La Libye en 2011 et la Syrie en 2012 ont subi des chutes vertigineuses de leur activité économique du fait des conflits. Par ailleurs les pays en développement supportent le contrecoup de la crise de la zone euro.
Les guerres civiles et les affrontements armés ne sont jamais propices à la prospérité. La Banque mondiale en apporte une démonstration chiffrée dans son rapport semestriel baptisé Global Economic Prospects, publié ce mercredi matin. Les experts de Washington estiment que le PIB de la Syrie
s'est contracté de 20% l'an dernier, alors que l'Iran, soumis à un
embargo de la communauté internationale sur ses exportations de pétrole,
a vu son activité économique se réduire de 1%.
En Libye,
les effets collatéraux de l'intervention franco-britannique, qui
s'était traduite en 2011 par la fin du régime du colonel Kadhafi et le
décès de son leader, ont entraîné une perte de 61,1% du PIB. Et à
l'inverse la reconstruction qui a suivi en 2012 a fait bondir de 108% ce
même indicateur, selon la Banque mondiale, dont on ne sait si l'on doit
admirer la précision des calculs ou la trouver quelque peu dérisoire.
Un rôle marginal:
À
l'évidence l'impact économique du «printemps arabe» de 2011, reste
«globalement négatif», comme aurait pu dire feu George Marchais: la
Tunisie avait subi un repli de son PIB de 1,8% en 2011 et le modeste
redémarrage observé en 2012 (2,4%) apparaît plutôt décevant. Au total,
le pays aura connu deux années de croissance zéro depuis la Révolution
du jasmin et la chute du régime Ben Ali.
De même le Yémen et la
Côte d'Ivoire ont subi des chutes de régime économique estimées
respectivement à 10,5% et 4,7% en 2011, avec des rebonds d'ampleur
sensiblement différente l'année suivante (+0,1% pour le premier et
+ 8,2% pour la seconde).
En Afrique subsaharienne, qui bénéficie
dans son ensemble de taux de croissance annuelle supérieurs à 5% depuis
2005, la Guinée-Bissau et le Mali apparaissent comme des exceptions
malheureuses. Leurs dirigeants ont été renversés l'an dernier et leurs
PIB ont été en territoire négatif, de 2,8% pour l'une et 1,5% pour
l'autre.
Ces déchirures politiques et guerrières n'ont pourtant
joué qu'un rôle marginal dans les évolutions économiques des pays du Sud
dans leur ensemble, constatent les dirigeants de la Banque mondiale,
dont la mission première est l'aide au développement. «La reprise
économique mondiale reste fragile et incertaine, brouillant ainsi les
perspectives d'une amélioration rapide et d'un retour à une croissance
économique plus robuste», commente le président de l'organisation
internationale, l'Américain d'origine coréenne Jim Yong Kim. Et la cause
première de ces incertitudes se trouve en Europe.
Coup de frein sur le commerce international:
Les
pays émergents ou en développement n'ont connu qu'un taux de croissance
de 5,1%, «l'un des scores les plus faibles depuis dix ans», soulignent
les experts de Washington. Et dans sa totalité l'économie mondiale n'a
progressé que de 2,3% l'an dernier, alors que la prévision 2013 ne
dépasse pas 2,4%. Ces contre-performances reflètent essentiellement la
récession de la zone euro, estimée à -0,4% en 2012 et à -0,1% en 2013,
même si ce dernier chiffre implique un léger redémarrage dans la seconde
partie de l'année.
Les analystes de la Banque mondiale ne
sous-estiment nullement, bien au contraire, l'impact des difficultés de
l'Union monétaire européenne sur le reste du monde. Ils constatent que
cette dernière est la première puissance commerciale de la planète, et
que le ralentissement de ses importations est à l'origine du coup de
frein sur le commerce international dont la progression a été réduite de
moitié (3,5 % seulement en 2012).
Par ailleurs les incertitudes
financières qui avaient atteint leur «climax» au printemps dernier ont
un impact direct sur les apports de capitaux des pays du Sud qui se sont
contractés de 30% au deuxième trimestre 2012, notent les économistes
internationaux.
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