Infolinks

Google Recherche

jeudi 3 mars 2011

La flambée du pétrole freine les métaux de base et les céréales.

 
Les métaux de base souffrent des répercussions inflationnistes induites par la flambée des cours du brut. Les matières premières agricoles - blé, maïs -chutent également, alors que les positions des investisseurs « spéculatifs » ont nettement diminué.

Il y a souvent une corrélation inverse entre les cours du pétrole et ceux des métaux de base. Tandis que les prix du pétrole se sont envolés à des sommets inédits depuis deux ans et demi à la suite de la révolte en Libye, les métaux de base ont au contraire souffert des répercussions inflationnistes de la hausse des prix énergétiques.
Le cuivre, considéré comme un indicateur économique avancé, a reculé à 9.425 dollars la tonne la semaine passée (il a retrouvé quelques couleurs depuis). Et comme à la fin de 2007, le ratio rapportant le cours du cuivre à celui du pétrole a été jusqu'à perdre 17 %. Les investisseurs financiers considérés comme des spéculateurs ont fortement réduit leurs positions longues - de 30 % -la semaine passée, à 24.200 contrats, soit le niveau le plus faible depuis cinq mois. De la même manière, les cours du palladium et du platine ont chuté, perdant sur les deux séances des 22 et 23 février 10 % et 4 %, avec un plus bas à 762 dollars et à 1.776 dollars l'once respectivement.
Dans l'ensemble, les cours des matières premières agricoles ont aussi corrigé à la baisse, les investisseurs se tournant vers des actifs défensifs plus traditionnels. Et ce alors que les fondamentaux de l'offre et de la demande restent globalement inchangés, avec une insuffisance de blé et une demande extrêmement soutenue. « Au cours des dernières semaines, de nombreux pays d'Afrique du Nord se sont précipités pour constituer des stocks de blé afin d'éviter toute pénurie alimentaire et ont acheté de fortes quantités de blé », rappelle l'équipe de recherche spécialisée sur les matières premières de Natixis. L'agence FranceAgriMer a relevé ses prévisions d'exportation à destination de pays hors Union européenne.


« Prétexte »:
« Pour les céréales à paille (blé, orge, avoine, riz...), c'est la panique qui a pris l'ascendant sur l'évolution des prix, avec une amplitude de marché de 32 euros par tonne sur Euronext entre le plus haut et le plus bas de la semaine écoulée. La situation géopolitique dominée par la Libye a servi de prétexte aux fonds pour solder leurs positions à l'achat et prendre leurs profits, commente Agritel, société de conseil en gestion des risques de marchés. S'en sont suivies des ventes liquidatives de la part des opérateurs de la filière les moins couverts ou en positions spéculatives sur le marché, rappelant ainsi le danger de ces dernières. » Sur la semaine, ce sont ainsi près de 23.000 lots qui étaient soldés par les fonds, portant leurs positions à l'achat sur le blé à Chicago, au plus bas niveau depuis mi-novembre.
Le maïs n'a pas été épargné. Mais le recul hebdomadaire des cours a été plutôt modéré, avec un marché qui s'est inscrit seulement à 5-10 euros la tonne en deçà des récents plus hauts. Quant au colza, il a testé un support à 440 euros la tonne sur l'échéance mai 2011 dans un marché nerveux et mené par les ventes liquidatives de la part des fonds. « Tant que les tensions politiques et les troubles sociaux persisteront, les cours pourraient encore connaître des évolutions brutales », conclut Natixis.

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire