Il aura fallu moins de trois semaines pour que
tombe à l'eau le projet de fusion entre CBD, le premier distributeur
brésilien, et Carrefour Brésil, rendu public le 28 juin, après qu'il eut
été révélé par des rumeurs de presse. Approuvée le 4 juillet par le
conseil d'administration de Carrefour et défendue par Abilio Diniz, le
président de CBD, au grand dam de son partenaire français Casino -avec
lequel l'homme d'affaires brésilien co-contrôle le groupe connu sous son
enseigne Pao de Azucar -, la proposition, considérée comme «majeure»
par certains officiels brésiliens, et portée par Gama, un fonds géré par
BTG Pascual, a donc fait long feu.
Exit
aussi du coup le projet d'entrée de Gama au capital de Carrefour à
hauteur d'au moins 11,7% et jusqu'à 17,7% au maximum conditionnée par la
fusion des actifs brésiliens du distributeur français avec CBD. Groupe
Arnault et Colony Capital -réunis de concert au sein de Blue Capital -,
restent donc les premiers actionnaires du numéro deux mondial de la
distribution.
Sauver la face:
Sauver la face:
Le
conseil d'administration de Carrefour avait conditionné sa décision «à
l'approbation par CBD de la proposition reçue de Gama et à l'approbation
finale du conseil d'administration de BNDES», la banque publique qui devait financer l'opération avec Gama, à hauteur de 2 milliards d'euros. Or, mardi
matin le conseil d'administration de Casino décidait à l'unanimité
(moins la voix d'Abilio Diniz qui n'a pas pris part au vote) de rejeter
ce projet. Et, dans la nuit à Paris, l'Etat brésilien et la BNDES
annonçaient officiellement qu'ils lui retiraient leur soutien. Ce qui de
fait revenait à faire tomber l'offre, même si Abilio Diniz tentait de
sauver la face en évoquant une «suspension» du projet.
Carrefour
a lui pris la mesure mercredi de la situation, constatant dans un
communiqué «que les conditions nécessaires à la réalisation de cette
proposition ne sont pas réunies pour sa poursuite». De son côté, le
groupe Casino a pris «acte du retrait par Abilio Diniz, BTG Pascual et
Carrefour de leur projet». Estimant avoir «été entendu sur le fond», le
distributeur français a déclaré qu'«avec le management de la société, il
poursuivra le développement de GPA», réaffirmant ainsi son engagement
stratégique au Brésil.
Relation dégradée:
Relation dégradée:
Pour
autant, la messe n'est pas dite. Il n'est pas exclu qu'Abilio Diniz
cherche de nouveaux investisseurs, privés cette fois-ci, pour suppléer
au retrait de la BNDES.
Pierre Bouchut, le directeur financier de Carrefour, commentant
mercredi le chiffre d'affaires semestriel du groupe pour les analystes, a
répondu à l'un d'entre eux que «si Gama vient avec une nouvelle
proposition alors notre conseil d'administration, peut-être, pourra
décider de se réunir à nouveau». Dans cette hypothèse, il y a toutefois
fort à parier que ceux des administrateurs ayant eu du mal à faire
entendre leur point de vue fin juin seraient écoutés plus attentivement.
Mais
au-delà de ces spéculations, le sujet aujourd'hui est bel et bien de
savoir comment Jean-Charles Naouri et Abilio Diniz vont gérer leur
relation, considérablement dégradée par cette épisode. Pas sûr, pour en
savoir plus, qu'il faille attendre le conseil d'administration de Wilkes
-le holding de co-contrôle de CBD -convoqué le 2 août, et dont l'ordre
du jour n'a plus lieu d'être puisqu'il s'agissait d'examiner l'offre en
question.
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