
Dans les environs de Margaux, dans le Bordelais, un vignoble qui a déjà cédé quelques-uns de ses chateaux à des investisseurs chinois.
L'empire du Milieu sera en 2016 le sixième pays producteur au monde, le troisième importateur et le deuxième consommateur en valeur. Un marché convoité par les exportateurs, même s'il restera principalement local.
Bordelais et Bourguignons devront s'y faire. Depuis quelques années,
les Chinois viennent jusque dans leurs vignes siffler leurs meilleures
bouteilles et leur racheter quelques châteaux. Et ce n'est là que la face émergée de l'offensive chinoise dans le vin, qui n'est pas prête de s'arrêter.
L'empire
du Milieu deviendra en effet le sixième producteur mondial de vin d'ici
à 2016, selon une étude du cabinet IWSR (International Wine and Spirit
Research) réalisée fin 2012 pour le compte de Vinexpo,
le salon international du vin, qui se déroulera à Bordeaux du 16 au
20 juin prochain. Ils produiront en moyenne 2 milliards de bouteilles
par an au cours des cinq prochaines années, moitié plus qu'au cours des
cinq dernières.
La Chine, devenue cinquième pays consommateur de
vin dans le monde avec 1,9 milliard de bouteilles achetées en 2011 (2,5
fois plus qu'en 2007), va augmenter de 40% ses achats en volume d'ici à
2016. Elle se rapprochera de l'Allemagne (second marché mondial en
volume), de la France et de l'Italie, mais restera loin derrière les
États-Unis. En valeur, la Chine sera même le deuxième marché, avec une
consommation estimée à près de 17 milliards de dollars.
La France premier exportateur:
Les
groupes chinois Greatwall (grande muraille, en anglais), Chanjyu et
Dynasty réalisent à eux trois la moitié du marché local en valeur, avec
des vins produits sur place. Pour s'y implanter, des groupes français,
tels Pernod Ricard et LVMH, qui y exportent leurs vins australiens et néo-zélandais, y ont aussi planté des vignes.
Que les Bordelais
et les Bourguignons se rassurent, les Chinois continueront à boire
aussi étranger. Les importations devraient ainsi augmenter de 62%, pour
atteindre 660 millions de bouteilles en 2016. La Chine sera le quatrième
importateur de vin en volume en 2016, et même le troisième en valeur,
derrière le Royaume-Uni et les États-Unis, mais devant l'Allemagne, avec
près de 8 milliards de dollars d'achats.
Malgré la crise, la
consommation mondiale de vin est toujours en croissance. Elle a augmenté
de 2,8% entre 2007 et 2011, selon IWSR. Elle s'établit désormais à
32 milliards de bouteilles et devrait encore croître d'ici à 2016 de
5,3% pour atteindre 34,48 milliards de bouteilles. Mieux, la croissance
sera plus rapide en valeur qu'en volume. «Le monde va boire plus et mieux,
résume Robert Beynat, directeur général de Vinexpo. La Chine, les
États-Unis, la Russie et l'Australie sont les moteurs de la croissance
de la consommation.»
En 2011, les États-Unis sont devenus les
premiers consommateurs au monde de vin en volume. La France reste elle
le premier producteur avec plus de 6 milliards de bouteilles, soit près
de 19% du marché, devant l'Italie et l'Espagne. «Ces trois pays
représentent plus de 50% de la production mondiale», précise Robert
Beynat. L'Hexagone est aussi le premier exportateur en valeur avec
9,9 milliards de dollars (+5,24% par rapport à 2007).
«Les vins
français confortent leur leadership mondial», ajoute Robert Beynat. La
France est aussi le deuxième pays consommateur derrière les États-Unis
mais le leader mondial pour la consommation par tête à près de 52 litres
par an et par personne. Le pays de Rabelais devrait garder la première
marche du podium en 2016 malgré une baisse de 5%, soit 2 litres de moins
par an et par Français.
Spiritueux: croissance divisée par deux d'ici à 2016:
Le
cabinet IWSR s'attend à un net ralentissement de la croissance du
marché des spiritueux dans le monde. Selon une étude rendue publique
mardi, la consommation d'alcools forts ne devrait grimper que de 9%
d'ici à 2016, pour atteindre cette année-là 40 milliards de bouteilles.
Ces cinq dernières années, le marché mondial avait grimpé de 32%. «Le
ralentissement de la croissance devrait toucher principalement les
alcools locaux, tels le saké japonais ou le baijiu chinois», estime
Robert Beynat, patron du salon Vinexpo, le commanditaire de l'étude. En
valeur, la croissance sera de 23% d'augmentation d'ici à 2016, pour
atteindre 364 milliards de dollars, selon IWSR. Le chiffre d'affaires
augmentera certes toujours plus rapidement que les volumes, ce qui
indique que les consommateurs se dirigeront toujours vers des alcools
plus haut de gamme. Mais la croissance sera presque divisée par deux par
rapport à celle de 43% enregistrée entre 2007 et 2011.
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