L'initiative devrait permettre à 140.000 personnes de bénéficier d'un matériel optique de bonne qualité.
L'association Optique solidaire a mobilisé toute la filière pour proposer, à partir de lundi, une paire de lunettes à prix coûtant pour les bénéficiaires de l'aide à la complémentaire santé.
C'est la concrétisation d'un projet de longue haleine qui doit voir
le jour en début de semaine. L'association Optique solidaire lance ce
lundi le «pass lunettes». Un dispositif qui doit permettre aux personnes
âgées dont les moyens financiers sont trop minces pour leur permettre
de souscrire une bonne mutuelle, de s'offrir des lunettes adaptées à
leur vue. De 8000 à 10.000 personnes, bénéficiaires de l'aide à la
complémentaire santé à travers toute la France, devraient ainsi recevoir
prochainement un bon pour bénéficier d'un parcours santé à prix
coûtant, comprenant la consultation chez l'ophtalmologiste, et l'achat
des lunettes à verres progressifs chez un opticien.
Pas de low cost:
«Nous
travaillons sur ce projet depuis 3 ans», explique Xavier Subirana,
ophtalmologiste et président de l'association Optique solidaire. Il
explique que l'idée inspirée par la chaire HEC «Social
Businee/Entreprise et pauvreté» que co-préside Martin Hirsch a mobilisé
toute la filière. «Danone est l'une des pionnières du social business,
mais en l'occurrence nous nous sommes dit qu'il était bien plus
performant de faire appel à toute la filière qu'à une entreprise». À ce
jour, 13 complémentaires santé (dont Ag2r La Mondiale, April,
Groupama…), 500 opticiens, des industriels comme Essilor et des
ophtalmologistes ont concentré leur force pour permettre l'aboutissement
du concept. «Il ne s'agit pas d'une action caritative qui suppose un
don. Ici les gens paient pour obtenir leurs lunettes», précise Nicolas
de Lambert, patron d'Essilor France. Au final, le patient devraient
débourser, au plus, quelques dizaines d'euros, au lieu d'environ 300
euros aujourd'hui. «Il s'agit d'un modèle économique novateur où l'on ne
gagne ni ne perd d'argent. Et ce n'est pas du low cost, précise Xavier
Subirana, les gens achètent la matière première et la technologie. Tout
le reste est couvert par les efforts consentis sur les marges à
différents échelons par la filière. La consultation chez le médecin se
fait à prix réduit pour être remboursable intégralement». Pour le
moment, Nicolas de Lambert avoue même qu'Essilor enregistre des pertes.
Pour produire les verres, et assembler les onze modèles de lunettes
proposés par le pass, l'entreprise fait notamment fonctionner son usine
de Toulouse en dehors des heures de production habituelle.
140.000 personnes concernées:
Mais
pour que le projet soit un succès, il faut faire connaître le
dispositif. Testé en fin d'année à Marseille, le «pass lunettes» a fait
la preuve de son utilité mais a aussi révélé la difficulté à atteindre
la cible. «Nous savons que certaines personnes âgées jettent le bon car
elles pensent qu'il s'agit d'une publicité», regrette Xavier Subirana. A
ce titre, le rôle des complémentaires santé est primordiale car ce sont
elles qui doivent repérer les personnes qui peuvent en bénéficier.
«Plus le nombre de mutuelles partenaires du projet augmentera plus nous
pourrons toucher de personne», ajoute le président de l'association. Des
pourparlers sont d'ailleurs en cours avec de nouvelles complémentaires.
Les premiers patients de la région parisiennes devraient obtenir leur
équipement début juin. Ce sera un peu plus long pour la province du fait
du nombre plus restreint de médecins ophtalmologistes. Puis une seconde
phase sera lancée d'ici la fin de l'année. A terme 140.000 personnes
devraient profiter du «pass lunettes». Les partenaires espèrent en outre
que leur initiative donnera des idées à d'autres filières.
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