connaître la marque», explique Peter Martes, fondateur de la marque Pardon! qui mise sur des produits humouristiques en lien avec l'actualité . Quitte à risquer une amende pour atteinte au droit à l'image, comme en 2008. Chez Popilz également, «le but n'est pas d'engranger des bénéfices mais de se faire connaître et de tester le marché», affirme Bastien Rochard, gérant de la société. «L'élection présidentielle est le meilleur moment pour créer de la notoriété autour d'une marque. Les médias et citoyens ne parlent que de ça pendant un mois. C'est l'occasion d'en parler avec humour.»

vendredi 4 mai 2012

La presse financière anglo-saxonne reconsidère Hollande.


François Hollande lors de sa visite à Londres, le 29 février dernier.
François Hollande lors de sa visite à Londres, le 29 février dernier.
 
 
 François Hollande est un «pragmatique», reconnaît l'éditorialiste du Financial Times. Il se pourrait même qu'il abandonne ses promesses sur le perron de l'Élysée, estiment les commentateurs étrangers.
 
 
«Arrêtez de vous inquiéter à propos d'une nouvelle révolution française!», s'exclame le journaliste Philip Stephens dans un éditorial du Financial Times paru ce vendredi. Une probable victoire du candidat socialiste à la présidentielle, François Hollande, ne provoquera pas la levée de barricades insurrectionnelles, explique-t-il en substance. Cette prise de position révèle un changement de ton, de la part de la presse financière anglo-saxonne, à l'égard du favori des sondages.
Ce point de vue, paru dans le très influent quotidien financier de la City, vient en contrebalancer la charge menée depuis plusieurs semaines par le non moins influent hebdomadaire britannique The Economist . Ce dernier a qualifié le candidat socialiste de «plutôt dangereux». Le danger est ailleurs, rétorque donc le Financial Times: du côté des scores du premier tour de Marine Le Pen et de Jean-Luc Mélenchon, «aperçu de l'humeur révolutionnaire planant sur l'Europe».
Les journalistes financiers britanniques et américains se demandent quel président sera François Hollande, s'il remporte l'élection. «Sera-t-il capable de restaurer la confiance, de redresser une économie fragile? Ou bien présidera-t-il à une rapide descente aux enfers, suivant le chemin de la Grèce?», s'interroge Peter Grumbel, éditorialiste à l'agence Reuters.
Tout dépend si François Hollande tient ses promesses de campagne. Dans ce cas, «la sortie de crise sera laborieuse, les impôts, les taxes et le coût du travail augmenteront», prévoit l'observateur. Mais nous ne sommes plus en 1981: le soclaliste n'envisage pas de nationaliser les banques, il se contentera de séparer, à la britannique, les banques d'affaires des banques de détail.

jeudi 3 mai 2012

Fiscalité, emploi, déficit : deux visions opposées .


Les sujets économiques, fiscaux et sociaux ont occupé une large partie du débat mercredi soir entre les deux candidats à l'élection présidentielle. Rappel de leurs propositions point par point.


• Chômage:

Les postulants à l'Élysée ont attaqué ce débat de second tour sur la question de la lutte contre le chômage, chacun des deux y allant de ses chiffres (1 million de chômeurs en plus depuis 2007 selon François Hollande, 400.000 selon Nicolas Sarkozy) et de ses propositions.
Le candidat socialiste a mis en avant les 150.000 emplois d'avenir qu'il entend créer dans les quartiers populaires pour les jeunes en difficulté et les 500.000 contrats de génération (l'embauche d'un jeune en CDI en échange du maintien dans l'emploi d'un senior, grâce à des exonérations de charge) qu'il souhaite développer dans les entreprises. Le président sortant a, quant à lui, mis en avant les accords compétitivité-emploi qu'il propose de négocier dans les entreprises pour mieux adapter les salaires et la durée du travail à la conjoncture, et aussi la TVA antidélocalisation, qui permettra de baisser le coût du travail en France.
Les deux candidats auront finalement passé assez peu de temps sur ce thème majeur qui demeure malgré tout la préoccupation numéro un des Français.

• Impôts:

mardi 1 mai 2012

Marine Le Pen «votera blanc» dimanche.

Marine Le Pen, mardi 1er mai, à Paris.
Marine Le Pen, mardi 1er mai, à Paris.

