
Des ouvriers travaillant sur la chaîne de production de l’usine Renault de Douai, en mai 2010.
Après la suppression de 7500 postes, la direction propose un gel des salaires cette année.
Officiellement, la direction dément que «deux sites» soient en danger. Elle campe sur la position adoptée depuis le début des discussions, moins directe, mais qui représente la même menace en creux: l’engagement «de ne pas fermer de sites et de ne pas licencier» en cas d’accord.
Le groupe se montre d’autant plus prudent que le dossier est explosif. Il est en effet suivi de très près par l’État, premier actionnaire du constructeur à hauteur de 15 %. Après avoir été contraint d’accepter la fermeture de l’usine de PSA à Aulnay, le gouvernement avait salué le fait que le projet de Renault de supprimer 7500 postes d’ici à 2016 - annoncé la semaine dernière lors de la précédente réunion sur la compétitivité - se fasse sans licenciement ni fermeture d’usine, mais essentiellement par des départs à la retraite. «Les discussions qui sont en cours actuellement chez Renault doivent évidemment respecter le dialogue social» et «en aucun cas, s’apparenter à du chantage», a déclaré l’entourage d’Arnaud Montebourg, le ministre du Redressement productif.
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Nouveaux volumes:
Le
tableau est à présent complet: à l’issue d’une septième réunion avec
les syndicats, Renault a présenté mardi sa dernière mesure pour baisser
le coût de ses sites en France. Après la mise en commun de fonctions
support entre différents sites, l’augmentation de la durée du travail ou
la réduction massive des effectifs, le constructeur a proposé de geler
les salaires en 2013. Il envisage ensuite une augmentation de 0,5 % en
2014, de 0,75 % en 2015. La signature d’un accord global, que la
direction souhaite début février, «permettra à nos sites français d’être
suffisamment compétitifs pour attirer des volumes venant de nos
partenaires, à hauteur de 80.000 véhicules supplémentaires par an»,
explique Gérard Leclercq, le directeur des opérations France. Ces
volumes seraient apportés essentiellement par le japonais Nissan.
En
cas d’accord, le constructeur pourrait aussi produire 100.000 véhicules
Renault en plus dans l’Hexagone. À condition toutefois que le marché
européen progresse fortement sur cette période. La production de Renault
en France passerait alors de 532.000 voitures l’an dernier (contre
646.000 en 2011) à 712.000 exemplaires dans quatre ans, soit une hausse
d’un tiers. Ces apports venus de Renault et de Nissan «permettraient à
la production de Renault en France de croître deux fois plus vite que le
marché européen d’ici à 2016», a souligné Gérard Leclercq. En raison de
l’effondrement de ses ventes en Europe, les usines de Renault en France
sont largement sous-utilisées. Il s’est produit dans les 6 usines
françaises de Renault en 2012 à peu près autant de voitures que sur le
site britannique de Nissan à Sunderland, qui sert de référence.
Selon
les syndicats, le site français de Flins paraît d’autant plus menacé
que la Clio IV qui y est fabriquée est aussi produite en Turquie, où
Renault avait envisagé de la localiser à 100 % avant que le précédent
gouvernement ne l’oblige à faire marche arrière. La direction ayant mis
toutes ses propositions sur la table, les négociations à proprement
parler vont commencer le 29 janvier. «Il nous tarde de commencer à
négocier. Mais les choses se présentent mal. On est en désaccord sur la
quasi-totalité des propositions. D’autant que mises bout à bout, ça fait
quand même beaucoup!», a réagi Laurent Smolnik, de FO. «On espère qu’il
y a des marges de manœuvre, tant à la baisse concernant les exigences
du groupe qu’à la hausse, s’agissant des contreparties, notamment en
termes de volume et de garantie de production», renchérit Dominique
Chauvin, de la CFE-CGC.
- Cours
- 43.25€
- Variation
- -0,64%
- Veille
- 43,53€
- Ouverture
- 43,33€
- + Haut
- 43,44€
- + Bas
- 42,63€
- Fourchette Tradegate
- 43,31€/43,62€
- Capitalisation
- 12.355.277.025
- Volume
- 1.291.546
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