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jeudi 14 juillet 2011

L'opposition de l'Etat brésilien et de Casino met un terme au projet de Diniz et Carrefour.

Après l'opposition du conseil d'administration de Casino à l'opération présentée par Gama et visant à fusionner les actifs brésiliens de Carrefour avec CBD, le premier distributeur local, le retrait de la banque publique BNDES a sans doute sonné le glas du projet.


Il aura fallu moins de trois semaines pour que tombe à l'eau le projet de fusion entre CBD, le premier distributeur brésilien, et Carrefour Brésil, rendu public le 28 juin, après qu'il eut été révélé par des rumeurs de presse. Approuvée le 4 juillet par le conseil d'administration de Carrefour et défendue par Abilio Diniz, le président de CBD, au grand dam de son partenaire français Casino -avec lequel l'homme d'affaires brésilien co-contrôle le groupe connu sous son enseigne Pao de Azucar -, la proposition, considérée comme «majeure» par certains officiels brésiliens, et portée par Gama, un fonds géré par BTG Pascual, a donc fait long feu.
Exit aussi du coup le projet d'entrée de Gama au capital de Carrefour à hauteur d'au moins 11,7% et jusqu'à 17,7% au maximum conditionnée par la fusion des actifs brésiliens du distributeur français avec CBD. Groupe Arnault et Colony Capital -réunis de concert au sein de Blue Capital -, restent donc les premiers actionnaires du numéro deux mondial de la distribution.

Sauver la face:
Le conseil d'administration de Carrefour avait conditionné sa décision «à l'approbation par CBD de la proposition reçue de Gama et à l'approbation finale du conseil d'administration de BNDES», la banque publique qui devait financer l'opération avec Gama, à hauteur de 2 milliards d'euros. Or, mardi matin le conseil d'administration de Casino décidait à l'unanimité (moins la voix d'Abilio Diniz qui n'a pas pris part au vote) de rejeter ce projet. Et, dans la nuit à Paris, l'Etat brésilien et la BNDES annonçaient officiellement qu'ils lui retiraient leur soutien. Ce qui de fait revenait à faire tomber l'offre, même si Abilio Diniz tentait de sauver la face en évoquant une «suspension» du projet.
Carrefour a lui pris la mesure mercredi de la situation, constatant dans un communiqué «que les conditions nécessaires à la réalisation de cette proposition ne sont pas réunies pour sa poursuite». De son côté, le groupe Casino a pris «acte du retrait par Abilio Diniz, BTG Pascual et Carrefour de leur projet». Estimant avoir «été entendu sur le fond», le distributeur français a déclaré qu'«avec le management de la société, il poursuivra le développement de GPA», réaffirmant ainsi son engagement stratégique au Brésil.

Relation dégradée:
Pour autant, la messe n'est pas dite. Il n'est pas exclu qu'Abilio Diniz cherche de nouveaux investisseurs, privés cette fois-ci, pour suppléer au retrait de la BNDES. Pierre Bouchut, le directeur financier de Carrefour, commentant mercredi le chiffre d'affaires semestriel du groupe pour les analystes, a répondu à l'un d'entre eux que «si Gama vient avec une nouvelle proposition alors notre conseil d'administration, peut-être, pourra décider de se réunir à nouveau». Dans cette hypothèse, il y a toutefois fort à parier que ceux des administrateurs ayant eu du mal à faire entendre leur point de vue fin juin seraient écoutés plus attentivement.
Mais au-delà de ces spéculations, le sujet aujourd'hui est bel et bien de savoir comment Jean-Charles Naouri et Abilio Diniz vont gérer leur relation, considérablement dégradée par cette épisode. Pas sûr, pour en savoir plus, qu'il faille attendre le conseil d'administration de Wilkes -le holding de co-contrôle de CBD -convoqué le 2 août, et dont l'ordre du jour n'a plus lieu d'être puisqu'il s'agissait d'examiner l'offre en question.

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