 La présidente du Front national n'a pas donné de consigne de vote à ses partisans. «Chacun d'entre vous fera son choix en son âme et conscience», a-t-elle dit lors d'un discours prononcé à Paris.

«Je voterai blanc dimanche et je voterai bleu Marine en juin» aux législatives, a tonné mardi Marine Le Pen lors de son discours, place de l'Opéra, à Paris. La présidente du Front national s'exprimait devant plusieurs milliers de sympathisants rassemblés pour la fête de Jeanne d'Arc.
«Chacun d'entre vous fera son choix en son âme et conscience, selon sa sensibilité, a ajouté la candidate d'extrême droite, qui a obtenu 17,9% des voix au premier tour. Ceci est votre liberté première de citoyen que j'exerce moi aussi. Je n'accorderai donc ni confiance ni mandat» à Nicolas Sarkozy et à François Hollande, a-t-elle argumenté.
La députée européenne n'a ainsi délivré aucune consigne de vote à ses 6.421.426 électeurs. «Certains espèrent dans un semblant de patriotisme de droite, certains croient encore dans un certain semblant d'égalité et de fraternité de gauche, a-t-elle déclaré. Je crois moi qu'il ne reste plus que l'illusion d'une certaine droite et l'illusion d'une certaine gauche. À titre personnel, je me détournerai de ces mirages», a-t-elle insisté.
Pressentant les critiques que ce choix ne manquera pas de susciter, Marine Le Pen a soutenu que ses électeurs n'auraient «aucune responsabilité dans l'échec de l'un ou l'autre» des finalistes.


Des milliers de manifestants défilent contre l'austérité .

Des milliers de personnes ont commencé à défiler mardi à travers toute la France pour dire non à l'austérité imposée selon eux par l'Union européenne.
Des milliers de personnes ont commencé à défiler mardi à travers toute la France pour dire non à l'austérité imposée selon eux par l'Union européenne.


 Près de 290 cortèges, selon la CGT, devraient défiler dans toute la France aujourd'hui.



Des milliers de personnes ont commencé à défiler mardi à travers toute la France pour dire non à l'austérité imposée selon eux par l'Union européenne et réclamer une véritable politique de croissance à cinq jours du second tour de la présidentielle.
Près de 290 cortèges sont annoncés par la CGT, dont l'un dans l'après-midi à Paris, où les marcheurs auront été précédés par une manifestation du Front national et où ils défileront pendant un meeting politique organisé par le président sortant.
L'intersyndicale (CFDT, CGT, FSU, Solidaires et Unsa) promet qu'il n'y aura pas de message politique sur les banderoles des défilés du 1er Mai, mais la CGT, à la différence des autres organisations, a appelé à «battre Nicolas Sarkozy».
À Marseille, environ 20.000 personnes, selon les syndicats, ont manifesté pour un défilé plus social que politique. «Cela lui donne un parfum particulier, mais nous ne mettons pas pour autant nos exigences revendicatives dans la poche», a affirmé la déléguée départementale de la CGT, Mireille Chessa. La banderole de tête derrière laquelle tous les syndicats, à l'exception de FO, ont défilé, résumait cet état d'esprit. «Contre les politiques d'austérité, travailleurs unis, pour le progrès social», pouvait-on y lire. Les salariés de Fralib, qui depuis presque deux ans s'opposent à la fermeture du dernier site en France à fabriquer les tisanes L'Éléphant, ont ouvert le cortège.
À Bordeaux, plus de douze mille personnes ont arpenté les rues de la ville. Une participation beaucoup plus importante qu'il y a un an, selon les organisateurs. «Nous estimons la participation à 15.000 personnes», s'est félicitée au nom de l'intersyndicale Cathy Sargenton, porte-parole de la CGT Gironde. Selon elle, à peine 3.000 personnes s'étaient mobilisées lors du 1er mai 2011.
Entre 10.000 et 40.000 manifestants, selon la police ou les organisateurs, ont défilé dans les rues de Toulouse, où les slogans hostiles au président sortant n'ont pas manqué. La banderole de tête, siglée CGT, CFDT, FSU et Unsa, faisait état des thèmes traditionnels du syndicalisme comme la défense des salaires, de l'emploi ou du service public, mais les slogans plus politiques ont aussi fusé. Les syndicats ont très fortement mobilisé à Rennes. La CGT a annoncé la présence de 10.000 personnes quand elle n'en avait comptabilisé que 1250 l'an dernier. La préfecture a fait état d'un chiffre provisoire de 6000 manifestants. Si la banderole de tête de l'intersyndicale CGT, CFDT, FSU, Unsa et Solidaires s'en tenait à des revendications sociales sur l'emploi, les retraites, le pouvoir d'achat et la lutte «contre toutes les discriminations», l'ambiance derrière était nettement plus politique.

