Cette semaine, David Abiker parle «entretien d'embauche» avec Eric Besson, ancien ministre de l'Industrie. Interviewé pendant l'entre-deux-tours des présidentielles, cet ancien chasseur de tête demeure un «candidat mystère». Avec Cadremploi.
Eric Besson en entretien d'embauche : le... par Cadremploi Eric Besson a peut-être inventé le personal branding dont on nous rebat les oreilles aujourd'hui. Fraîchement recalé à l'ENA pour
avoir envoyé baladé un membre du jury du grand O sur une question qui
lui semblait sans intérêt, Eric Besson fera de son échec un atout en
faisant paraître dans Le Monde une annonce où il annonce noir sur blanc
avoir raté l'ENA. Ce coup-là, qui préfigure les stratégies de recherche
d'emploi désormais courantes sur internet lui vaudra pas mal d'offres et
de contacts.
Eric Besson aura par la suite la carrière que l'on
sait mais c'est son passé de chasseur de tête et d'homme roué au
recrutement qui nous interesse. Eric besson parle du recrutement et en
parle bien, rationnellement, avec retenue. Il confesse une certaine
pudeur dans le cadre des aspects interpersonnels de l'entretien. Il est,
aussi, un manager qui félicite rarement en face à face, mais se
débrouille pour faire savoir à ses collaborateurs, par d'autres, qu'il
est content. Une manière d'éviter les malentendus.
Complexe, Eric Besson.
Et pas seulement intéressé par la politique. Un jour, un recruteur lui a
conseillé de canaliser son «torrent» personnel. Ce torrent, c'est son
envie d'une carrière professionnelle des plus riches, la plus affranchie
possible des étiquettes. La politique, le privé, le foot: il fera
d'autres choses, il aime changer, faire ce qui lui plait. Ainsi, il
n'était pas programmé pour rejoindre Sarkozy.
On peut aussi lui
parler de l'intitulé du poste qu'il a accepté après avoir occupé le
secrétariat d'Etat à la prospective: «l'immigration et l'identité
nationale». Il affirme n'avoir pas vu dans cet intitulé une quelconque
connotation infamante mais reconnaît que les ennuis sont arrivés après,
quand le débat a dérapé. Jamais de son fait, insiste-t-il. Au terme de
60 minutes d'entretien, bien malin qui peut prédire l'avenir d'Eric
Besson ou saisir son caractère: il est secret, attentionné, peu
souriant, pince sans rire. On ne saura rien de son avenir professionnel.
«Si
je vous dis quoi que ce soit de mes envies, entre les deux tours et
d'ici le résultat de l'élection, cela pourrait-être mal interprété».
Alors on parle de Twitter,
qu'il a beaucoup utilisé ces derniers mois et qu'il a quitté récemment
en laissant entendre qu'il pourrait y revenir, mais sous une autre
casquette.
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