Hollande à Nevers pour rendre hommage à Bérégovoy:

vendredi 27 avril 2012

Sarkozy, Hollande : passez les programmes au banc d'essai.

Crise économique, envolée du prix du baril, dérapage des dépenses de l'État… Les promesses des candidats tiendraient-elles face à l'adversité ? Testez-les avec l'application développée en partenariat avec l'Institut de l'entreprise.




Note: Nicolas Sarkozy vise l'équilibre des finances publiques en 2016, François Hollande en 2017.


Romain Lucazeau, chargé de mission à l'Institut de l'entreprise, détaille les mécanismes à l'œuvre dans le banc d'essai des programmes.


Our site. - Pourquoi soumettre les programmes des candidats à ce banc d'essai?
Romain LUCAZEAU. - Même si, par rapport à la campagne présidentielle de 2007, les programmes des deux principaux candidats sont plus précis, ils présentent encore des zones d'ombre et se fondent sur des scénarios économiques un peu différents. Cela rend les comparaisons difficiles. Nous avons donc essayé de leur appliquer les mêmes variables économiques: taux de croissance, inflation, taux de chômage, d'ici à 2017. Nous voulions également découvrir ce qu'il advenait des finances publiques si les programmes étaient appliqués avec, notamment, une croissance moindre que celle prévue par les candidats, par exemple celle que la France a connue, en moyenne, ces dix dernières années.
À l'origine, ce type d'exercice est appliqué par les autorités financières aux banques. Ces dernières sont soumises à des scénarios économiques dégradés, pour évaluer leur résistance en cas de crise économique. Nous utilisons une méthode similaire pour tester les capacités des candidats à atteindre leur objectif affiché (zéro déficit en 2016 pour Nicolas Sarkozy, en 2017 pour François Hollande).

lundi 16 avril 2012

La présidentielle ne déchaîne pas les passions au bureau.

Si l'entreprise reste communément considérée comme un lieu politiquement neutre, 57 % des salariés disent y parler politique.
Si l'entreprise reste communément considérée comme un lieu politiquement neutre, 57 % des salariés disent y parler politique.


 À J -6 du premier tour, le sujet ne suscite pas de polémiques enflammées dans les entreprises. Si l'on y commente l'actualité, pas question de dévoiler ses intentions de vote.


«Je sais pour qui vote mon chef. Je le vois à ses boutons de manchettes. Il doit penser que je vote à gauche, car je ne suis pas précisément la représentation de la France traditionnelle. Pourtant, ma voix ira à Sarkozy, comme en 2007.» Son opinion, Éloïse, 38 ans, consultante informatique chez Orange, ne l'étale ni auprès de sa famille et de ses amis «qui votent à gauche», ni sur son lieu de travail. «Au bureau, les gens parlent de l'actualité internationale, des faits divers, mais pas de politique. Le sujet est source de dissensions.»
Une position que partage Dimitri, 37 ans: «Je travaille dans un groupe de médias. Le sujet est donc sensible. Mes opinions politiques n'étant pas forcément en phase avec la ligne dominante, je fais très attention à ce que je dis…» Et si, dans ladite entreprise, des collaborateurs expriment clairement leurs intentions, c'est, selon ce cadre, «parce qu'ils appartiennent à cette ligne ou parce qu'ils sont syndiqués et se sentent suffisamment couverts par leurs instances syndicales pour le faire».

Les propositions des candidats sur l'économie et le social.

À une semaine du premier tour de l'élection présidentielle, notre site résume les positions des cinq candidats arrivant en tête des sondages.
• François Hollande
• Nicolas Sarkozy
• Jean-Luc Mélenchon
• François Bayrou
• Marine Le Pen

François Hollande (PS):


François Hollande, le 15 avril à Vincennes.
François Hollande, le 15 avril à Vincennes.
• Économie-fiscalité:
François Hollande promet de créer 60.000 postes dans l'Éducation nationale et 5000 à la Justice et à l'Intérieur. Le candidat PS a surtout un vaste programme fiscal. Il veut taxer à 75 % les revenus dépassant 1 million d'euros par an et à 45 % ceux dépassant 150.000 euros. Les revenus du capital seraient taxés comme ceux du travail, l'ISF serait alourdi (avec un retour au barème d'avant la réforme de 2011). Côté entreprises, le candidat PS veut moduler l'impôt sur les sociétés en fonction de la taille de l'entreprise. Il compte créer une banque publique d'investissement et un livret dédié au financement des PME. François Hollande souhaite que l'écart maximal de salaires entre le dirigeant et le salarié soit de 1 à 20 dans les entreprises publiques. Il veut séparer l'activité des banques. Et réduire la part du nucléaire dans la production d'électricité de 75 % à 50 % à horizon 2025. Enfin, le candidat PS réclame une renégociation du traité européen pour y ajouter un volet croissance.
• Social:

dimanche 15 avril 2012

Vincennes VS La Concorde : le sprint des favoris.

Hollande et Sarkozy - AFP François Hollande et Nicolas Sarkozy seront tous les deux en meeting ce dimanche. Des lieux symboliques, sur le modèle de Jean-Luc Mélenchon à la Bastille. « Les socialistes vont au bois et Nicolas Sarkozy à l’hôtel Crillon, à l’ambassade des Etats-Unis » ironise François Delapierre, porte-parole du Front de Gauche. 
Le marathon de Paris a lieu dimanche matin. 40 000 coureurs vont précéder François Hollande et Nicolas Sarkozy, qui tiennent meeting dans l’après midi. Au château de Vincennes, Bertrand Delanoë s’exprimera avant François Hollande. Dans le même temps, Nicolas Sarkozy doit prendre la parole à la Concorde, en face de l’Assemblée Nationale. Ce chevauchement de meetings, à la minute près, illustre la course de vitesse qui s’est engagée entre les deux candidats, quelques jours à peine avant le premier tour. C’est l’équipe du candidat socialiste qui, la première, a annoncé la tenue d’un rassemblement en plein air il y a quelques semaines. L’UMP a, en quelque sorte, répliqué, avec un appel à la Concorde le même jour. Pourtant Nicolas Sarkozy réfute un alignement sur le meeting socialiste. « Je n'avais pas observé que M. Hollande faisait un rassemblement le même jour, encore que j'aurais pu m'en douter ».

samedi 14 avril 2012

Impôts : ce qui nous attend !.


Hollande annonce 16 milliards d'impôts en plus sur les ménages s'il est élu. Sarkozy, qui les a déjà augmentés cette année, promet d'en rester (presque) là. Le point sur leurs projets fiscaux.


On ne parle que de «ça»: en famille, entre amis, chez les commerçants, à la sortie de l'école… Moins les candidats à l'élection présidentielle l'évoquent, plus elle obsède les Français. «Ça», c'est la hausse des impôts qui va s'abattre sur les contribuables dans les mois qui viennent. Car si tous ne sont pas promis au même enfer fiscal, rares sont ceux qui sont certains d'y échapper. De l'ISF à la TVA en passant par l'impôt sur le revenu, les impôts locaux ou la CSG, tous les candidats à l'élection présidentielle - sans exception! - promettent d'augmenter les impôts. Plus de sept Français sur dix s'y attendent, selon notre sondage Opinion Way - Fiducial.
Conscients de la nécessité de redresser les comptes publics, les Français sont franchement sceptiques sur la façon dont s'y prennent les politiques. Selon notre sondage, 83% sont convaincus qu'il vaudrait mieux commencer par s'attaquer à la réduction des dépenses publiques. Las… Les deux favoris du 6 mai, Nicolas Sarkozy et François Hollande, ont détaillé ces derniers jours leurs propositions fiscales, qui ne laissent guère de doute sur leurs intentions.

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Du côté du président-candidat, on affirme que le rééquilibrage des comptes passe aux trois quarts par la maîtrise des dépenses publiques. La hausse des impôts n'y contribuera que pour un quart. Par ailleurs, ajoute-t-on dans l'entourage du chef de l'État, l'essentiel des hausses d'impôts a déjà été voté. Ces derniers mois, 32 milliards d'euros de recettes nouvelles ont en effet été actés par le Parlement et ont commencé à entrer en vigueur. C'est largement grâce à cette hausse des prélèvements obligatoires que la France a pu afficher un déficit public moins important que prévu en 2011: 5,2% du PIB au lieu des 5,7% initialement attendus.

jeudi 5 avril 2012

L'impossible équation budgétaire de François Hollande.


S'il est élu, le candidat PS promet de faire voter avant juillet son projet fiscal prévoyant 50 milliards de hausse d'impôts.


Désormais, ce sera programme contre programme. Nicolas Sarkozy doit présenter jeudi un récapitulatif des mesures qu'il a annoncées depuis le début de sa campagne. François Hollande a publié, de son côté, le calendrier de son projet et précisé l'ordre des premières décisions qu'il prendrait s'il devait être élu. Symbolique, la première mesure de la feuille de route serait la «réduction de la rémunération du chef de l'État et des membres du gouvernement de 30 %». Au bout de quelques semaines, il s'attachera à «redonner du pouvoir d'achat aux Français» (augmentation de l'allocation de rentrée scolaire de 25 %, blocage des prix du carburant…) et à «combattre les injustices» (droit à la retraite pour les personnes ayant commencé à travailler jeune…). Viendra alors le plat de résistance de son programme: une réforme fiscale d'envergure, qui préemptera tous les sujets. Même si toutes les mesures ne pourront pas entrer en vigueur immédiatement, Hollande veut qu'elles soient toutes votées dès l'été, lors la session extraordinaire du Parlement. Au menu: suppression de niches fiscales, modulation de l'impôt sur les sociétés au bénéfice des PME, relèvement de la taxation des revenus du capital au même niveau que les revenus du travail, surtaxe sur les banques et les sociétés pétrolières, tranche d'impôt à 75 % pour les revenus au-dessus de 1 million d'euros, retour au barème de l'ISF… Ce n'est qu'ensuite, à partir de l'automne 2012, que le projet prévoit de se pencher sur la décentralisation, l'embauche des 60.000 fonctionnaires dans l'éducation nationale, la création de la banque publique d'investissement ou encore la négociation avec les partenaires sociaux sur la réforme des retraites.

«Modèle grec»:

samedi 16 juillet 2011

Dette : Hollande s'aligne sur l'objectif du gouvernement.


François Hollande.
François Hollande. 
 
Le candidat à la primaire socialiste François Hollande estime dans une interview au Monde que le déficit de l'État doit être réduit à 3% dès 2013. La même échéance que celle fixée par Bercy.
 
François Hollande rompt avec la ligne du parti socialiste en matière de réduction de la dette. Le candidat à la primaire socialiste entend ramener «dès 2013» le déficit public à 3%, soit un an avant la date fixée dans le programme officiel du parti socialiste, a-t-il déclaré dans un interview au Monde. Il s'aligne ainsi sur l'engagement pris par le gouvernement Fillon envers ses partenaires européens.
«Il faut rééquilibrer nos comptes publics dés 2013», c'est-à-dire le ramener à cette date à 3% du produit intérieur brut (PIB), a-t-il déclaré. «Nous ne pouvons pas laisser gonfler la dette publique au risque de faire de la charge de nos intérêts le premier budget du pays, ce qui altèrerait toutes nos marges de manœuvre, a-t-il expliqué. La dette est l'ennemie de la gauche et de la France.» Le parti socialiste a fixé dans son programme une trajectoire de réduction de la dette plus lente, avec un déficit à 3% du PIB en 2014 seulement.
François Hollande rejoint ainsi les objectifs actuels de Bercy. Le ministère des Finances doit réduire le déficit à 6% fin 2011, à 4,6% fin 2012, à 3% fin 2013 et à 2% fin 2014. Avec une telle politique, la dette publique commencerait à baisser, selon le gouvernement, en 2013. Le tout avec une croissance de 2% en 2011 et de 2,5% les années suivantes (cette dernière hypothèse étant jugée optimiste par nombre d'économistes). 

Baroin critique le PS: